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Mars

Ben BOVA

Titre original : Mars, 1992

Cycle : Mars (Ben Bova) vol.

Traduction de Bruno BODIN
Illustration de Francis DEMANGE

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5839
Dépôt légal : mai 2004
768 pages, catégorie / prix : 13
ISBN : 2-266-14164-3   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     2020. À l'instigation d'un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d'exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
     Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l'équipe devra désormais se confronter à l'hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux...
     La découverte de Mars est une aventure scientifique et humaine, relatée ici avec un réalisme saisissant, une tension psychologique et un suspense parfaitement maîtrisés.

     Ben Bova se consacre à sa série sur l'exploration du système solaire dont Mars, le premier volet, est au cœur de notre actualité.

     « Le roman de référence sur une planète fascinante. »
Arthur C. Clarke

     « Mars est un livre qui non seulement place Ben Bova au tout premier rang des auteurs de hard science, mais aussi l'impose comme un maître du roman psychologique. »
Orson Scott Card
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2002)


     James Waterman, le héros de cette épopée martienne, a failli ne jamais participer à la première expédition vers Mars. Géologue d'origine navajo, il intègre l'équipe de scientifiques internationaux au dernier moment et la déclaration qu'il fait à la presse suscite déjà bien des commentaires. On suit tout d'abord le récit de la préparation et de l'entraînement de l' équipage, sélectionné très strictement. Viennent ensuite les tensions rendues inévitables durant un vol de neuf mois dans un milieu confiné. Enfin, l'équipe s'installe sur la planète rouge, sous un dôme où l'on peut vivre sans l'équipement lourd nécessaire pour les sorties exploratoires. On espère repérer des signes de vie. Au cours d'une exploration, James croit repérer les traces d'une ancienne civilisation au cœur de formations rocheuses. Cette découverte change le plan de mission, rendue déjà très difficile par les conditions de vie en huis clos et par l'étrange maladie qui frappe tous les membres de l'expédition, à l'exception du médecin. Passionnant de bout en bout  ! On suit avec intérêt les efforts de ces nouveaux explorateurs confrontés à des paysages d'une beauté stupéfiante, qui vont devoir lutter pour faire face à des dangers inconnus. A recommander chaudement aux amateurs du genre. A partir de 14 ans.

Catherine GENTILE (lui écrire)
Première parution : 1/1/2002
dans InterCDI 175
Mise en ligne le : 1/3/2002


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2001)


     Kim Stanley Robinson a décrit la terraformation de Mars, Ben Bova s'attaque au récit de son exploration avec le même souci de réalisme. Réalisme financier d'abord, une telle entreprise ne pouvant être envisagée que dans le cadre d'une coopération internationale rendue possible par Alberto Brumado, un Brésilien qui s'est fait l'infatigable interprète du projet, ce qui permettra à sa fille Joanna de faire partie du voyage. Réalisme psychologique ensuite, les motivations des vingt-cinq membres de l'équipage étant scrutées à la loupe. Réalisme technologique enfin, Ben Bova n'ayant aucune difficulté, en tant que technicien de la NASA, à présenter les difficultés qui restent à surmonter pour permettre à l'homme de mettre le pied sur Mars ni à imaginer ce que découvrira la première mission d'exploration.
     C'est dire si ce roman de hard science est loin d'une épopée de space opera. Les dangers qu'affronte l'équipage se résument à une pluie de météorites, une tempête, un enlisement du rover dans le sable, une maladie. À la recherche d'une trace de vie, les scientifiques font bien quelques heureuses découvertes, mais la frustration par rapport aux attentes et l'impossibilité de poursuivre les investigations en tempèrent l'éclat.
     Pourtant, l'intérêt ne faiblit jamais tout au long de ces six cents et quelques pages. En effet, la dimension épique repose moins sur la planète elle-même que sur l'aventure humaine qu'elle représente. Les relations avec le centre de contrôle rigide dans sa volonté de faire respecter un programme préétabli, les implications politiques du moindre événement, depuis l'absence des paroles que devait prononcer le géologue navajo en mettant le pied sur Mars jusqu'au choix des missions assignées à chaque représentant d'une nation, les accusations de négligence ou d'insensibilité portées par la presse à chaque incident, les inévitables tensions entre les membres de l'équipage qui n'ont que trop eu le loisir de bien se connaître, encore avivées par la nécessité de réprimer leur sexualité, c'est tout ceci qui contribue à faire de Mars un roman haletant.
     Le Navajo Waterson, qui développe malgré lui un complexe d'oppression inhérent à l'histoire de son peuple et que l'enthousiasme d'une découverte essentielle rend indiscipliné, est la figure centrale du récit, autour de laquelle les autres finissent par se rassembler, louant son esprit d'initiative, son tempérament pacifique, son héroïsme...
     On sort enchanté de cette lecture, en se demandant cependant si cette « fiction-reportage » survivra à la première réelle exploration de la planète. Mais en attendant également les prochains romans de Ben Bova contant l'exploration de notre système solaire.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/9/2001
dans Galaxies 22
Mise en ligne le : 15/10/2002


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2002)


     Quiconque ouvrirait Mars, avec à l'esprit l'idée que Ben Bova est un auteur de hard science, verrait surgir le spectre de la trilogie de Kim Stanley Robinson. Pour ma part, j'y suis entrée à reculons, il faut bien l'avouer... et je l'ai terminé à regrets.

