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Le Chant du Drille

AYERDHAL


Cycle : Chant du drille  vol. (omn)


Illustration de François BOURGEON

AU DIABLE VAUVERT (Vauvert, France) n° (24)
Dépôt légal : octobre 2003
364 pages, catégorie / prix : 21 €
ISBN : 2-84626-062-1   
Genre : Science-Fiction

Précédemment publié en deux tomes aux éditions Fleuve Noir.



    Quatrième de couverture    
     Aujourd’hui l’être humain vit 200 ans. Il a depuis longtemps quitté la Terre originelle, essaimé vers des systèmes planétaires lointains, fondés ses colonies et ses lois interstellaires. Aux confins de la fédération Homéocrate, Taheni est une planète vierge et paradisiaque dont l’équilibre écologique est menacé par les installations humaines. Les Drilles, animaux humanoïdes semblables à des lémuriens et doués d’un chant merveilleux, se pressent par milliers aux portes des villes pour s’y laisser mourir. Lodève, inspectrice générale des Colonies, est dépêchée pour décrypter cette énigme et enquêter sur les corruptions et complots de la petite société tahenite, qui mettent en cause l’ensemble du système homéocrate.

     « C’est un soprano limpide qui s’envole au-delà des tympans humains et les silences de ces ultrasons brisent le Chant d’une arythmie dont le cerveau s’abreuve jusqu’à l’ivresse. Une deuxième voix s’insinue dans les aigus, sur un autre thème, sur une autre mesure. D’autres timbres jaillissent, d’autres harmoniques viennent se confondre et donnent à l’air la consistance des songes. »

     « Ayerdhal a su donner un véritable souffle épique et un sens libertaire aux aventures savamment ourdies de sa fougueuse héroïne : résultat à l’instar d’un Jack Vance grande cuvée. » Jacques Baudou — Le Monde

     Né en 1959 dans la région lyonnaise où il vit, auteur de nombreux romans et nouvelles, Ayerdhal est lauréat du Grand Prix de l’imaginaire 1993 pour Demain une oasis, Prix Ozone 1997 pour Chroniques d’un rêve enclavé (Au diable vauvert) et Prix Tour Eiffel 1999 pour Étoiles mourantes (avec Jean-Claude Dunyach). Paru en 1992 et enfin réédité, Le Chant du Drille, thriller écologique, est son premier roman.
 
    Critiques    
     Taheni, monde récemment colonisé par l'Homéocratie, connaît une crise majeure : les Drilles, ces lointains cousins du lémurien qui peuplaient la planète avant l'arrivée des Humains, se suicident en masse pour manifester leur mécontentement. Ce qui cadre assez mal avec l'étiquette « espèce non-intelligente » que l'on s'était empressé de leur coller lors de la première expédition qui allait ouvrir la planète à la colonisation. Erreur ou malversation ? C'est ce que tentera de débrouiller l'enquête de la xénologue Lodève Dallelia. Pour cela, elle devra résoudre l'énigme Drille et comprendre leur étrange rapport au monde, seule contre tous. A l'exception peut-être de son ami le poète Vernang Lyphine, qui, malgré la mort et la négation de sa condition humaine, continue de tirer les ficelles et l'entraîne dans un jeu de piste/échec à l'échelle de la planète entière.

     Avec ce roman initialement paru en deux volumes au Fleuve Noir et qui compte parmi ses premiers, Ayerdhal définissait déjà les grandes lignes de son écriture : la problématique humaniste qui montre l'humain du doigt, le discours altermondialiste, l'intrigue politique, les héros à l'ego et au charisme surdimensionnés refusant tout compromis... On aime ou on déteste, tout est question de foi. Au-delà de ça, l'argument « xéno-fiction » qui sous-tend l'intrigue — autrement dit le mystère des Drilles, que l'on ne peut révéler sans risquer de dévoiler le fin mot de l'histoire — et qui constitue le moteur de l'enquête de Lodève est aussi brillamment trouvé que savamment mis en œuvre. Parfaitement intégrée dans un décor qui en est partie prenante, l'intrigue avance à la manière d'un polar bien maîtrisé. Du bon Ayerdhal donc, à placer à côté de La Bohème et l'ivraie, Les Chroniques d'un rêve enclavé ou Mytale. Le seul reproche que l'on fera à ce roman, à l'époque très prometteur, c'est d'être un peu court et de sous-exploiter certains thèmes trop vite abordés (les voyages en forêts dont on ressent les influences vancéennes ou l'observation directe des Drilles façon Gorilles dans la brume). S'il s'agissait alors d'une contrainte éditoriale (les Fleuve comportaient un nombre limité de pages), c'est dommage de ne pas avoir profité de la réédition pour densifier l'ensemble, vendu tout de même 21 euros. Pour ce prix, on a toutefois droit à une superbe illustration signée François Bourgeon...

Thibaud ELIROFF
Première parution : 1/1/2004 dans Bifrost 33
Mise en ligne le : 1/3/2005


     Ayerdhal n'est pas un auteur qu'on présente. Et pourtant, c'est exactement ce que vient de faire Au diable vauvert en rééditant Le Chant du Drille, son premier roman, un livre de science-fiction éblouissant comme on aimerait en lire plus souvent. Que se passe-t-il sur Taheni, une planète sylvestre récemment colonisée, se demande le professeur Lodève Dalellia, inspectrice générale des colonies ? Elle a été alertée par les courriers de Vernang Lyphine, un écrivain fantasque, membre de la première expédition sur la planète. Car des faits troublants se produisent : les Drilles, répertoriés comme des animaux évolués, se suicident par millions.

     D'emblée, l'atmosphère est au mystère. Les représentants des administrations tant planétaire que coloniale, le Département de l'Expansion, le Conseil Homéocrate, le Gouverneur de Taheni et même la Sefali, une entreprise industrielle qui modifie la planète, tous semblent couvrir nombre d'irrégularités en se couvrant mutuellement. Mais ce n'est pas tout, car l'ambiance sur Taheni est délétère : des villages tentent de chasser les Drilles, qui viennent mourir sous les yeux des humains, les entraînant alors dans une neurasthénie irréversible. Ce ne serait rien si la navette de l'ancien gouverneur ne s'était abîmée, entraînant quatre personnes dans la mort ou la folie ; et si Val Promach le sociologue, Dwin Emsawali la vétérinaire et Elvie l'adolescente muette ne semblaient en savoir trop long sur Taheni et ses Drilles. Ballottée entre manipulations, irrégularités, mensonges et complots, Lodève s'approche lentement du cœur du mystère : le Chant du Drille n'en serait-il pas la clé ? Avec son incomparable sens du récit et sa grande sensibilité, Ayerdhal brosse un de ces scénarios denses et complexes à souhait qu'il affectionne. Un de ces romans où l'on découvre, pantelant, que l'univers n'est pas aussi simple qu'il veut bien nous le faire croire, que les hommes ne sont pas aussi simples qu'ils veulent bien nous le faire croire, et que le monde n'est que le vaste théâtre d'un émerveillement perpétuel, pour peu qu'on veuille bien se donner la peine de le regarder tel qu'il est. Qui a dit que les Français étaient incapables d'écrire de la science-fiction ?

Stéphane MANFREDO
Première parution : 1/3/2004 dans Galaxies 32
Mise en ligne le : 13/12/2008


 
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