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Les Barons de Brooklyn

Harlan ELLISON

Titre original : Memos from Purgatory, 1961
Première parution : Regency Books, septembre 1961

Traduction de Alain DISTER

Les HUMANOIDES ASSOCIÉS , coll. Speed 17
Dépôt légal : 1978
190 pages, catégorie / prix : 39,50 F
ISBN : 2-902123-67-1   
Genre : Hors Genre


 
    Critiques    

     PORTRAIT DE L'AUTEUR PAR LUI-MEME

     Tout au long de son œuvre et quel que soit le masque utilisé, l'écrivain ne fait rien d'autre que parler de lui-même. « Car en vérité, un écrivain n'est que ce qu'il écrit » (Ellison). Parfois il multiplie-les écrans, pièges et chausse-trapes afin de perdre le lecteur dans le labyrinthe narratif et l'empêcher de remonter le fil d'Ariane de la création littéraire, parfois au contraire il se livre nu au vampirisme de celui qui le lit, l'absorbe. Exhibitionnisme ou thérapie personnelle ?
     Les deux sans doute pour Ellison qui, dans Les barons de Brooklyn, se met lui-même en scène, lorsqu'on 1954 il s'introduisit dans le gang des Barons afin de vivre de l'intérieur son reportage sur la délinquance juvénile è New York. Non bien sûr, ce n'est pas de la science-fiction ; mais c'est de l'Ellison... Et les Humanoïdes Associés ayant déclaré en lui signant un contrat à vie (je cite le prière d'insérer) : « Il faut pouvoir lire en France tout Ellison », on va lire en France tout H.E... Ce qui nous promet bon nombre de surprises de la part de ce forcené de la machine à écrire, ce garçon pas ordinaire au talent déchaîné, spécialiste de l'Ellison-fiction et que Silverberg a défini en ces termes « C'est un phénomène, une merveille, deux comme lui sur la planète produiraient une trop forte tension ».
     Ecrit en 1961, Les Barons de Brooklyn apparaît donc comme le prologue des Œuvres completes d'Harlan Ellison... mais un prologue que, à ma grande surprise, j'ai trouvé plutôt peu convaincant. Certes, cette guerre des gangs dans le Brooklyn des années cinquante se lit bien et constitue un vivant témoignage, toujours d'actualité en fait, sur les laissés pour compte de l'american dream. Du solide, pour sûr, mais rien d'exceptionnel. Quant a la deuxième partie concernant le court séjour d'Ellison dans les geôles de Manhattan par suite d'une accusation calomnieuse, elle n'est pas exempte de geignardise, comme si l'auteur, fortement marqué par cet épisode de sa vie, n'avait pas su le dominer sur le plan littéraire. Ou alors c'est que, pour reprendre l'expression d'Ellison, j'ai le cœur en acier inoxydable...


     Post-Scriptum : Après Brooklyn, le Bronx, district de New York qui a vu naître et grandir cet autre géant de la science-fiction, Norman Spinrad. Pour bien comprendre l'univers de ce dernier et aussi une certaine SF âpre et violente, il est nécessaire de lire Le Bronx de Benjamin Legrand (Ed. Simoën). Décor d'apocalypse urbaine à une demi-heure en métro de Wall Street la bourse du monde, « maisons crevées aux gens oubliés, trous béants ouverts sur la vide des consciences extérieures, bris de verre reflets de l'éparpillement mortel des consciences intérieures », le Bronx est le creuset des derniers colonisés de l'histoire américaine. Que les Humanos me pardonnent mais sur un sujet similaire. Le Bronx c'est autre chose que Les barons de Brooklyn !

Denis GUIOT
Première parution : 1/2/1979 dans Fiction 298
Mise en ligne le : 18/3/2012


 
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