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Lavarède et le corsaire Triplex

Paul D'IVOI

Cycle : Voyages excentriques  vol. 5 


Illustration de François BATET

HACHETTE Jeunesse (Paris, France), coll. Bibliothèque verte (1959-1975) n° 219
Dépôt légal : 4ème trimestre 1962
Roman, 254 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 12,3 x 17,0 cm
Genre : Imaginaire


Autres éditions

Sous le titre Corsaire Triplex   BOIVIN & Cie, 1931
   J'AI LU, 1983
   TALLANDIER, 1934
        sous le titre Le Corsaire triplex, 1935

Quatrième de couverture
     ARMAND LAVARÈDE, l'homme du tour du monde avec cinq sous en poche, n'a rien perdu de sa générosité ni de son courage. Après avoir tiré son cousin Robert des griffes de Radjpoor, il va tenter maintenant de faire le bonheur de ce cousin et de sa fiancée, la brune Lotia.
     Cela ne se passe pas sans de nouvelles et sensationnelles aventures qui le conduiront en Australie et dans les îles du Pacifique où il se heurte au sinistre et tout-puissant Allsmine.
     Mais, dans ces océans immenses, le corsaire Triplex et sa mystérieuse flotte sèment la terreur et la panique. Lavarède s'en fera-t-il un aliié ou un ennemi ?
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition J'AI LU, Voyages excentriques (1983)

     (critique de : Le Docteur Mystère J'ai Lu n° 1458 ; Corsaire Triplex J'ai Lu n° 1444 ; La Capitaine Nilia J'ai Lu n° 1405, tous de Paul d'Ivoi)


     Au rythme d'environ un par mois, la collection J'ai Lu poursuit inexorablement la publication des « Voyages Excentriques » de Paul d'Ivoi. Après entre autres Corsaire Triplex et La Capitaine Nilia (tous ces ouvrages, on le notera, sont rattachés entre eux par les cousins Lavarède), voici Le Docteur Mystère, qui se déroule en Inde à la fin du siècle dernier.
     Personnage énigmatique — c'est bien le moins que l'on puisse attendre de lui — le Docteur Mystère poursuit une œuvre grandiose de libération de l'Inde de la double tutelle des Anglais et des brahmanes hypocrites. Foin de l'exactitude ethnologique, ces brahmanes-là représentent un curieux compromis entre la secte pharisienne et les conjurés d'opérette. Le machiavélisme de ces redoutables Hindous ne connaît pas de limites : par le vol, le mensonge, l'enlèvement et la trahison, ils essaient de s'opposer aux desseins du généreux docteur. Heureusement, celui-ci dispose d'une étonnante automobile électrique et de tous les miracles de la science capables d'abuser ses adversaires crédules. Il est aidé d'autre part dans sa tâche par un certain nombre de fidèles, parmi lesquels un jeune Français et une ravissante jeune fille. On rencontre à chaque pas des tigres, des fakirs et des personnages de touristes burlesques. Il y a des passages secrets et des coups de théâtre, et tout se termine le plus heureusement du monde.
     Dans Le Corsaire Triplex — pâle émule de Mathias Sandorf, avec ses sous-marins bien sûr électriques — les Anglais en tant que nation, toujours dépeints sous des traits peu flatteurs, sont épargnés aux dépens de l'un d'entre eux, Lord Allsmine, chef de la police du Pacifique. Il s'était introduit tel un serpent dans le sein d'une bonne famille, et ses ignominies passées seront finalement mises au jour. Beaucoup plus de politique-fiction, par contre, dans La Capitaine Nilia, où le tandem Armand et Robert Lavarède est à nouveau mis à contribution pour effacer l'humiliation de Fachoda et chasser les Anglais d'Egypte. Ils seront puissamment aidés par une humble enfant qu'ils délivrent de l'esclavage que lui fait subir un Allemand — seule nationalité, on l'aura deviné, à rivaliser en infamie avec la perfide Albion ! Autre morceau de bravoure du livre : Maman Price, dont un des fils est en réalité français, sans qu'elle sache dire lequel. Le lecteur que n'aveugle pas l'amour maternel s'aperçoit de la vérité au bout d'une demi-phrase environ, tant il est vrai que si Paul d'Ivoi fait crépiter les coups de théâtre, vivant en homme moderne il les téléphone.
     Inutile de discourir plus loin sur les intrigues... Pour ceux qui, n'ayant pas regardé la quatrième de couverture, l'ignorent encore, Paul d'Ivoi, de son vrai nom Paul Deleutre, fut journaliste au Figaro à la fin du siècle dernier, avant d'écrire les vingt et un volumes qui composent les « Voyages Excentriques. » Chez ce disciple de Jules Verne — on aura fait le rapprochement avec les « Voyages Extraordinaires » — on ne retrouve pas l'invention technologique ni le souffle prophétique du modèle. Les automobiles électriques et autres condensateurs d'énergie font piètre figure auprès du Nautilus. Comme le capitaine Nemo, le Docteur Mystère est pourtant un prince hindou qui lutte contre le destin. Mais le démiurge menaçant a laissé place à l'aventurier, et ce dernier est finalement bien trop humain et vulnérable. Le mythe s'est transformé en roman populaire, et l'innovation technologique n'est qu'un procédé au service des rebondissements de ces histoires de secret de naissance et de mérite récompensé. Même les énumérations géographiques manquent d'enthousiasme.
     Il y a cependant de l'allégresse dans ces intrigues compliquées que viennent toujours couronner des mariages à la chaîne. Les tirades cocardières — la France terre du courage et de la liberté, une page d'éloge au « cocorico » (sans rire), et la description de « cette expression de confiance aimable qui, du premier coup d'œil, fait reconnaître les Français à l'étranger »... c'était avant le contrôle des changes... — voisinent avec des considérations généreuses sur les peuples opprimés par le système colonial. Curieux XIXe, prompt à s'attendrir sur ses victimes. Dans La Capitaine Nilia, on assiste à la libération de l'Egypte écrasée par l'Angleterre... par des patriotes égyptiens et nubiens qui auraient préféré de loin, il s'entend, la tutelle de la France éternelle ! Dans Le Docteur Mystère, l'utopie géopolitique se teinte d'humour involontaire, puisqu'il s'agit de libérer l'Inde en l'ouvrant aux armées russes. Il faut déconseiller Paul d'Ivoi à Reagan. Ce n'est de toute manière ni du Jules Verne ni du Gustave Lerouge, mais les « Voyages excentriques » valent bien les Aventuriers de l'Arche perdue et autres aviateurs du bout du monde.

Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/12/1983
dans Fiction 346
Mise en ligne le : 10/5/2002

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