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Drone

Neal ASHER

Titre original : Shadow of the Scorpion, 2008

Cycle : Polity - Ian Cormac, agent du Polity vol. 1

Traduction de Patrick IMBERT
Illustration de Marc SIMONETTI

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Rendez-vous ailleurs n° (87)
Dépôt légal : octobre 2010
304 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-265-08916-7   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     La guerre qui fait rage depuis des siècles entre les humains et les Pradors a causé des ravages terribles. Ian Cormac le sait bien : son père n'est jamais revenu des combats et son frère, médecin de l'armée, subit régulièrement des effacements de mémoire pour oublier les horreurs qu'il a vues. Cormac est aujourd'hui un agent surentraîné du gouvernement Polity qui cherche à comprendre les zones d'ombre de son passé. Lors d'une mission sur une planète anéantie par les Pradors, ce passé resurgit de manière inattendue. Au coeur d'un complot destiné à l'éliminer, Cormac lève le voile sur un mystère qui fera basculer son destin.

     Neal Asher est né en 1961 en Angleterre. Son premier roman, Gridlinked, est très remarqué. L'Écorcheur, paru au Fleuve Noir en 2005, obtient le Prix SF Reviews en 2002. Auteur inventif, il a créé un univers de science-fiction axé sur l'aventure et l'action. Il compte désormais parmi les auteurs de SF les plus prolifiques et les plus vendus en Angleterre et aux États-Unis.

     « Le roman le plus réussi de Neal Asher ! » Eric Brown, The Guardian
 
    Critiques    
     La guerre dure depuis des siècles et l'on y utilise des Golems que des IA rendent « humains ». Votre père y est mort en héros et votre frère, médecin militaire, subit régulièrement des effacements de mémoire pour oublier les horreurs qu'il a pu voir. Alors vous vous faites soldat et vous combattez aussi l'autre ennemi, celui de l'intérieur : les Séparatistes. Vous êtes un jour sauvé par un Drone de combat du modèle Scorpion (voir le titre anglais) qui vous rappelle quelque chose. Puis, parce que vous changez de statut, on vous greffe une expansion qui met en évidence deux effacements de mémoire. Vous prenez connaissance du premier épisode, effacé juste avant une intervention dangereuse, et en devenez moins efficace : votre cible s'échappe et piège le reste de votre équipe. Ce qui a été effacé révèle que le drone de combat était venu vous informer de la mort de votre père...

     Inutile d'en dire plus : les habitués du genre sauront vite comment tout cela s'achève, car nous sommes en présence d'un banal roman d'aventures spatiales, truffé de violence héroïque comme il se doit et pimenté de deux courtes séquences pornographiques dont une avec un Golem très « repos des guerriers ». Les ingrédients usuels des romans où brille une certaine Altesse Sérénissime.
     Et pourtant, on peut dire qu'il s'agit d'un roman inspiré. Inspiré par les auteurs auxquels il emprunte beaucoup. Deux d'entre eux sont immédiatement repérables, quant aux autres ils dépendront de vos lectures. Le premier est Ian Banks qui inspire peut-être le prénom du héros mais surtout l'univers que gèrent des IA, les vaisseaux vivants aux noms proches de ceux du monde de la Culture et même le drone ange-gardien. Le deuxième est Peter Watts : « Les Watts — du nom d'un écrivain de science-fiction mort depuis des lustres — proposaient les meilleurs panoramas sous-marins et disposaient d'installations de plongée dernier cri. » (p.79). Si ce dernier est explicitement nommé par le texte — on s'étonne de l'absence de note en bas de page signalant le dit Watts comme auteur maison — le premier ne figure pas dans les remerciés. Ce genre d'emprunt peut paraître louangeur, j'y vois plus simplement une certaine facilité et un private joke de faible intérêt.

