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Sous le vent d'acier

Alastair REYNOLDS

Titre original : On the Steel Breeze, 2013
Cycle : Les Enfants du Poséidon  vol. 2

Traduction de Laurent QUEYSSI
BRAGELONNE, coll. Science-fiction n° (63), dépôt légal : août 2016
catégorie / prix : 25 €, ISBN : 979-10-281-0083-4

Photographie de couverture : © Shutterstock.

Couverture

    Quatrième de couverture    
     L’une vit sur Terre dans un monde qui change tandis que l’humanité explore de nouveaux modes d’existence.
     L’autre est partie dans l’espace lointain enquêter sur l’ultime périple d’Eunice Akinya et sa découverte d’une science physique révolutionnaire. La troisième voyage à bord d’un vaisseau générationnel à des années-lumière de la Terre, vers une planète abritant un fascinant labyrinthe extraterrestre. Toutes trois sont une seule personne : Chiku Akinya, et revêtent une importance capitale pour notre avenir dans l’espace. Et toutes trois sont en grave danger...

     Alastair Reynolds est né à Barry, dans le sud du pays de Galles. Un doctorat d’astronomie en poche, il a travaillé comme astrophysicien pour l’Agence spatiale européenne avant de devenir écrivain à plein temps. Nommé à deux reprises au prix Arthur C. Clarke, il a remporté le prix de la British Science Fiction Association en 2001.

 
    Critiques    
     Sous le vent d’acier est le deuxième tome de la trilogie des Enfants de Poséidon. Situé quelques décennies après La Terre bleue de nos souvenirs, il s’agit d’une suite qui ne peut être lue indépendamment.
     Grâce à une technique de clonage, Chiku, arrière-petite fille d’Eunice, la matriarche de la dynastie des Akinya, s’est transformée en trois personnes distinctes. L’une d’elles se lance à la recherche de l’ancêtre partie avec la Reine d’hiver à la fin du 1er tome ; la deuxième embarque à bord du Zanzibar, l’un des gigantesques « holovaisseaux » qui doit rejoindre l’exoplanète Creuset d’ici un ou deux siècles ; la dernière reste sur Terre, à Lisbonne. Les trois incarnations échangent régulièrement leurs souvenirs, mais avec un retard croissant dû à l’éloignement puisque cette échange se fait à la vitesse de la lumière. Tandis que le sort de celle partie à la recherche d’Eunice demeure incertain, la Chiku restée à Lisbonne doit affronter Arcachne, l’IA devenue indépendante qui s’opposait déjà aux protagonistes du précédent tome. Au cours d’une enquête qui la mènera à travers plusieurs colonies humaines dans le système solaire, elle découvrira des informations qui menacent sa jumelle à bord du Zanzibar. Celle-ci est elle-même dans une situation délicate : à l’approche de Creuset, une crise politique éclate dans la Caravane, liée à un problème technique qui empêcherait les holovaisseaux de ralentir avant d’arriver à destination.

     Le début du roman souffre des mêmes défauts que le premier tome du cycle : une intrigue un peu bancale sert de prétexte à une visite guidée du système solaire colonisé, l’histoire progresse à coup de rebondissements pas toujours crédibles, et le rythme est globalement lent, pour ne pas dire poussif. Mais il faut persévérer jusqu’à la deuxième moitié du livre. Lorsque l’histoire se concentre sur l’odyssée du Zanzibar puis sur l’exploration de l’exoplanète Creuset, on retrouve le véritable Alastair Reynolds. Entre les conflits internes à la Caravane, les problèmes de propulsion interstellaire à régler à l’échelle d’une génération, la confrontation avec des entités extraterrestres et la découverte d’un monde nouveau, l’auteur déploie toute la palette de son talent : suspens, sense of wonder, inventivité technologique sans sacrifier à la rigueur scientifique, tensions politiques, trans-humanisme...
     Si le lecteur familier de l’œuvre de Reynolds est heureux de retrouver ses qualités les plus saillantes, il notera aussi que l’auteur apporte un soin nouveau au traitement de la psychologie de son personnage principal. Chiku, partagée entre ses trois copies, est complexe et touchante. Elle est tiraillée entre des sentiments d’amour fraternel pour chacune de ses jumelles et l’amertume de ne pas vivre la vie des deux autres. La synchronisation sporadique de leurs souvenirs apporte une touche de schizophrénie qui lui confère un surcroît de réalisme et d’étrangeté tout à la fois, achevant d’en faire un grand personnage de roman que l’on quitte à regret à la fin du livre.

     Passé un début plutôt laborieux, Sous le vent d’acier se révèle être un très bon Alastair Reynolds qui laisse espérer le meilleur pour la suite du cycle des Enfants de Poséidon.



Jean-François SEIGNOL
Première parution : 21/12/2016
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Base mise à jour le 19 février 2017.
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