Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Dernier voyage d'Horatio II

Eduardo MENDOZA

Titre original : El último trayecto de Horacio Dos
Traduction de François MASPERO
Illustration de Maria Antonia PEREZ
SEUIL
Dépôt légal : mai 2004
228 pages, catégorie / prix : 15 €
ISBN : 2-02-061320-4


Couverture

    Quatrième de couverture    
     En raison de sa paresse, de son incompétence absolue et de son âge proche de la retraite, le commandant Horatio II a été chargé d'une mission intergalactique improbable : conduire vers une destination inconnue un groupe de marginaux composé de Délinquants, de femmes Dévoyées et de Vieillards Imprévoyants. À bord du vaisseau spatial règne un indescriptible chaos : le médecin de bord est alcoolique, il n'y a plus ni vivres ni eau potable, les installations sont insalubres et le matériel obsolète. Chaque soir, pendant le voyage et lors de quelques haltes dans des stations spatiales démantibulées pour faire provision d'aliments, de boissons et de médicaments, le commandant consigne scrupuleusement dans son journal de bord les invraisemblables et désopilantes mésaventures de son équipage et de ses passagers dont il est à la fois le jouet et le souffre-douleur.
     Dans ce roman burlesque et déjanté, Eduardo Mendoza renoue avec son art de la parodie et de la satire de mœurs pour décire un monde du futur livé, comme le nôtre, à la violence, au chantage, à la corruption et à l'hypocrisie.

     Eduardo Mendoza, auteur entre autres de La Vérité sur l'affaire Savolta, Le Mystère de la crypte ensorcelée, La Ville des prodiges, L'Artiste des dames, est né à Barcelone en 1943. Il est l'un des écrivains espagnols les plus lus et les plus traduits de ces dernières années. Il a reçu en France le prix du Meilleur Livre étranger en 1998 pour Une comédie légère.

 
    Critiques    
     Horatio II, capitaine d'un vaisseau pénitentiaire lancé sans eau potable, ni vivres, ni cosmétiques vers une destination inconnue, doit tant bien que mal survivre dans son petit univers animé par des sous-fifres manipulateurs, un médecin grec trafiquant d'alcool et de substances toxiques, des criminels en liberté, un garde du corps déguisé en Alsacienne, des grabataires spécialisés dans l'artillerie obsolète, et des péripatéticiennes mal confinées dans leurs quartiers. De station spatiale à la dangerosité légendaire en station spatiale spécialisée dans l'organisation de festivals artistiques, le chant du cygne d'Horatio II ne se fera guère attendre, d'autant plus facilement que ce pauvre crétin, manipulé, falot et peureux, est tombé amoureux de la machiavélique mademoiselle Corde, par ailleurs courtisée par tous les autres mâles embarqués dans cette galère.

     Présenté sous forme de journal de bord du capitaine (un peu à la Star Trek mais sans les pyjamas et les oreilles pointues), Le Dernier voyage d'Horatio II n'est en rien une œuvre sérieuse, réaliste, scientifiquement rigoureuse. C'est en fait tout le contraire ; les amateurs de hard science et de vraie science-fiction — pleine de mots qu'on ne comprend pas et que d'ailleurs on ne trouve pas dans le Littré — feraient mieux de passer leur chemin. Pour les autres, voilà un livre d'une rare densité, plein de suspense. En sus du sens comique permanent (comique des situations amplifié par l'usage d'une rhétorique officielle), on mettra au crédit d'Eduardo Mendoza une plume tout simplement magnifique (merci monsieur le traducteur pour votre travail remarquable) et une pertinence psychologique qui nous ramène loin en arrière, à la satire voltairienne et, plus proche de nous, à la réjouissante cruauté d'un Frederik Pohl ou d'un Robert Sheckley en grande forme.

     Et comme dirait ce cher Horatio II : conformément à la nomenclature en vigueur, cet ouvrage drolatique de 228 pages massicoté sur trois côtés, dos carré-collé, couverture quatre couleurs imitation pop art mâtiné de Flash Gordon, est à répertorier un degré au-dessus de « très bon » et deux degrés en dessous de « chef-d'œuvre ».

CID VICIOUS
Première parution : 1/10/2004 dans Bifrost 36
Mise en ligne le : 4/12/2005


 

 
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2017. Tous droits réservés.

NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres.
Vie privée et cookies