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L'Immortalité moins six minutes

Catherine DUFOUR

Cycle : Quand les Dieux buvaient  vol. (0) 


Illustration de Didier GRAFFET

NESTIVEQNEN , coll. Fractales / Fantasy
Dépôt légal : mars 2007, Achevé d'imprimer : mars 2007
Première édition
Roman, 256 pages, catégorie / prix : 18,50 €
ISBN : 978-2-915653-37-3
Format : 13,0 x 20,0 cm
Genre : Fantasy


Autres éditions
   in Blanche Neige contre Merlin l'enchanteur, LIVRE DE POCHE, 2009
   in Blanche Neige contre Merlin l'enchanteur, 2009

Quatrième de couverture
     Il était une fois trois fées qui vivaient heureuses dans leur forêt enchantée. L'une d'elle était amoureuse d'un elfe noir. Un jour, hélas, elle le quitta pour un Korrigan et il décida de se venger. Il sabota le miroir magique de la fée volage.
     Or, si fabriquer un miroir magique est horriblement compliqué, le détruire est terriblement dangereux...
 
     Craignez les miroirs magiques quand ils deviennent fous !
 
     Catherine Dufour est née en 1966. Elle commence à écrire à l'âge de 7 ans. À 27 ans, elle découvre Terry Pratchett, jette 3 kg de manuscrits à la poubelle et commence la série « Quand les dieux buvaient » : Blanche-Neige et les lance missiles (Tome 1), L'ivresse des providers (Tome 2), Merlin l'ange chanteur (Tome 3). Cédant à la mode américaine des préquelles, elle donne le numéro zéro au tome suivant, L'immortalité moins six minutes. Le tome -1 est en cours de rédaction.
Critiques
     « En Bas-Bord, il n'y a pas d'équilibre socio-écologique, de métissage culturel ni d'enrichissement mutuel par la différence. Ici, le grand vaut mieux que le petit, le noble que le paysan, le fort que le faible, le mâle que la femelle, le blond que le brun, le pâle que le bronzé, le bien-né que l'enfant trouvé, le riche que le pauvre, le beau que le laid, et le croque ne vaut rien. Voilà. Et quand on a toutes les bonnes qualités, on se rengorge et on vit entre soi. Et quand on n'a pas toutes les bonnes qualités, on se rengorge encore plus et on vit davantage entre soi. Et quand, par extraordinaire, un grand mâle blanc se voit obligé de reconnaître un certain mérite à une naine noire, en général au cours d'une quête, seul événement susceptible de suspendre un moment le train-train séculaire, on s'exclame sur un ton philosophique : 'Même une petite merde peut avoir son utilité en ce monde !', la populace s'esbaudit, on fait une fête et ensuite, chacun retourne dans son casier à serviette. Sauf les croques, qui sont des torchons. Voilà.
     — Ca pue, grogna Pétrol'Kiwi.
     — C'est une quête, asséna Pimprenouche. Vision du monde pyramidale en plus de manichéenne. » (p.126-127)

     En raison des agissements imbéciles de Moudubas, l'elfe noir trop jaloux, les trois fées Babine-Babine, Pimprenouche et Pétrol'Kiwi vont mettre le pied, voire les deux, dans une quête, ce qui ne porte pas forcément bonheur.
     Elle vont se rendre dans l'étrange territoire de Bas-Bord, que ses habitants appellent aussi la Terre du Centre, ou du Mitan... enfin quelque chose dans ce goût-là.
     Par manque de chance, elles vont atterrir à Nabotland, un pays de « foutus nains nationalistes », juste au moment où un vieux sorcier gris refourgue un drôle d'objet magique — peut-être un bracelet, à cette distance on ne voit pas bien — à un jeune nain qui, du coup, va devoir parcourir tout le pays, poursuivi par une horde de cavaliers noirs, pour échapper à la colère du Sub-Etheréen de l'Est... 1

     Après la traditionnelle trilogie de Fantasy (Quand les dieux buvaient, tomes 1, 2 et 3), Catherine Dufour sacrifie à la désormais traditionnelle préquelle (id., tome 0), en attendant les séries parallèles, les sous-séries centrées sur l'enfance d'un des personnages, les produits dérivés, la trilogie au cinéma, le feuilleton télévisé saison 1, bref la gloire dans toutes ses dimensions.
     Une gloire plus que méritée, vu la puissance de cette réflexion post-moderne 2 sur la nécessité de la quête dans le monde contemporain, surtout à la sortie des collèges : « La quête est une drogue. On finit toujours par lui appartenir. Elle rend le monde plus grand, plus intéressant que la normale et surtout, d'une simplicité splendide. Elle lui donne un sens. Qui y a goûté une fois se retrouve ensuite, devant la vie quotidienne, comme devant un bol de soupe froide 3. Alors il repart. C'est comme ça qu'on se retrouve vieux questeur pathétique, pantin rhumatisant sur son palefroi bon pour la réforme, à tabasser les moulins faute de gragons 4. Une drogue, te dis-je. Qui rend bête et malheureux, comme toutes les drogues. »
     Ainsi, vu l'élévation de la pensée auquel ce roman nous conduit, L'immortalité moins six minutes devrait sans doute être considéré comme le livre de Fantasy ultime, où tout est dit, après lequel on n'a plus qu'à se taire en attendant la fin. Mais le lecteur ordinaire pourra n'y voir qu'une partie de franche rigolade, où personnages farfelues et péripéties saugrenues s'entremêlent pour nous exploser à la figure dans un feu d'artifice de jeux de mots douteux, de dialogues hilarants et de situations savamment déjantées.
     Bref, si vous aimez Bergson et Kierkegaard 5, euh, ou alors, à la rigueur, Terry Pratchett et les Monthy Python, la trilogie en — pour l'instant — quatre tomes de Catherine Dufour est un must incontournable. Et si vous n'aimez pas la fantasy, et que vous n'aimez vraiment pas rire, profitons-en pour rappeler que Le Goût de l'immortalité de la même Catherine Dufour est un chef d'œuvre de la SF, vraiment pas drôle mais lauréat de quatre prix l'année dernière, dont le Grand Prix de l'Imaginaire. Pas mal pour une petite et faible femme — quoique pâle et blonde — , non ?







Notes :

1. Bizarre comme cette histoire me rappelle quelque chose, mais quoi donc ?
2. Je sais que le terme est inadapté, mais il en jette toujours.
3. L'auteur a mal choisi son exemple. Moi j'aime bien la soupe froide.
4. Bizarre comme cette histoire me rappelle quelque chose, mais quoi donc ?
5. Ne cherchez pas, ces noms ne sont cités ici qu'en raison de leurs sonorités chantantes et exotiques.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 18/6/2007 nooSFere

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