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Loar

Loïc HENRY

Illustration de Alexandre DAINCHE
GRIFFE D'ENCRE, coll. Roman n° 5, dépôt légal : mai 2011
638 pages, catégorie / prix : 25 euros, ISBN : 978-2-917718-28-5
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Six jours. C'est le temps qu'il reste à Emrodes, le jeune souverain de Loar, pour répondre à l'ultimatum du régent de Melen. S'il refuse de se soumettre, sa planète sera réduite en cendres.
     Asbjorn tient enfin sa revanche : dix ans après sa défaite, il s'apprête à vaincre son ennemi de toujours et à étendre sa domination sur l'ensemble des mondes connus.
     Sur l'échiquier spatial, d'autres forces ourdissent leurs trames. Le grand prêtre de la planète Sainte manigance pour s'approprier le triomphe de Melen. Les mondes périphériques, riches d'une science génique portée à son paroxysme, préparent un contact imminent. Auprès des puissants, mercenaires Latars et conseillers spols dispensent leurs services, plus nécessaires que jamais.
     Dans les profondeurs océanes de Loar, les daofined paraissent sereins, indifférents aux rivalités humaines. Au-delà de l'émotion attendue, leur cantilène annonce-t-elle de nouveaux désordres ?

 
    Critiques    
     Loïc Henry, écrivain d'origine bretonne né en 1971 (à ne pas confondre avec Léo Henry), n'avait publié jusque-là qu'une poignée de nouvelles dans des supports relativement confidentiels (hormis deux textes chez Nestiveqnen et l'Oxymore). C'est dire si la publication de ce fort roman (plus de 600 pages) aux éditions Griffe d'Encre surprend, et inquiète un peu aussi : l'auteur n'a-t-il pas vu trop gros, trop ambitieux ?
     Loar est une planète au sein d'un ensemble de royaumes. Il y a là Melen, le plus puissant, qui rêve de conquêtes ; les neuf royaumes (au sein desquels Loar), qui ont réussi à mettre en place une entente commune, malgré leurs fortes différences ; les mystérieux royaumes de la périphérie, et enfin les non moins inconnues planètes ardentes. Pour se déplacer entre tous ces mondes, les nœuds spass, sortes de trous de ver multi-directionnels qu'on ne maîtrise pas (de telle sorte que, quand on y pénètre, on ne sait pas à quelle autre extrémité on va ressortir). Le roman débute quelques jours avant l'ultimatum lancé par Melen, qui dispose d'une arme surpuissante, aux neuf royaumes. On va suivre les destinées d'un nombre très important de protagonistes sur les différents mondes, dans l'espace entre ces derniers, à mesure que le conflit progresse, et qu'entrent en scène des acteurs qu'on n'imaginait pas...
     À la lecture, on comprend mieux la taille du livre : l'univers imaginé par Henry est particulièrement fouillé. On sent que l'auteur a dû accumuler les dizaines (centaines ?) de pages de notes avant de commencer la rédaction du roman ; certaines sont du reste présentes ici en annexe, comme la très curieuse description de l'arme de Melen et de sa parade. Chaque planète – il y en a quand même une quinzaine – a ainsi ses particularités géographiques et géologiques, sa société suffisamment construite, ses rituels, ses alliances ou méfiances vis-à-vis des autres mondes. Henry arrive à retranscrire tout ça sans que cela ne devienne trop lourd pour le lecteur (hormis quelques scènes explicatives qui restent ponctuelles). Il se dégage en tout cas de cette ambition du décor une grande crédibilité, légèrement épicée d'une pointe de malice induite par les sauts spass au comportement aléatoire, qui influeront de manière assez significative sur le déroulement de l'intrigue. Les personnages vont ainsi pouvoir évoluer confortablement dans cet environnement complet. Et les protagonistes, encore plus que les mondes, sont légion... Il y a les souverains des différents royaumes, leur entourage (dont les plus importants sont les spols, conseillers politiques qui vont et viennent à leur gré, et les latars, commandants des armées issus d'un monde où aucun étranger n'a jamais mis les pieds). La plupart sont campés avec justesse et finesse, ils ont un vécu crédible, et leurs interactions avec leurs interlocuteurs découlent logiquement de cet historique. Ensemble, ils vont tisser une trame composée d'instants héroïques (le suicide de l'un d'entre eux), de tractations de palais, de décisions stratégiques, mais aussi de moments plus intimes. Les batailles spatiales sont bien évidemment présentes, mais ce qui intéresse davantage Henry, ce sont les scènes qui se jouent loin du conflit, de telle sorte que le roman est assez bien équilibré entre action et dialogue. Même si on peut être surpris que l'issue du roman soit intimement lié à un tour de passe-passe (l'origine du terme spass ?), cela s'incorpore finalement de manière plutôt satisfaisante dans la trame.
     À la lecture de Loar, on ne peut s'empêcher de penser aux Guerriers du Silence, vaste fresque de Pierre Bordage qui avait connu un fulgurant succès il y a déjà plus de quinze ans. Même cadre étendu, mêmes luttes d'influence, même casting en nombre (on mourrait néanmoins beaucoup plus chez Bordage)... L'ambition et la réalisation de Loïc Henry étant à la mesure de celles de Bordage, on ne peut que souhaiter à ce nouveau romancier le même succès que celui de son prédécesseur.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 21/8/2011
nooSFere


