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La Voie des furies

David WEBER

Titre original : Path of the Fury
Traduction de Frank REICHERT
Illustration de Didier FLORENTZ
L'ATALANTE, coll. La Dentelle du Cygne n° (176)
Dépôt légal : août 2007
480 pages, catégorie / prix : 21 €
ISBN : 978-2-84172-376-8   
Genre : Science Fiction 



    Quatrième de couverture    
     « Tu es en train de mourir, murmura la voix, et j’en ai appris davantage sur la mort que je n’aurais cru possible. Alors dis-moi... es-tu sérieuse ? Serais-tu réellement prête à tout donner pour te venger ?
     — Tout ! hoqueta Alicia.
     — Pèse bien le pour et le contre, petite. Je peux t’offrir ce que tu veux... mais le prix en sera... toi-même. Es-tu disposée à payer aussi cher ? »
     Ainsi le capitaine Alicia DeVries, du Cadre impérial, survit contre toute raison à la destruction de son monde natal et au massacre de sa famille au cours du raid de mystérieux pirates. Et elle ne vivra plus que pour la vengeance.
     Mais qui l’a sauvée ? Pour quelle rétribution ? Dans la longue quête qui doit la mener aux têtes pensantes d’un gigantesque complot contre l’Empire, mise au ban de la Flotte, confrontée à des trafiquants de tout poil, Alicia découvrira ce qu’il en coûte d’emprunter la voie des Furies.
     Un roman complet de David Weber, l’auteur de la saga d’Honor Harrington.

 
    Critiques    
     Les éditions de l'Atalante continuent de publier l'œuvre de David Weber avec ce roman de 1992.

     Ça commence comme Le Primitif d'E.C. Tubb ou, plus connue, « La Geste des Princes Démons » de Jack Vance (disponible au Livre de Poche). Autrement dit, l'héroïne voit les siens massacrés par une horde de pirates sanguinaires. Des pirates terroristes. D'emblée, elle rectifie la bande de tristes sires qui viennent de flinguer d'enthousiasme toute sa famille mais laisse suffisamment de plumes dans le coup de feu pour que sa peau y reste également. Et c'est là que ça se gâte...

     Alice DeVries est en fait un capitaine du Cadre Impérial — une sorte de Delta Force — dont les commandos de choc ont des tas d'améliorations bioniques. Aussi, quand au lieu de passer l'arme à gauche, elle est investie ? possédée ? infestée ? par la furie Tisiphone qui lui permet de survivre, ses chefs la croient passée de l'autre côté du cheval et n'ont guère envie de voir une cinglée avide de vengeance courir la galaxie sus aux pirates. La furie offre à Alice la vengeance, mais le prix à payer promet d'être faustien. Sa survie contre nature ne cesse d'intriguer les militaires de ce secteur reculé de l'empire qui sont déjà à cran du fait des raids de pirates de plus en plus audacieux et meurtriers. Dans ce contexte, les bourdes de Tisiphone qui n'a plus possédé de mortel depuis 3000 ans et ignore tout de la technologie n'arrangent évidemment rien d'autant que l'odeur méphitique de la trahison commence à se répandre.

     Après une première partie d'exposition, DeVries et Tisiphone s'emparent d'un astronef de guerre haut de gamme et font « ménage à trois » dans la cervelle d'Alice avec l'intelligence artificielle du vaisseau bientôt baptisée Mégère, du nom de la plus connue des Erinyes.

     Cette « trinité », non pas sainte mais furieuse, composée d'un commando de choc, du nec plus ultra de l'IA et d'une entité mythologique et télépathe, ne tarde pas à infiltrer l'organisation pirate. Tisiphone s'humanise au fur et à mesure que la fureur de DeVries croît et embellit...

     Une fois le livre refermé, quelques questions restent sans réponses. Pourquoi et comment Tisiphone s'est-elle retrouvée au fin fond de l'empire, sur le monde de Mathison ? Quelles visées nourrissait-elle lorsqu'elle a sauvé et infesté l'esprit de DeVries ? Quelle est finalement la nature de la furie ? En S-F, on attend une réponse à ces questions. Elles font ici défaut.

     Par ailleurs, les conversations et engueulades très style « mess des sous-offs » entre les « habitants » du crâne de DeVries ont un rien d'étrange et de décalé qui fait qu'on n'y croit guère... Rien ne nous forcera donc à dire que La Voie des furies est un chef-d'œuvre. Ce roman ne joue absolument pas dans la même catégorie que La Paille dans l'œil de Dieu (cf. critique dans Bifrost n°47) mais il surpasse aisément La Lune des mutins du même auteur, ainsi que La Veillée de Newton de Ken Mac Leod chez Bragelonne (cf. critique in Bifrost n°46). En dépit de quelques ralentissements, ce livre ne souffre d'aucune véritable longueur ni ne manque de rythme. Bien que ce soit un roman d'action avant tout, il n'a pas le même sale goût que Mission Basillic, qui avait inauguré la série des aventures d'Honor Harrington, et il est surtout beaucoup moins répétitif que L'Héritage de l'Armageddon. Weber s'est également abstenu d'allusions anti-arabes ou anti-russes, et si, in fine, les bons et la justice triomphent avec l'empire, on évite l'ode aussi appuyée que casse-couilles à l'Amérique. Il va de soi que la psychologie n'est définitivement pas la tasse de thé de notre auteur.

     C'est un livre pour qui aime les héros couillus à souhait avec des flingues gros comme ça et des feux d'artifice de blasters dans tous les coins. C'est sûrement l'un des meilleurs Weber, de la grosse aventure spatiale qui, si elle ne casse pas trois pattes à un canard ni ne vaudra le Nobel de la paix à son auteur, n'en permet pas moins de passer un bon moment à lire dans le train sans se prendre le chou. Si vous avez détesté le Rainbows End de Vernor Vinge, celui-là est pour vous. Et inversement.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/11/2007 dans Bifrost 48
Mise en ligne le : 17/12/2008


 

 
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