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Alien Earth

Megan LINDHOLM

Titre original : Alien Earth, 1992
Première parution : États-Unis, New York : Bantam Spectra, juillet 1992
Traduction de Claudine RICHETIN
Illustration de MANCHU

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 27057
Dépôt légal : mars 2008
Réédition
Roman, 544 pages, catégorie / prix : 6,95 €
ISBN : 978-2-253-12264-7
Genre : Science-Fiction


Quatrième de couverture
     La Terre est morte.
     Et les humains ont bien failli disparaître avec elle. Heureusement, les Arthroplanes, des insectoïdes aux motivations obscures, les ont évacués vers deux planètes jumelles, Castor et Pollux.
     Les humains ont muté par force pour s'adapter à leur nouvel habitat.
     Mais ils ont conservé la nostalgie de leur monde d'origine, Alien Earth, devenu terre étrangère.
     Son écosystème a peut-être eu le temps de se réparer. Il faut aller y voir.
     Alien Earth, paradis ou enfer ?

     Robin Hobb s'est détournée de la fantasy qui l'a rendue célèbre, le temps d'écrire ce somptueux roman de science-fiction qu'elle a signé Megan Lindholm.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition TÉLÉMAQUE, (2006)

     Alors que la Terre était polluée à l'extrême, la race humaine a été sauvée par l'intervention d'extraterrestres bienveillants, les Arthroplanes, qui ont emmené le plus grand nombre possible d'humains dans des arches interstellaires, des vaisseaux vivants, des « Anilvaisseaux ». Des générations plus tard, les humains ont changé. Ils ont été modifiés génétiquement pour s'adapter à leur nouvel environnement, et surtout reprogrammés pour ne pas le détruire comme ils ont détruit leur Terre. Mais une fondation, Terra Affirma, pense que la Terre est maintenant de nouveau habitable, malgré les rapports négatifs émis par le Conservatoire. Elle lance donc une expédition. John Gen-93-Beta est le capitaine de l'Anile Evangeline, Connie est son second, et Tug est un Arthroplane enkysté qui communique avec Evangeline et la dirige. Si les humains doivent passer de longues périodes en hibernation, ce n'est pas le cas de Tug, qui veille sur eux, les réveille quand il le faut... ou quand il le désire. Et le vaisseau est grand. Suffisamment pour abriter un autre passager, un humain d'autrefois, non modifié, de grande taille, contrairement à John, Connie et leurs contemporains.

     Alien Earth, le seul et unique roman de science-fiction de Megan Lindholm est une œuvre bien étrange ! Ce huis clos réunit des créatures très différentes, que tout semble séparer, et pourtant, l'amour pourrait bien s'affranchir des barrières entre espèces. La narration est lente, surtout au début ; il faut du temps pour exposer les relations ambiguës qui lient les individus entre eux et le voyage semble parfois traîner en longueur. Mais les souvenirs de chacun permettent de cerner une situation complexe et passionnante. La lutte de John pour sa liberté, celle de Connie pour son intégrité, se révèlent poignantes. Mais c'est Evangeline qui surprendra le plus.

     Finalement, Alien Earth est une œuvre étrange — ça, je l'ai déjà dit — , émouvante, et qui incite à la réflexion. Réflexion sur nous-même, sur nos actes et leurs conséquences, mais aussi sur l'altérité et le respect d'autrui. Si ce roman risque de surprendre les lecteurs habituels de Robin Hobb / Megan Lindholm, à cause de son cadre totalement différent de celui de ses autres écrits, il pourrait bien lui gagner un autre public, composé de gens qui se méfient de la fantasy sans la connaître. On ne peut, en tout cas, que féliciter les éditions Télémaque pour leurs choix de publication car Alien Earth et Le Dieu dans l'Ombre s'avèrent profondément originaux. Des lectures qui marquent pour longtemps.

Lucie CHENU
Première parution : 30/8/2006
nooSFere


Edition TÉLÉMAQUE, (2007)

     Voici ce qu'on peut lire en page 110 du présent bouquin : « Votre planète est empoisonnée. Les effets de l'empoisonnement sont irréversibles. D'ici deux cents ans, l'espèce humaine ne pourra plus survivre sur votre planète. Il faut l'évacuer dès maintenant, avant que l'empoisonnement n'affecte votre potentiel génétique. Nous sommes là pour aider à l'évacuation. Nous sommes les Arthroplanes. » Une citation qui résume au mieux les enjeux du roman... C'est dit : la race humaine passe sous le giron protecteur des Arthroplanes pour se voir, après quelques manipulations génétiques forcées, réimplantée avec succès (mais sous haute surveillance) sur deux lointaines planètes, Castor et Pollux. Sauf que quelques millénaires plus tard, la méfiance et la curiosité n'ayant toujours pas été éliminées du pool génétique humain, une poignée d'hommes et de femmes se mettent à douter des Arthroplanes qui ne cessent de répéter combien la Terre est pourrie. Ils veulent savoir, ils veulent voir par eux-mêmes. Sous couvert d'une mission banale, ils envoient donc en secret un vaisseau vers la Terre afin d'y effectuer leurs propres relevés. Et pour y trouver quoi, ma bonne dame ?

     Il est rare d'observer une telle dichotomie chez un écrivain portant deux noms de plume différents. Autant Robin Hobb est passionnante, autant Megan Lindhom peut se révéler chiante et pénible. La trame de cette petite fable (500 pages tout de même !) philosophico-écolo, alourdie du thème rebattu du retour aux sources, était déjà usée jusqu'à la corde lorsque, en 1992, le livre fut écrit. Chacun sait que la spécialité de Robin Hobb alias Megan Lindhom n'est pas à proprement parler l'originalité. C'est même tout le contraire. Et si Hobb excelle dans la réécriture des mythes standards de la fantasy, Lindhom passe au travers dans le domaine de la science-fiction, et pas qu'un peu.

     Nous voici donc avec un récit impersonnel et dépassionné, confit dans un rythme non pas lent mais mou, ce qui est pire. Les personnages sont décevants, sans saveur, à la limite de la caricature. Connie, surtout, l'élément féminin de l'histoire, particulièrement agaçante : indécise, psychorigide, on a plus qu'à son tour l'envie de la balancer contre un mur pour voir le résultat, juste par curiosité. Ainsi se retrouve-t-on coincé à la moitié du livre, et ce sur plusieurs centaines de pages, au cœur d'un huis clos qui fait bailler d'ennui. Un sentiment que rien ne vient sauver, et certainement pas les première et dernière parties, tout aussi mornes et plates, sans rythme autre que contemplatif. La construction même de l'histoire est simpliste. Découpé en deux parties, la première est rigide, monolithique et ennuyeuse. Puis l'auteur introduit un élément déstabilisant, et on bascule dans le chaos. Sauf que... Le chaos chez Lindhom est très lisse, policé, et surtout très, très, prévisible. A oublier, et vite.

Sandrine GRENIER
Première parution : 1/4/2007
dans Bifrost 46
Mise en ligne le : 4/9/2008

Cité dans les pages thématiques suivantes
Arches spatiales

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