Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Lune n'est pas pour nous

Johan HELIOT


Cycle : La Lune seule le sait  vol. 2 


Illustration de MANCHU

MNÉMOS (Saint-Laurent d'Oingt, France), coll. Icares
Dépôt légal : mars 2004
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 2-915159-15-7
Format : 13,0 x 21,5 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   GALLIMARD, 2007
   in La Trilogie de la Lune, MNÉMOS, 2011
   in La Trilogie de la Lune, 2019

    Quatrième de couverture    
1933 — Un demi-siècle s'est écoulé depuis l'arrivée des Ishkiss.
Sur la Lune, une nation libertaire s'est développée grâce à la technologie des extraterrestres.
Sur Terre, l'Europe a été dévastée par la Guerre totale. En France, les ligues fascistes ont pris le pouvoir et ont mis en place une sévère propagande antiselénite. Les monuments nationaux ont été transférés à Berlin sur ordre du Führer. Au cœur d'un Paris méconnaissable, le jeune Léo Malet est pris en flagrant délit de cambriolage dans les appartements d'une vieille gloire du régime... C'est le début d'une aventure extraordinaire qui fera de lui l'instrument principal des Ishkiss dans la guerre qui les oppose au Reich.
 
La véritable nuit ne fait que commencer...
 
Johan Heliot est né en 1970 ; son oeuvre est marquée par l'éclectisme et l'inventivité littéraire. Il a publié six romans à ce jour, dont La Lune seule le sait récompensé par le prix Rosny-Aîné 2001 du meilleur roman de science-fiction francophone. Entre science-fiction et récit d'espionnage, La Lune n'est pas pour nous prolonge l'univers de ce roman fondateur qui a marqué l'histoire du steampunk.

    Prix obtenus    
Bob Morane, roman français, 2005
 
    Critiques    
     Nous sommes en 1933, cinquante ans après les événements relatés dans La Lune seule le sait. L'humanité se divise désormais en deux camps. Sur la Lune vivent les « Sélénites ». Grâce à la technologie des Ishkiss, une race extraterrestre venue du fin fond de l'univers, cette nation libertaire terraforme notre satellite afin d'en faire un endroit fertile où il fait bon vivre.

     Sur Terre, c'est l'enfer. Hitler est sorti vainqueur de la Guerre Totale et a imposé à l'Europe des conditions de reddition draconiennes. En France, le Führer a pillé le patrimoine historique et culturel, transférant les monuments principaux vers Germania, la capitale du Reich. Des bidonvilles se sont érigés sur les bords de la Seine, haut lieu de la misère et de la criminalité. Les ligues fascistes se sont emparées du pouvoir et font régner la terreur.

     Dans ce contexte difficile, la Lune, paradis inaccessible, déchaîne l'envie et la haine. Des frustrations soigneusement entretenues par une propagande allemande anti-Sélénite très active. Car la mégalomanie d'Hitler ne supporte pas l'affront politique que représente la nation libertaire. Contre cet ennemi, la Solution Finale s'impose.

     L'alliance symbiotique Humains/Ishkiss, pourtant pacifiste dans l'âme, va devoir se battre durement pour sauver le paradis lunaire.

     Quatre ans après la parution de La Lune seule le sait, Johan Héliot et les éditions Mnémos sont fiers de vous présenter... la suite ! Quatre ans, et autant (voire un peu plus) de livres publiés pour Héliot, et une qualité assez inégale.

     On retrouve cependant ici, et avec le même bonheur, les ingrédients qui ont fait le succès du premier opus. Une pléthore de personnages connus, tels Léo Malet, Léon Blum, Jean Gabin ou encore Albert Einstein. Une histoire bien ficelée dans laquelle Héliot interprète de façon magistrale les faits historiques. Des clins d'œil culturels amusants, des extraterrestres idéalisés et sympathiques. Avec La Lune n'est pas pour nous, Héliot nous convie à un véritable festival d'érudition et d'inventivité qui réjouira les amateurs de steampunk.

