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Une porte sur l'éther

Laurent GENEFORT



Illustration de Vincent VIARD

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2001 - 2007) n° 6544
Dépôt légal : septembre 2003
Roman, 256 pages, catégorie / prix : L
ISBN : 2-290-32826-X   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   in L'Espace entre les guerres, CRITIC, 2020
Sous le titre Une porte sur l'éther
   FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 2000
   J'AI LU, 2003, 2003

    Quatrième de couverture    
     Favor et Dunaskite. Deux planètes reliées par un gigantesque tube de diamant de cent mille kilomètres : l'Axis. C'est par cet artefact extraordinaire, héritage d'une civilisation extraterrestre disparue, que transitent les spores de l'ambrozia, la plante la plus précieuse de l'univers connu. Outre sa fonction de régulateur végétal, c'est aussi une voie de communication prioritaire ; source de richesse autant que foyer de révoltes, l'Axis suscite ainsi la convoitise de dizaines de mondes mais inspire une peur sacrée. Aujourd'hui, la haine que se vouent les habitants des deux planètes menace gravement ce fragile équilibre. La rumeur de guerre gronde, et seul un homme peut empêcher l'irrémédiable...

     Laurent Genefort est né en 1968. Fils spirituel des grands écrivains de space opera (au premier rang desquels Stefan Wul), il a publié près de trente romans et s'est vite fait remarquer pour son talent de créateur de mondes et sa verve d'ethnologue découvreur de civilisations extraterrestres. Il consacre aujourd'hui tout son talent à l'édification de l'univers d'Omale ainsi qu'à une série de fantasy pour la jeunesse.
 
    Critiques    
     Autour de l'étoile Paron gravitent deux planètes, Dunaskite et Favor. Pour les relier, les Vangk, extraterrestres que les hommes n'ont jamais pu rencontrer, ont construit l'Axis, un tube de diamant de 126 000 kilomètres. Une fois par an, y circule le pollen de l'ambrozia, la nourriture la plus prisée de l'univers, dont Dunaskite abrite la plante mâle et Favor la plante femelle. Mais les deux planètes, gouvernées par des régimes autoritaires, se détestent. Une guerre menace, qui mettrait en danger l'Axis. La Demeter, qui gère la récolte et la vente de l'ambrozia, envoie sur place un diplomate, Jarid Moray. Sa tâche sera périlleuse.
     Paru en 2000 au Fleuve Noir, Une porte sur l'éther reprend un thème classique de la science-fiction : l'artefact extraterrestre dont les bâtisseurs restent insaisissables et surtout incompréhensibles pour de simples humains : « Peut-être lesVangk existent-ils encore quelque part. Nul n'en a jamais vu. Ils n'ont laissé de leur splendeur passée que des Portes par milliers, et une poignée d'artefacts géants qui sont autant de dons énigmatiques. » Sans atteindre la virtuosité de La Grande Porte de Frederik Pohl, Rendez-vous avec Rama d'Arthur C. Clarke ou Eon de Greg Bear, le roman de Laurent Genefort se lit avec plaisir. Les rebondissements se multiplient, ainsi que les apparitions d'êtres surprenants dont les Engelans, humains génétiquement modifiés, capables de voler. On ne saurait dire, toutefois, qu'il s'agit d'un roman marquant. Laurent Genefort met en œuvre une idée séduisante : le lien de dépendance forgé entre deux planètes qui se haïssent. Malheureusement, il ne va pas plus loin : l'Axis reste un décor pour les aventures de Jarid Moray. Pohl, Clarke et Bear suscitaient à propos des extraterrestres un mystère presque métaphysique, celui de leur origine, de leur nature, de leur disparition. Rien de tel dans Une porte sur l'éther. Le titre, ouvert sur l'infini, laissait espérer mieux.

Gilbert MILLET
Première parution : 1/6/2003 dans Galaxies 29
Mise en ligne le : 21/1/2007

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2000)


     Le système de Paron comprend deux planètes de même orbite, Dunaskite et Favor, entre lesquelles se trouve l'Axis, un long cylindre de 126000 km de long pour 815 km de large. Cet étonnant ouvrage créé par les mystérieux Vangk permet non seulement de relier les deux mondes, mais il est également le siège d'un écosystème aussi complexe que fragile dont la plus surprenante manifestation est l'ambrozia, un végétal qui est la principale source de richesse des deux planètes. La variété mâle de l'ambrozia se trouve exclusivement sur Dunaskite et tous les quatre ans, ses plantes libèrent leur pollen qui va traverser l'Axis durant six mois avant d'atteindre la planète voisine où poussent les variétés femelles. Pourtant, au lieu d'être unis autour des intérêts communs liés à l'exploitation de l'ambrozia, les habitants des deux planètes-sœurs se haïssent et chacun accuse le voisin d'empiéter sur sa part de la récolte. Chaque planète cherche également à contrôler l'Axis ou vit une population qui a, elle aussi, ses propres ambitions. C'est dans ce contexte épineux qu'arrive Jarid Moray, un négociateur indépendant que l'on a déjà rencontré dans Dans la gueule du dragon. Celui-ci va essayer de résoudre la crise qui couve en utilisant les arguments de la raison.

