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Mémoria

Laurent GENEFORT



Illustration de MANCHU

BÉLIAL'  n° (49)
Dépôt légal : juin 2008
304 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 978-2-84344-085-4   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Le prix de l'immortalité...

     Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tous comme les « crises de souvenirs » qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d'en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir.
     Le compte à rebours est engagé...

     Né en 1968, Laurent Genefort a vingt ans lorsque sort son premier roman, Le Bagne des ténèbres, dans la mythique collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Aujourd'hui, avec près de quarante romans publiés, un Grand Prix de l'Imaginaire et un prix Rosny Aîné en poche (Arago — 1995 ; Omale — 2002), il est considéré comme l'une des figures de proue de la nouvelle science-fiction française et, sans doute, le tout meilleur créateur d'univers du domaine.
     Après plusieurs ouvrages de fantasy publiés ces dernières années, Mémoria marque le grand retour de Laurent Genefort à la science-fiction, son domaine de prédilection, un roman en annexe duquel on trouvera un passionnant lexique de l'univers de la Panstructure, construction littéraire de 25 000 planètes qui donne cadre à l'ensemble de ses space operas.
 
    Critiques    
     L'Homme à la valise

     « Un souvenir est un tapis dont les images sont le motif tissé sur une trame d'émotions. » Forte, mais étrange réflexion de la part d'un tueur à gages. Car c'est en accomplissant les basses besognes que le narrateur de Mémoria gagne sa vie. Un narrateur dont le lecteur ignore le nom, ainsi que la vraie nature, mais qui dispose d'une valise extraordinaire, un artefact scientifique plutôt balèze, qui permet de transférer des personnalités d'un corps à un autre. Quoi de plus pratique, pour approcher une victime potentielle, que de se transférer dans le corps d'un de ses proches ? Le tueur utilise donc cette valise depuis des siècles, bénéficiant ainsi d'une sorte d'immortalité.
     Mémoria est un récit plutôt palpitant, qui peut servir de bonne porte d'entrée pour qui veut pénétrer dans l'univers de la Panstructure imaginé par Laurent Genefort et développé dans plusieurs de ses romans. Les missions du narrateur sont autant de voyages sur l'un ou l'autre des 25'000 mondes de la Panstructure. Prétexte à développer des analyses sociologiques de sociétés humaines imaginaires, à la manière de Jack Vance. Même si les modèles de certains personnages sont faciles à reconnaître... De la pure aventure dans la longue tradition du « space opera » typique de la science-fiction exotique et distrayante. A relever, à la fin du livre, un « lexique de la Panstructure », qui permettra aux novices de mieux comprendre cet univers original, créé par un écrivain prolifique et reconnu, qui s'est aussi récemment lancé dans la création d'un autre univers, celui d'Omale, encore plus ébouriffant !

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 2/9/2008 24 heures
Mise en ligne le : 15/12/2008


     S'inscrivant dans la plus pure tradition du space opera, Laurent Genefort fait partie de ces écrivains capables de créer, de faire vivre et de rendre plausible un univers situé dans un lointain futur, où l'humanité, maîtrisant le voyage spatial, a colonisé de nombreux mondes et rencontré d'autres races avec qui elle cohabite en plus ou moins bonne intelligence. Cet univers, qu'il nomme la Panstructure, a connu ses plus belles heures dans les pages d' « Omale », cycle majeur de la S-F française. Mémoria, quoique indépendant de cette série, offre sur la Panstructure un nouveau regard qui permettra au lecteur avisé d'en découvrir de nouvelles facettes, tout comme au néophyte d'appréhender l'imaginaire du plus vancéen des auteurs hexagonaux.

     On y suit les aventures d'un tueur à gages pas comme les autres, puisqu'il dispose d'un artefact unique qui lui permet de transférer sa mémoire dans n'importe quel corps, récupérant au passage les souvenirs de son hôte. Il peut ainsi se faire passer pour qui il veut, et donc exécuter ses contrats avec une étonnante facilité. Puisque vous savez additionner un et un, vous aurez deviné que derrière cette intrigue très classique se profilent les questions de l'immortalité et de la survivance de l'âme. L'identité d'un individu se résume-t-elle à un ensemble fini de souvenirs ? Serions-nous immortels si nous parvenions à les conserver et à les réutiliser dans un autre corps, tel un disque dur portable ? C'est en tout cas ce qu'a longtemps cru notre tueur plusieurs fois centenaire, mais aujourd'hui des rêves et des souvenirs incontrôlés l'assaillent de plus en plus violemment après chaque nouveau transfert. Seules les mémorias — des souvenirs choisis qu'il s'injecte dans les veines — parviennent à tenir à distance ces crises qui, étant donné la nature de ses activités, l'exposent à un danger mortel. Comme sur Kuiper Prime, où il incarne le médecin personnel d'un baron de la pègre locale dont les Multimondiales ont décidé la mort. Comme sur Ramanouri, où il doit infiltrer les plus hautes sphères du pouvoir théocratique. Comme sur Stribolg, où il projette de supprimer l'homme le mieux protégé de la planète, rien moins qu'un dictateur, pour honorer une dette de sang...

     Les lecteurs de Jack Vance et de Roger Zelazny ne seront pas déçus : on retrouve du premier les descriptions de mondes et de sociétés exotiques et un sense of wonder au charme suranné ; du second les thèmes de prédilection — l'immortalité, le pouvoir corrupteur, le sens caché des rêves. Quant aux amateurs de romans noirs, ils ne devraient pas être perdus dans cette intrigue policière volontiers musclée. Mémoria est donc un vrai roman de genre, ludique, bien exécuté et finalement pas aussi anecdotique qu'on pourrait le croire, ne serait-ce que parce qu'il donne à la Panstructure un léger surcroît d'épaisseur. Que demander de plus ?

Thibaud ELIROFF
Première parution : 1/10/2008 dans Bifrost 52
Mise en ligne le : 25/9/2010


 
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