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Le Vingt-sixième rêve

John BUCHAN

Titre original : The Dancing Floor
Traduction de Francis BOURCIER
Illustration de Jean-Michel NICOLLET
NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO), coll. Fantastique / SF / Aventure n° 88
Dépôt légal : août 1983
216 pages
ISBN : 2-7304-0223-3   
Genre : Fantastique 



    Quatrième de couverture    
     L'avocat Leithen (héros de La Centrale d'Energie) fait la connaissance de Vernon, un jeune étudiant d'Oxford. Vernon lui raconte le rêve qui, depuis des années, chaque premier lundi d'avril, vient le hanter : du plus lointain d'une enfilade de pièces, une menace inconnue se rapproche (chaque année d'une pièce) de la chambre où il dort. L'histoire commence avant la Guerre de 1914 et c'est en 1920 que la menace doit se révéler et s'abattre sur lui. Quelle est cette épouvantable menace et Vernon parviendra-t-il à conjurer le sort ?
     « L'œuvre romanesque de John Buchan participe pleinement d'une réflexion politique sur la situation du monde occidental. Dès 1910, dans Le Collier du Prêtre Jean, il a cette formule prophétique : L'Afrique aux Africains ». Six ans plus tard, il annonce le réveil spirituel et politique de l'Islam. La même année, un an avant la révolution d'Octobre, il a la prémonition de ce que sera l'affrontement des diverses idéologies. Il est le premier à énoncer le rôle de la guerre psychologique et à insister sur l'importance de la guérilla et du terrorisme, prévoyant la création des armes chimiques et bactériologiques ainsi que le rôle à venir des « services secrets ». Ces intuitions sont le fait d'un homme ayant non seulement une parfaite connaissance de l'histoire, mais encore de solides bases ésotériques et hermétiques. A la façon d'un Machen, il nous rappelle que les divinités anciennes ne sont pas mortes. Cette approche magique du monde, cette thématique du réveil des dieux païens sont développés dans Le vingt-sixième réveil (L'inexpliqué, n° 30).
     « En cette année 1983, la véritable révélation pourrait bien être, pour le public français, John Buchan ». (Michel Le Bris, Le Nouvel Observateur, août 1983).

     John Buchan est né à Perth en 1875 et mort à Montréal en 1940, Sorti d'Oxford, juriste puis diplomate, ses héros sont un reflet exact de lui-même : il fut ministre de l'Information de Lloyd George avant d'occuper un poste clef dans l'Intelligence Service... Parallèlement à cette carrière, il écrivit un grand nombre de romans d'aventures, d'espionnage (annonçant avec de belles longueurs d'avance l'œuvre des Fleming et Le Carré), fantastiques et historiques. Il fut également, pendant de nombreuses années, le directeur des célèbres Editions Nelson. Prolifique auteur, il joua toute sa vie un rôle social éminent. En 1939, il fut fait Baron Tweedsmuir of Elsfield, puis Gouverneur Général du Canada. Nous avons déjà publié de lui La Centrale d'Energie (Coll. Le miroir obscur) et Le Collier du Prêtre Jean (dans cette même collection). Parmi ses autres grands titres traduits en français : Les trente-neuf marches, Le Camp du Matin, Le Prophète au manteau vert. Jacques Bergier lui a consacré un chapitre de son livre Admirations.



    Sommaire    
1 - François RIVIÈRE, A propos de Lord Tweedsmuir, pages I à VIII, Préface
2 - Francis BOURCIER, Un livre scintillant, pages 203 à 206, Postface
 
    Critiques    
     Voici un ouvrage qui au premier abord dégage comme un relent délicieusement désuet. Le fait qu'il soit britannique bon teint et donc marqué de l'ombre d'Agatha Christie et de quelques autres n'y est sans doute pas pour rien. Nul étonnement, donc, à le voir préfacé par François Rivière, grand amateur d'énigmes feutrées et de gentlemen buveurs de thé.
     Pourtant, si John Buchan est parfaitement intégré dans son époque (l'ouvrage date de 1926) et témoigne à sa façon des derniers soubresauts de l'Empire britannique qu'il servit personnellement, Le vingt-sixième rêve est un récit qui dépasse de loin cette contingence historico-géographique.
     On a fait de Buchan un précurseur de Greene, Deighton ou Le Carré. C'est peut-être vite dit, même si ses personnages (au premier plan desquels le narrateur, Leithen) témoignent d'un détachement vis-à-vis des choses du monde qui n'est pas loin d'atteindre au désenchantement et au caractère d'orphelins éthiques des “ héros ” des écrivains cités. L'homme chez Buchan est fragile, et son vernis de civilisé s'écaille d'autant plus facilement qu'il se voit confronté à des forces qui nient sa civilisation. Ceci est particulièrement clair dans Le vingt-sixième rêve : si Vernon Milburne tient si naturellement le rôle d'un jeune homme des montagnes grecques dans la dernière partie du roman, n'est-ce pas le signe de sa proche parenté avec ces paysans “ barbares ” ?
     Si la civilisation n'est qu'un vernis facilement brisé, les hommes modernes doivent donc d'évidence être confrontés plus fréquemment qu'ils ne le désireraient à leur propre histoire pré-civilisée, laquelle affleure constamment. Tel est l'argument de ce récit : Buchan y peint l'affrontement mortel qui dresse les forces anciennes d'une île perdue de la mer Egée face à une jeune Anglaise symbolisant le mal aux yeux des insulaires. Korè Arabin, payant les exactions de sa famille, voit surgir contre elle l'antique religion des îles. Non la religion grecque vidée de sa substance que l'antiquité classique nous a transmise, mais l'authentique religion primitive, attachée aux forces de la nature et qui sacralise le retour du printemps par l'exigence du sacrifice humain.
     Le seul élément non rationnel du livre sera cette émergence en plein vingtième siècle d'un rituel primitif apparemment refoulé. Rien de “ fantastique ” ici, si ce n'est la toujours étonnante psychologie des foules. Mais une aventure au plein sens du terme, dont les symboles sont clairs, et qui se garde de condamner définitivement le primitif face au civilisé, même si Leithen parle de “ la cruauté d'un monde plus ancien ”. Le christianisme est sans doute perçu ici de manière trop solaire, face au déferlement dyonisiaque, alors qu'il n'est pas sans taches. Mais quelle écriture délicieuse !


Dominique WARFA (lui écrire)
Première parution : 1/5/1984 dans Fiction 351
Mise en ligne le : 1/11/2005


 

 
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