     Comme à son habitude, Laurent Genefort a concocté un univers unique et fascinant, extraordinairement complexe, mais qu'il réussit à rendre crédible. Les deux planètes reliées par l'Axis forment un grand spectacle en cinémascope digne des meilleurs créateurs d'univers, que l'auteur nous fait visiter sous toutes les coutures. Mais l'intrigue n'en a pas pour autant été sacrifiée. Au contraire, la situation que découvre Jarid Moray est à l'image du système de Paron  : d'une extrême complexité. Les antagonismes des multiples factions menacent l'équilibre écologique fragile de l'Axis et lorsque le négociateur arrive, il est peut-être déjà trop tard pour empêcher l'explosion de violence. Pourtant avec sa simple conviction et un entêtement sans faille, Jarid essaye envers et contre tous de préserver ce monde de la folie humaine. Jarid Moray est d'ailleurs l'un des personnages les plus intéressants que Laurent Genefort ait créés. Hanté par un passé douloureux, il trouve sa rédemption dans son travail et justifie la distance qu'il garde vis-à-vis des autres par la nécessité de conserver une impartialité sans faille.

     Laurent Genefort s'affirme à chaque nouveau roman comme un créateur d'univers incomparable et il parvient ici à gommer en partie son principal défaut  : la faiblesse de ses personnages, souvent trop peu développés. Il mène de main de maître une intrigue sans faille qui progresse crescendo jusqu'à sa résolution. Une porte sur l'éther est tout simplement l'un des meilleurs romans de son auteur.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 10/11/2000
nooSFere


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2000)


     Laurent Genefort, nous offre ici avec Une porte sur l'éther, au titre qui rappelle Heinlein, un roman d'aventures dans un univers étrange et étranger. Les aventures du présent se déploient sur un arrière fond, celles des traces technonologiques toujours opérationnelles d'une civilisation extrêmement ancienne et inconnue. Elle semble avoir disparu après avoir créé des « portes de Vangk » pour aller, comme chez le Former des Créateurs d'Univers, d'un bout à l'autre de l'univers par ce que des astrophysiciens comme Hawking nommeraient des « trous de ver ». Ici, outre les portes de Vangk, les « anciens » ont créé, pour des raisons qui les regardent et que nous ignorons, une sorte de tube de 1260000 km entre deux planètes, l'Axis (axis mundi ?). Est-ce pour permettre une sorte de cycle de pollinisation complexe afin qu'une céréale puisse se développer ? Dans l'Axis, des populations se sont réfugiées, fuyant les « civilisations » qui se sont développées sur les deux planètes. Les gens de l'Axis ont créé, dans ce métro gigantesque, des civilisations et des cultures originales et des races mutantes, dont des sortes d'anges... Le roman débute lors de l'envoi, par une autorité, d'un pacificateur, car un conflit menace, avec ses extrémistes de tout bord, aussi bien ceux de chaque planète que des populations de l'Axis qui ont des velléités d'indépendance.
     Cette situation, avec deux camps ancrés à des degrés divers sur des certitudes idéologico/religieuses/commerciales, un lieu considéré comme sacré pour d'autres rappellera que la SF se déploie aussi sur un « paradigme caché », mais non absent, qui est celui de notre monde, et de notre actualité — si l'on se réfère aux informations touchant au Proche Orient.
     Le récit se déroule agréablement avec son lot de surprises, de luttes, d'enlèvements, d'IA branchées que l'on débranche et qui se débrouillent pour ne pas perde la mémoire, de sacrifices, de passions etc. dans un décor qui est, comme souvent chez Genefort, illustré par des innovations dans la flore et la faune. Un livre solide, qui se lit facilement, et où l'auteur montre une maîtrise évidente de son métier.
     Une illustration, en fin de roman, permet de visualiser le système des planètes et du tube. On aurait préféré une photo de l'IA.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/12/2000
dans Galaxies 19
Mise en ligne le : 1/3/2002


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Grand format - SF (2000)


