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Le Temple de chair

Jean-Claude DUNYACH


Cycle : Le Jeu des Sabliers vol.


Illustration de Stuart HUGHES

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Anticipation n° 1592
Dépôt légal : novembre 1987
192 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-265-03721-4   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Pourquoi cette quête bizare qui réunit un Jongleur, une Guerrière de treize ans, un vieux Poète et un enfant surdoué, tirés d'un ancien jeu de Tarot ? Et qui manipule les cartes ?
 
    Critiques    
     Jean Claude Dunyach, qui a publié chez Denoël un recueil que j'avais aimé, Autoportrait, passe au Fleuve Noir, ce qui est n'est plus depuis longtemps vécu comme une régression, un abandon. De plus, il s'agit d'un premier roman, alors soyons attentifs.
     La couverture montre qu'il va s'agir de Merveilleux (il y a une épée, une clé, une grotte...) et que l'on va se trouver dans une série référée à des cartes comme dans les tarots. Un peu comme par exemple quand Corgiat/Lecigne sont passés de leurs nouvelles de SF à la série du Jeu de la trame au même Fleuve noir, après Zélazny et même Calvino et son Château des destins croisés. Cela dit c'est très facile à lire — on s'étonne la standardisation de l'écriture, qui était si suggestive dans Autoportrait — mais les inventions attendues sont bien là, le récit est alerte, le personnage d'Aléna est fascinant. C'est une combattante avec une sorte de symbiote guerrier incorporé, alors quand on la touche sa peau se hérisse comme celle d'un porc épic ou d'un dragon... Est-ce cette protection ou le retour du puritanisme ambiant, le texte est très prude. On imagine qu'ils (Aléna et le héros, un jongleur et le Bouffon...) se marieront à la fin (plusieurs tomes sont prévus...).
     En fait ce n'est pas le récit qui me déçoit : il est parfaitement standardisé, on assiste à des jeux sur les codes du conte issus des travaux sur le récit perçu comme une sorte de mécano narratif à la suite des travaux des structuralistes. De plus Dunyach est informaticien, intelligent... Alors peut-être me dira-t-on qu'il s'agit de l'exploitation consciente d'une recette, que j'ai tort de n'y voir que du premier degré et toutes ces sortes de choses. D'accord, j'ai tout faux. Mais quand même ! ! ! j'attendais autre chose de Dunyach, même pour un Fleuve noir. Si Brussolo a réussi à demeurer lui-même à 60 % dans les méandres de ce Fleuve, pourquoi Dunyach n'atteint-il pas une proportion plus en rapport avec ce qu'il est capable d'imaginer ?


Roger BOZZETTO
Première parution : 1/3/1988 dans Fiction 395
Mise en ligne le : 27/4/2003


     Le nom de Dunyach ne doit pas être inconnu aux lecteurs de Fiction : c'est en ces pages qu'il fit ses débuts, comme nouvelliste, période Dorémieux le retour. Le Toulousain dévoile enfin ici son talent de romancier, avec Le jeu des sabliers. Une fois de plus, il faudra dire combien il est dommage que de bons auteurs français se voient contraints, faute d'autres débouchés, de publier des œuvres sophistiquées dans une collection qui n'y était pas vraiment adaptée jusqu'à présent. Et combien encore, il est dommageable pour l'œuvre concernée de se trouver ainsi découpée en épisodes artificiels, qui se perdront dans la foule des publications mensuelles d'un éditeur fonctionnant toujours selon le vieux schéma du roman-feuilleton d'antan.
     La première directrice de collection auquel ce roman fut proposé n'y vit (ne voulut y voir) qu'un roman de fantasy, terme apparemment injurieux, et le refusa en arguant du fait qu'elle ne publiait pas de fantasy.
     Fantasy, Le Jeu des sabliers ? Science-fantasy, alors, s'il faut jouer avec les micro-étiquettes. Car les éléments de space opera ne sont pas absents de cette œuvre de Dunyach, qui ne saurait non plus d'ailleurs être réduite à sa seule dimension de “quête d'une sorte de nouveau Graal”. Les niveaux de lecture sont nombreux dans cet attachant roman, plus complexe qu'il veut bien le montrer au premier abord. J'avoue hélas manquer totalement la dimension tarot, ne connaissant rien à ce jeu, dont les symboles fourmillent dans Le temple de chair. Un beau roman, empli d'images frappantes et de moments subtils, ça ne se manque pas, lorsqu'on aime la SF intelligente (mais pas forcément “intello”). Alors il ne faudra pas manquer le passage d'un tramway nommé Dunyach.


André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/2/1988 dans Fiction 394
Mise en ligne le : 3/4/2005


 

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