     Certes, le rythme du récit est assez inégal et souffre vers le milieu d'une certaine baisse de régime. La tension dramatique n'est pas ébouriffante, et on ne s'inquiète jamais vraiment pour les personnages, ce qui est très certainement dû à la présence constante des extraterrestres, tellement puissants par rapport aux humains que le lecteur sait d'avance qu'il ne peut rien arriver de bien méchant aux héros. Du coup, les protagonistes manquent parfois de corps. L'absence d'enjeux personnels, noyés dans la préoccupation collective, rend les personnages un peu frustres et affadit l'histoire, qui n'en demeure pas moins agréablement lisible.

     Et ce n'est pas le plus important. Car je ne peux m'empêcher de comparer ce récit à « Obsidio ». L'engagement politique et humanitaire d'Héliot est toujours présent, mais il a su mettre de l'eau dans son écriture et nuancer son propos de façon étonnante. Là où, auparavant, notre auteur n'était que colère maladroite et petit poing vengeur haut levé digne d'un adolescent en pleine révolte, nous voyons désormais un écrivain plus posé qui tempère son propos par une couche d'humour — parfois de cynisme — , une sorte de distanciation qui donne bien plus de poids à sa démonstration. Une tempérance qui n'entrave en rien sa fougue, mais lui apporte plutôt une touche de maturité qui porte bien plus que la tempête coléreuse, désordonnée et agaçante d' « Obsidio ».

     Au final, un deuxième tome digne du premier, qui représente une étape importante dans le parcours d'Héliot et qu'il faut lire si vous suivez l'évolution de cet auteur. Pour les autres, La Lune n'est pas pour nous reste un récit plus que plaisant, du bon steampunk à la française digne de figurer sur la liste de vos prochains achats.

Sandrine GRENIER
Première parution : 1/7/2004 dans Bifrost 35
Mise en ligne le : 3/8/2005


     Années 1930 : l'Allemagne a battu la France, ce qui n'a pas empêché Hitler de prendre le pouvoir et Leni Riefenstahl de régner sur la télévision, encore que tout cela choque quelque vieux gentilhomme (authentique dans ce monde-là) comme Erich von Stroheim. De notre côté des Vosges, Céline deale au bidonville du Louvre, Léo Mallet, personnage principal, s'est fait perceur de coffres-forts, tandis que journalistes et politiciens d'extrême-droite gouvernent pour le pire — et envoient outre-Rhin l'électricité dont le Reich se goinfre, plus des acteurs en tournée, en sus des monuments parisiens partis orner Germania, capitale sous cloche. La hargne raciste s'est focalisée contre les Sélénites, qu'ils soient humains ou Ishkiss : là, nul n'aura d'excuses pour ne pas suivre, parce que l'essentiel se lit indépendamment de La Lune seule le sait, d'ailleurs désormais disponible en poche chez Folio. Et l'auteur nous offre en prime Albert Londres levant un étonnant lièvre, des pièges à loups extraterrestres, du mort ressuscité, de la microtechnologie à vous changer un homme, l'inspecteur Jaume prouvant que le temps a lui aussi ce genre d'effet, la lune et des symbiotes, Blum et Trotsky, le dirigeable Hindenburg, le Haut-Koenigsbourg, un cabaret berlinois, le docteur Mengele et tout le gang des maîtres du IIIe Reich, plus Cocteau, Carette ou Gabin, Le Tibet, Oberth et von Braun, des duels aériens (biplans de 14 et soucoupe volante) ou encore, au détour d'une phrase, ce couillon d'Eliot (Ness !), Staline etc. Plus quelques broutilles. Autant dire qu'on ne s'ennuie pas un instant, entre action et clins d'œil. En prime, l'idéologie affichée renvoie à Jules Lafargue, naguère chanté par Georges Moustaki : « ce maître en sagesse / qui ne revendiquait que le droit à la paresse » : voilà un autre solide motif de satisfaction. Sauf, bien entendu, si icelle paresse empêchait de faire l'effort d'acquérir ce roman et de le lire... parce que cela relève de l'urgence.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/2004 dans Galaxies 33
Mise en ligne le : 22/12/2008


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 69355 livres, 77646 photos de couvertures, 64445 quatrièmes.
8384 critiques, 36789 intervenant·e·s, 1476 photographies, 3710 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.