     L'argument est simple : un groupe de colons de diverses nationalités est envoyé sur Mars pour une première exploration. Une moitié d'entre eux descend à la surface tandis que la seconde reste en orbite pour jouer les doublures potentielles et se pencher sur Phobos et Deimos. Jusque là, rien de très original. En fait, c'est la façon dont cette trame est développée par Bova qui est intéressante. Son récit se penche sérieusement sur les problèmes psychologiques rencontrés par les colons, soit dans leur rapport à la planète rouge, soit, de façon peut-être plus passionnante, dans leurs rapports interpersonnels. Le roman est construit autour d'un va-et-vient constant entre le présent de l'exploration et un passé terrestre, dans lequel se mélangent épisodes de la période d'entraînement et de sélection des explorateurs, fragments d'histoires personnelles et récit des démêlés politiques qui président au départ de la mission. Sur ce dernier point, l'analyse que fait Bova du rôle des gouvernements et de l'importance des jeux politiques dans une mission qui devrait — dans l'absolu — avoir un but purement scientifique est tout à fait pertinente.

     Par ailleurs, l'auteur a fort intelligemment choisi de s'attacher à un personnage en particulier, en l'occurrence celui de Jamie, le géologue du groupe de surface, le Peau-Rouge, le « pseudo-américain » recruté à la dernière minute, le fauteur de trouble patenté. Attachant, scientifique passionné en lutte contre l'invasion de la politique sur le domaine scientifique, il est à lui seul le symbole de l'idéal défendu par l'auteur. Son statut de « héros » renforce l'aspect romanesque de l'œuvre, à la manière du roman de formation. Le style d'écriture est limpide et, si l'on sent un net désir de vraisemblance scientifique, le ton n'est jamais pédant — il n'est pas nécessaire d'être docteur en biochimie pour comprendre le texte. Et de fait, au total, si l'on met tous ces éléments bout à bout, on est tenté de dire que Bova rejoint ici cette S-F un peu vieillotte, à coup sûr évocatrice de grand voyage, de dépaysement, d'horizons changeants, en un mot : l'Anticipation. Une sorte de Tour du monde en quatre-vingt jours des temps modernes, si vous voulez.

     Impression renforcée par le fait que Mars n'est pas dénué de certaines naïvetés. De crainte de tuer le suspense, on s'abstiendra d'en donner la liste. Mais sachez au moins que les cent dernières pages ne sont peut-être pas ce qu'elles pourraient — ou devraient — être. Disons que l'auteur tente de mener de front un roman de hard science et une esthétique que l'on serait tenté de qualifier de bradburyenne. Si si, comme je vous le dis : il suffit de constater que le roman s'ouvre sur le récit d'un mythe des « Anciens » — et fera fréquemment référence à des récits de ce type — pour s'en convaincre. Évidemment, l'ensemble grince parfois un peu, d'autant que la fin confine au space opera. Mais honnêtement, soit vous aimez les « happy end », et alors tout est parfait, soit vous considérez que ce choix est entièrement guidé par un désir de « boucler » le roman en parfaite corrélation avec sa problématique politique sous-jacente, laquelle faisait de ce voyage une sorte de message publicitaire interplanétaire pour les gouvernements en place. Ce qui signifie que les râleurs tenants de la hard S-F purement scientifique n'auront qu'à réfléchir sur une étude comparée entre les formes du récit de Bova et la structuration d'une campagne publicitaire. La psychologie du marketing de masse est aussi une science. Et toc !

     Pour conclure, on se contentera d'affirmer que Mars n'est pas une somme exégétique sur la planète rouge et les conditions de sa colonisation — encore moins de sa terraformation. Son auteur n'a pas oublié que la science-fiction est un genre littéraire. Alors, même si ce n'est pas un texte à la pointe de la modernité, ni un de ces romans fondateurs de « dynasties » — genre Dune ou Neuromancien — , on passe un fort bon moment de lecture.

Sylvie BURIGANA
Première parution : 1/1/2002
dans Bifrost 25
Mise en ligne le : 8/9/2003




 
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