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Le Livre des révélations

Rob SWIGART

Titre original : The Book of Revelations, 1981

Traduction de Jean-Pierre CARASSO

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (75)
Dépôt légal : octobre 1982
296 pages, catégorie / prix : 69 FF
ISBN : 2-221-00903-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Le Livre des Révélations, c'est évidemment l'Apocalypse, l'annonce de la fin du monde.
     En ces derniers jours du XXe siècle, les signes insolites se multiplient. Des lumières virevoltent dans le ciel ; les sectes annoncent le Jugement dernier ; le Front de Libération des Morts révèle qu'il y a une vie après la mort, scientifiquement.
     Des signes. Mais des signes de quoi ? D'un millénarisme de pacotille pour consommateurs déboussoiés, ou bien de quelque chose de concret, de tangible, de terrifiant, d'un tremblement de réalité ?....
     C'est ce que se demande Cassie Saint-Clair, experte en prévisions sociales, pythonisse rationnelle de Futurologie et Cie, qui sent bouger en elle de curieux souvenirs.
     Son passé, des scènes de vies antérieures, des messages obscurs venus d'ailleurs, des coïncidences troublantes, bref, un drôle de mélange.
     Est-elle en train de devenir folle ? Ou bien, avec l'aide d'un orque géant, de percer le mur qui sépare les humains ordinaires de la réalité ?
 
    Critiques    
     On peut dire que le roman de Swigart est un des enfants naturels de Science-fiction et soucoupes volantes de Bertrand Méheust (Mercure de France), LE livre qui ouvrit en 1978 de nouvelles portes sur l'élucidation du phénomène OVNI — mais plus encore sur la mythologie et les mythes que crée l'espèce humaine : à ce titre, il succéderait aux Yeux géants de Michel Jeury, et Aux Visiteurs du miracle de Ian Watson — puisque l'héroïne, Cassie Saint-Clair, vit une expérience mi-réelle mi-rêvée qui semble être une rencontre.
     On peut dire aussi qu'il brode sur la peur millénariste remise récemment au goût du jour grâce à Nostradamus, puisqu'il y est question d'une secte nommée Mission Lumière Originelle, qui a prévu la fin du monde pour « le 29 mars ». Le livre des révélations frôle alors le roman-catastrophe, mais une catastrophe qui est « dans l'air » plus que dans les faits, dans les esprits plus que dans la réalité. Comme ces fameuses soucoupes volantes, dont une des caractéristiques, selon Méheust, est « l'esquive », Swigart esquive la catastrophe pressentie, attendue, il en reste aux signes, ceux du ciel, ceux de l'astrologie, ceux qui viennent du passé avec les diverses prophéties, ceux qui germent dans l'inconscient collectif : Cassie, douée de certaines facultés psi, reçoit parfois des images évoquant de grands cataclysmes guerriers ou géologiques du passé.
     Un parfum « à l'anglaise » baigne donc le roman (ceci étant renforcé par le fait que la communication avec les orques en est un des points-clés, et rappelle Le modèle Jonas de Watson), mais il est contré par une autre essence, beaucoup plus fébrile, et celle-là très californienne : on pratique le tai-chi et l'aïkido comme on respire, un Front de Libération des Morts s'agite, et Cassie exploite ses dons en travaillant à Futurologie and Co. Toutes ces lignes convergentes, où les militances antagonistes ne sont pas oubliées (« groupes pro nucléaires (le nucléaire ou la bougie) ; le droit à la vie ; des protéines pour le peuple »), s'amalgament dans un récit foisonnant, très prenant et très original, qui peut être sommairement défini par une anti-désignation : c'est l'envers d'un Brunner-type, où l'action est réduite à sa plus simple expression, où le chaos est retenu par la philosophie, où l'événementiel se résout à sa peinture poétique (un crépuscule : « Le ciel, au plumage d'azur, avait pondu un œuf d'or »).
     Les plus beaux passages du livre sont ceux qui ont trait à la communication avec les baleines et les éléphants (« les gigantesques et chancelantes carcasses »), que l'auteur prend, non comme porte-parole, mais comme « porte-pensée » d'une force vitale qui va périr par la faute de l'Homme, et l'entraîner dans sa chute. Tout le dernier chapitre du roman, où la jeune femme dialogue avec un éléphant perdu dans le désert américain, est à cet égard admirable. Bien sûr, on peut regretter que ce chant à l'harmonie déliate s'éteigne avant que la crise planétaire soit résolue, avant que l'on sache si la fin du monde, avec ou sans Grand Boum, se produira ou sera reportée à une date ultérieure. Mais un poème doit-il nécessairement avoir une fin ?


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/3/1983 dans Fiction 338
Mise en ligne le : 8/5/2006


 

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