     Imaginez deux planètes jumel­les, Favor et Dunaskite. Imagi­nez un tube arti­ficiel et creux de 126 000 kilomè­tres de long et 815 de diamètres empli d'air et dont les parois, qui n'excèdent pas six mètres d' épaisseur, sont constituées de diamant... Ce tube, l'Axis, « l'une des dix merveilles de l'univers », construit par une mystérieuse race extra­terrestre, relie Favor et Dunaskite. Imaginez maintenant une plante, l'ambrozia, elle aussi créée par les Vangk, ces fameux extraterrestres qui ont bâti l'Axis il y a 100 000 ans. Imaginez que Dunaskite abrite la variété mâle de cette plante, Favor son pen­dant femelle. Tous les quatre ans, « l'ambro­zia mâle libère des androgamètes, qui migrent vers Favor afin de féconder la plan­te femelle ». Cette migration s'effectue grâce à l'Axis qui, tel un cordon ombilical, est alors littéralement envahi par les nuées migratrices... L'ambrozia est la principale source de revenu des deux planètes et à fait la fortune de la DemeTer, la multimondiale qui l'exploite. Dans de telles conditions, on comprend combien les destins des mondes jumeaux sont liés, combien com­plexe est la situation réunissant trois peuples (car l'Axis est lui aussi habité) interdépendants à un point tel que la moindre des tensions peut prendre des proportions dramatiques. Aussi, quand les attentats se succèdent et que le spectre de la guerre ouverte menace de bouleverser le précaire équilibre, la DemeTer décide d'envoyer sur place Jarid Moray l'un de ses meilleurs agents, politicien hors pair qui a déjà fait preuve de l'étendue de ses capaci­tés de médiateur (voir Dans la gueule du dragon, même éditeur — critique in Bifrost 11).
     Ainsi donc, le Genefort nouveau est arri­vé ! Et qu'il nous ait fallu l'attendre un peu plus que d'habitude rassure : voici le signe qu'il est désormais possible à l'auteur de publier moins et, donc, de peaufiner davan­tage. Et pas de doute : le résultat est là. Car si Une Porte sur l'éther n'est pas un chef-d'œuvre, il est évident que certaines des failles des précédents romans sont moins flagrantes, tandis que, bien sûr, les qualités habituelles des travaux de Genefort n'ont en rien disparu.
     Une Porte sur l'éther frappe tout d'abord, et ça n'a rien de nouveau chez Genefort, par l'ampleur du cadre choisi. Car — comme d'habitude, est-on tenté d'écrire — l'auteur fait fort au niveau du décor, de l'environnement dans lequel l'histoire prend corps. Un postulat riche d'images évocatrices, un décor qui sent la grosse production en cinémascope. Bref, jusque là, rien d'anormal pour du Genefort. Idem dans le fait que, scientifiquement, tout cela respire la cohérence, la vraisemblan­ce. Genefort est un des rares (le seul ?) auteurs français sensibles aux manières de la hard-science. C'est là qu'est son origi­nalité et tout son intérêt. Et lorsqu'il a un doute, qu'il ne sait pas, il s'adresse à ceux qui savent... Gageons que les remercie­ments en fin d'ouvrage à Jean-Louis Trudel, auteur de hard-science (principalement), canadien et scientifique de profession, vont en ce sens.
     Si Genefort nous a habitué aux remercie­ments à l'intention du monde scientifique en fin d'ouvrage, est ici remerciée une autre personne, également scientifique de forma­tion et tout aussi auteur de SF que le préci­té Jean-Louis Trudel, je veux parler de Jean-Claude Dunyach. Bien que scientifique, Dunyach n'en est pas pour autant auteur de hard-science. Ses écrits sont résolument tournés vers l'humain, ses personnages d'une grande finesse, d'une remarquable épaisseur... autant de caractéristiques qui font souvent défaut aux protagonistes mis en scènes par Genefort. Aussi, ces remerciements là n'ont pas manqués de m'intri­guer. Dès les premières pages d'Une Porte vers l'éther, le doute est levé : les contri­butions et conseils de Dunyach semblent évidents — ce qui m'a d'ailleurs été confir­mé par Genefort, ce dernier allant même jusqu'à parler de Dunyach comme d'un directeur d'ouvrage... Et le résultat est là. Le personnage de Jarid Moray qui man­quait singulièrement d'épaisseur dans Dans la gueule du dragon, acquiert ici une véritable dimension, un relief tout humain dans ses rapports avec le monde, les être qu'il rencontre, les liens qui le lient à son I.A., etc. Jusqu'à la construction narrative du roman qui met en œuvre, sans génie mais de façon efficace, une double ligne narrative. C'est certes encore assez froid, ça et là un tantinet mécanique, la résolution de l'histoire manque peut être de flamboyance, apparaît par trop abrupte... Mais quoi ? Tout ceci va incontestablement dans le bon sens — force est de souligner l'intelligence d'un auteur qui sait situer ses failles et travaille à les combler, Genefort signe ici un roman d'aventures hard-science dépaysant et nous offre un moment de lectu­re agréable. De quoi patienter en attendant Omale, un gros roman sur lequel l'auteur tra­vaille depuis un certain temps, et premier opus d'un cycle à paraître en « Millénaires » chez J'ai Lu.

ORG
Première parution : 1/12/2000
dans Bifrost 21
Mise en ligne le : 12/10/2002




 
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