     De Loïc Henry, on a pu lire jusque-là une poignée de nouvelles dans diverses anthologies. Le voilà qui nous vient maintenant avec un épais premier roman (plus de six cents pages, quand même) intitulé Loar, du nom de la planète où se déroule la majeure partie de l'intrigue.

     Lointain futur. Emrodes, jeune souverain de Loar, planète située au cœur des Neuf Royaumes, n'a que six jours pour répondre à l'ultimatum lancé par Asbjorn, roi de Melen, vaincu dix ans plus tôt par le père d'Emrodes. L'alternative est simple : la soumission ou la destruction. En effet, le royaume de Melen détient une arme secrète capable de détruire des planètes, et compte bien l'utiliser dans son optique de conquête de l'Univers connu. Celui-ci se compose, outre Melen et les Neuf Royaumes, de la sainte planète de Kreis, où une église syncrétiste moribonde table sur la victoire d'Asbjorn pour réaffirmer son emprise, de Latar, havre secret de guerriers d'élite, des mystérieuses planètes ardentes et de la non moins mystérieuse périphérie. Dans les différents palais, chacun s'en remet à ses conseillers, que ceux-ci soient Latars ou spols — humains doués de formidables capacités logiques. Enfin, dans les profondeurs des océans de Loar, voilà que ces étranges cétacés que sont les daofined entament leur cantilène — un chant envoûtant qui pourrait bien influencer la donne de ces jeux de pouvoir.

     Loar se place sous le haut patronage de Frank Herbert. Il y a pires références. De « Dune », Loar emprunte les qualités, mais également les défauts. Extraits d'œuvres diverses, présence de plusieurs appendices, onomastique basée sur une langue (non pas l'arabe, mais le breton et les langues celtiques, ce dont l'auteur de ces lignes ne peut que se réjouir), approche multiple de l'intrigue... Qu'on ne se méprenne pas : le roman de Loïc Henry est loin d'être un décalque de la série de Frank Herbert et possède sa propre originalité. Surtout, Loar s'avère d'une lecture bien moins aride.

     Si l'univers est convaincant, l'histoire se révèle en revanche un brin moins passionnante. La faute sans doute à une certaine distanciation vis-à-vis des événements : ainsi, les batailles spatiales sont rarement vécues de l'intérieur et ne consistent qu'en annonces de gains et pertes de vaisseaux et territoires. Au spectaculaire, Loïc Henry préfère les scènes de cour, les manœuvres politiques et les relations entre ses personnages, approche qui se fait à la longue un tantinet lassante, car si tous les passages sont maîtrisés, les protagonistes manquent de charisme : pas sûr qu'on se souvienne d'Emrodes comme de Paul Atréides.

     Si Loar n'est pas un chef-d'œuvre, c'est toutefois un bon space opera dont l'ambition fait plaisir à lire, notamment chez un auteur francophone signant ici son premier roman. Depuis est paru chez Griffe d'Encre Eros et Thanatos, novella se déroulant dans l'univers de Loar. Nul doute qu'on y jettera un œil attentif. (A noter que les éditions Griffe d'encre étant autodiffusées, mieux vaut commander Loar sur leur site (< www.griffedencre.fr >) plutôt que de le chercher vainement en librairie.)

Erwann PERCHOC
Première parution : 1/1/2012
dans Bifrost 65
Mise en ligne le : 28/2/2013


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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