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Béantes portes du ciel

Robert REED

Titre original : Beneath the Gated Sky, 1997
Cycle : Le Voile de l'espace  vol. 2

Traduction de Bernard SIGAUD
Illustration de MANCHU

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7247
Dépôt légal : mars 2003
Roman, 448 pages, catégorie / prix : 7,50 €
ISBN : 2-253-07247-8
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Vous franchissez une intrusion et vous vous retrouvez à la surface d'un autre monde. Dans la peau d'un de ses autochtones, si étrange qu'il soit. C'est l'expérience qu'a faite Cornell Novak lorsqu'il est entré au service de l'Agence, dans Le Voile de l'espace. Il y a trouvé — sur un autre monde, sous une autre forme — l'amour. Celui de cette femme qui se fait appeler Porsche et qui est aussi une étrangère radicale. Une des représentantes d'un peuple ancien et bienveillant qui se nomme lui-même — ironiquement — les Infimes. Un peuple nomade. Et pourchassé... L'Univers n'est décidément pas ce qu'il semble.
     À mi-chemin du film Men in Black et des X Files, le plus original des jeunes écrivains américains de science-fiction bouleverse les conventions du genre dans cet étrange thriller.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1999)

     Béantes portes du ciel commence comme une chronique familiale où Porsche se remémore ses souvenirs d'enfance, avec parents, oncles et cousins, ainsi que ses premiers émois amoureux. Ces souvenirs pourraient paraître bien ordinaires, s'ils étaient humains, mais cette enfance s'est déroulée sur une autre planète, dans un autre corps, avec une mentalité étrangère... Car Porsche appartient au peuple des Infimes, sorte de "gens du voyage" qui essaiment dans l'univers entier.

     Ces perpétuels nomades se déplacent grâce aux intrusions, portes de transfert instantané, d'où l'on ressort sous la forme la plus appropriée à la survie sur la planète d'accueil. Reed ne cherche pas à fournir d'explication sur le fonctionnement de ces portes : le mode de transformation et surtout le choix du corps parmi les nombreuses formes de vie possibles demeurent un mystère.
     Porsche s'incarne ainsi en une belle jeune femme blanche, les ethnies indiennes ou noires étant plus risquées dans le coin d'Amérique où elle débarque. Le but principal des Infimes est en effet de vivre paisiblement, et donc de se fondre dans la population locale de la façon la moins voyante possible. Cette fusion s'opère complètement, au point d'adopter — avec peut-être plus de sincérité que les autochtones — les comportements intimes de l'Américain moyen ou leurs religions locales.

     Nul désir de conquête n'anime les Infimes. Leurs migrations sont un simple mode de vie, dont l'origine se perd dans la nuit des temps et qui est rendu possible par la profonde solidarité de ce peuple pourtant disséminé. Cette sérénité — qui n'exclut pas des moments de tension lorsque les masques tombent et qu'un exode devient nécessaire — constitue sans nul doute le point fort du roman de Robert Reed et sa principale originalité. La saga familiale en devient passionnante, car à la fois étrangement familière et radicalement « autre ».

     L'auteur aurait pu facilement nous captiver par la seule description du quotidien de ces créatures et de leurs voyages sur d'autres planètes. Le roman s'oriente cependant secondairement vers une action plus soutenue lorsque les terriens découvrent la vérité, à la suite d'indiscrétions suspectes. Adoptant le rythme d'un thriller, le récit redevient plus conventionnel, mais l'aventure et le suspense compensent alors le regret que l'on a de quitter cette ambiance de chroniques, de tranches de vie pas si ordinaires. Dans un tel contexte, les machinations qui se dévoilent dépassent évidemment très vite le cadre étriqué de la Terre...

     Robert Reed parvient à marier parfaitement les deux aspects de son roman, entre vie quotidienne et grand complot d'ampleur cosmique. Il s'en dégage ainsi une atmosphère profondément marquante et particulièrement agréable.
     Souhaitons retrouver les Infimes dans un prochain roman, pour en apprendre davantage sur leur compte, pour connaître leurs origines et partager leurs périples...