     En qualité, nous sommes loin du précédent roman de Asher — Voyageurs (même éditeur, même collection ) — qui, sans être vraiment très original, gérait les aventures violentes des héros avec plus d'imagination. Hélas, je soupçonne que nous risquons de voir paraître bien d'autres aventures de Ian Cormac...


Noé GAILLARD
Première parution : 15/12/2010 nooSFere


     Troisième roman de l'anglais fou Neal Asher publié par chez nous après L'Ecorcheur et Voyageurs (critiques dans les Bifrost 39 et 51), mais second titre du cycle « Polity » — l'univers ultra futuriste dudit anglais fou (après L'Ecorcheur) — , Drone, dans la droite ligne des deux titres précités, ne fait pas dans la dentelle, ou alors une dentelle tricotée à la sulfateuse calibre mammouth, façon puzzle... Ainsi, après le planet opera débridé et sanglant (L'Ecorcheur), après le voyage temporel barzingue sur fond de guerre galactique mitonné sauce Terminator (Voyageurs), voici le space op' militaire de gauche (si si) mâtiné de Memento, quelque chose à mi-chemin entre Etoiles, garde à vous ! (revu par Paul Verhoeven), Le Vieil homme et la guerre de John Scalzi, voire La Guerre éternelle de Joe Haldeman, le tout soutenu par une écriture certes minimaliste, mais une aptitude au rentre-dedans et à la tripaille à tous les étages assez peu commune. Neal Asher ça dépote, c'est pas du Mickey, ça arrache son slip à mémé. Tout ça en même temps, et plus si affinité. Bref, le prototype du livre qui nous rappelle pourquoi on aime la S-F, ou en tous cas qu'on l'aime aussi pour ça, même si ça nous fout un peu la honte.

     Ian Cormac est fils et frère de soldat, aussi sera-t-il soldat lui-même, histoire d'aller à son tour casser du Prador, ces saloperies de crabes géants qui élèvent les humains en batterie à l'échelle de planètes entières pour, au choix, les bouloter à l'apéro ou en faire des machines à tuer décervelées (une mutation sans doute facile à mettre en œuvre, diront les mauvaises langues). On suit donc, sur deux lignes narratives distinctes, Cormac jeune, vivant avec sa mère archéologue et croisant un frère aîné condamné à se faire effacer les souvenir tant ce qu'il a vu sur le front est insupportable, et Cormac moins jeune, devenu soldat, et bientôt soldat d'élite, qui va découvrir au fil du temps combien son passé n'est pas aussi lisse qu'il y paraît, un passé qui ne va pas tarder à lui exploser en pleine poire par l'entremise d'un drone de guerre intelligent aux allures de scorpion géant (oui, celui de la couverture).

     On l'a dit, Neal Asher brasse du lourd, y compris en termes d'influences (ici, outre les précités un peu plus haut, on pourrait évoquer Iain M. Banks). Et si la science-fiction s'avère bel et bien une littérature de strates ou chaque auteur peut (doit ?) puiser dans le sédiment culturel de ses prédécesseurs, Neal Asher ratisse large et synthétise à tout va. Mais avec talent. Et pas que. Ainsi, à l'instar de Banks (encore lui) ou même, dans un autre registre, de Peter Watts (auquel il rend d'ailleurs ici un hommage appuyé en guise de clin d'œil), Asher se livre mine de rien à une déconstruction habile du domaine au fil de ses romans, conférant de fait une vigueur nouvelle à nombres de tropes éculés. Habile, le Neal Asher, on l'a dit, et aussi d'une efficacité redoutable, même si tout n'est pas toujours ici d'une cohérence imperméable. On ajoutera enfin que le présent Drone, en révélant les origines du personnage central du cycle du « Polity », s'avère une introduction parfaite à l'œuvre de l'auteur, et on aura compris qu'il serait dommage de se priver de cette série B haut de gamme comme la S-F en produit finalement trop peu.

ORG
Première parution : 1/1/2011 dans Bifrost 61
Mise en ligne le : 25/1/2013


 

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