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Du fond de l'abîme

Walter de la MARE


Traduction de Dominique BERTRAND & Marianne TOMI

RIVAGES (Paris, France), coll. Bibliothèque étrangère n° 141
Dépôt légal : novembre 1994
238 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-86930-843-4   



    Quatrième de couverture    
     Au sein de l'ensemble encore trop mal connu des nouvelles de Walter de la Mare, les plus étranges d'entre elles forment une constellation à l'éclat singulier. Ce ne sont pas des histoires de fantômes au sens où l'on a pris l'habitude d'entendre ce terme. Ce sont bien plutôt des histoires fantomatiques dont les acteurs sont ces êtres secrètement excentriques, parfois amers mais hantés par cet esprit d'enfance auquel les familiers de L'Amandier ont déjà goûté. Walter de la Mare a peut-être fait à notre littérature moderne un don rare et précieux : chacune de ces histoires, cernée avec la minutie patiente d'un orfèvre du style et la jubilation d'un maître du conte, éclot dans le vertige tranquille d'une bulle irisée — bijou d'un souffle.

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition OMBRES, (1989)


     L'incurie des éditeurs français est telle qu'il nous faut bien souvent, nous lecteurs de l'hexagone, attendre de longues années, voire plusieurs décennies, avant de pouvoir lire dans notre belle langue certains écrivains unanimement reconnus dans leurs pays d'origine.
     Ainsi découvrions-nous, l'an passé, Walter de la Mare (1873-1956), apparu en littérature fin du siècle dernier et cité, outre-Manche, dans toutes les bonnes études sur le Fantastique et les dictionnaires littéraires, avec un premier recueil, L'Amandier. Ceci chez Ombres, un encore jeune éditeur installé en province, lequel nous a déjà offert, entre autres. La Kallocaïne de Karin Boye, Un Episode International d'Henry James ou encore Une Femme Douce de Fiodor Dostoïevski.
     Environ dix mois plus tard, Ombres et Terrain Vague/Losfeld (qui a toujours , au fil de son histoire, présenté des auteurs en marge : Marcel Bealu, Jacques Sternberg, Roland Topor, Philippe Curval, Alain Doremieux, Kriss Vilà...), marchant main dans la main, frappent un grand coup et enfoncent le clou, publiant simultanément deux ouvrages de notre auteur : Du Fond de l'Abîme (à ne pas confondre avec un recueil mineur de Sir Arthur Conan Doyle publié chez NéO)), une sélection de sept nouvelles, et Miniature ou Les Mémoires de Miss M., épais roman passant pour être son chef-d'œuvre et initialement publié en 1921. Nous retrouvons dans le premier ce Fantastique tout en demi-teintes que nous avions appris à découvrir et aimer dans L'Amandier ; un Fantastique jouant instinctivement avec la qualité de la lumière, des ombres, la profondeur des silences, la solitude de personnages oubliés de leurs contemporains, évoluant dans des lieux tout britanniques, tels ces maisons austères plantées en dehors du monde, ces jardins immenses et déserts, à l'abandon presque, dépositaires de secrets infimes, intimes et oubliés. Un Fantastique existant davantage par le regard subtil posé sur les choses, le monde des ténèbres, que par une thématique au fond assez proche du Mainstream.
     Le second, quand à lui, pourrait s'il était besoin, ce qui n'est pas le cas, être classé « insolite ». De la Mare nous y raconte lentement, sur près de six cents pages, au rythme de la vie et des jours qui s'écoulent, quelques mois de la vie unique et tragique de Miss M., jeune femme de son temps, que Swift eût pu qualifier de liliputienne puisqu'elle ne mesure que quelques dizaines de centimètres. Une « petite naine », en somme. Que ses dimensions condamnent à la solitude éternelle.
     A travers ce roman tendrement désespéré et ces quelques textes magistraux, Walter de la Mare explore les territoires sombres de l'homme sous un angle quasi-métaphysique, épousant à de nombreuses reprises les contours de l'enfance. Chez lui, le temps paraît ne plus s'écouler, agonisant dans un coin.
     Lenteur de l'action, préciosité, finesse... autant d'éléments faisant de ces livres des œuvres que je recommanderais en premier lieu aux esthètes et autres amateurs de textes rares qui ne devraient pas être non plus déçus par les prochains à paraître ; parmi eux, Henry Brocken, lequel, si j'en crois les préfaciers de L'Amandier, « raconte les aventures d'un jeune garçon parti à la rencontre de ses héros favoris » : Gulliver, la Belle au Bois Dormant...

Richard COMBALLOT
Première parution : 1/6/1989
dans Fiction 409
Mise en ligne le : 14/10/2003




 
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