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 15/12/1999
nooSFere


Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (2000)

     Ce roman est la suite directe du Voile de l'espace (voir critique dans Galaxies n° 13). Dans le livre précédent, on avait suivi l'histoire de Cornell Novak et Porsche Neal, tous deux recrues de la Cosmic Event Agency (CEA), créée par le gouvernement américain après « l'inversion  » du ciel de notre planète (la nuit, on ne voit plus les astres, mais un reflet de la Terre elle-même), afin d'étudier ce mystérieux phénomène. Mais, par accident, les savants de l'Agence ont fait une autre découverte bizarre  : l'existence des « intrusions quantiques  » qui servent comme portes à d'autres mondes. Le hic, c'est que seuls les esprits peuvent les traverser, et le voyageur doit occuper un corps physique semblable à ceux des espèces intelligentes habitant ces planètes, souvent très différentes des êtres humains. La CEA envoie donc des volontaires pour explorer ces mondes, avec l'espoir surtout de trouver une société plus avancée et d'accaparer ses connaissances technologiques et militaires. Mais ces expéditions se révèlent très coûteuses en vies humaines. Certains volontaires ne supportent pas le choc psychologique de se retrouver dans la peau d'un extraterrestre, et d'autres meurent à cause des dangers posés par un monde inconnu. Cornell et Porsche ont survécu à toutes ces épreuves, et sont tombés amoureux, mais ils ont découvert aussi la face brutale de la CEA. Car l'Agence est prête à tout, allant jusqu'à l'assassinat, pour garder le secret des intrusions et le monopole de tout renseignement utile qui en découle.
     Dans ce deuxième tome, Cornell et Porsche, démissionnaires de la CEA, se terrent dans une ferme isolée où ils préparent un documentaire révélant tous les crimes de l'Agence. Mais celle-ci est déjà à leurs trousses. Et ils ne le savent pas encore, mais derrière se cache une conspiration encore plus terrible. Pourtant, tout n'est pas perdu, car Porsche a elle aussi des atouts secrets...
     Béantes portes du ciel est un thriller SF très efficace, plein d'action et de rebondissements, mais avec un arrière-plan finalement assez mystérieux et cosmique. Le récit est peut-être mieux maîtrisé que dans Le Voile de l'espace (un « fix-up  » un peu malaisé entre deux histoires sans trop de liens apparents, l'une sur l'inversion du ciel, et l'autre sur les intrusions), et tous les fils de l'intrigue sont ici bien noués à la fin. Ou presque. Car, par un dernier renversement de situation, Reed remet tout en cause. Chose qui laisse supposer qu'un troisième tome est en préparation. Mais on ne demande pas mieux.

Tom CLEGG (lui écrire)
Première parution : 1/3/2000
dans Galaxies 16
Mise en ligne le : 1/8/2001


Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (2000)

     Suite du Voile de l'espace, ce roman explore plus avant les intrusions, ces portes permettant de se transporter sur d'autres mondes en prenant l'apparence d'un de ses habitants. Revoilà Cornell Novak en compagnie d'une charmante jeune fille prénommée Porsche, une étrangère à notre monde dont le nom sur Jarrtee est Po-lee-een. Tous deux tentent de déjouer les complots qui visent à se rendre maître de Jarrtee pour en récupérer les secrets technologiques.

     Ce qui pourrait n'être qu'un thriller bien mené est agrémenté d'intéressants prolongements. La description de Jarrtee, où l'exposition au soleil est des plus dangereuses, et le mode de vie de ses habitants ajoutent à l'exotisme de l'aventure, Plus intéressant encore est le peuple des Infimes, à l'origine oubliée. Il s'établit sur les mondes qui lui plaisent en adoptant les coutumes locales. Ces pacifiques envahisseurs ont été forcés d'émigrer sur le nôtre quand leur présence sur Jarrtee fut connue, suite aux aveux inconsidérés d'une gamine désireuse d'impressionner son prétendant.

     Le tout mêle agréablement destins personnels et collectifs. Un récit distrayant, fort bien ficelé, mais auquel il manque tout de même de l'ampleur pour laisser une impression durable.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/5/2000
dans Bifrost 18
Mise en ligne le : 5/10/2003

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