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Dystopia - 1

Richard Christian MATHESON

Titre original : Dystopia, 2000

Cycle : Dystopia  vol.

Traduction de Cédric PERDEREAU
Illustration de KAÏN

FLAMMARION (Paris, France), coll. Imagine n° (33)
Dépôt légal : avril 2002
238 pages, catégorie / prix : 13 €
ISBN : 2-08-068154-0   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Richard Christian Matheson, fils du légendaire Richard Matheson, est né en 1953. Son objectif : se faire un deuxième prénom. Publicitaire, chercheur en parapsychologie, scénariste coté, producteur, batteur professionnel, auteur d'un roman (Cauchemar cathodique, paru chez Rivages et repris chez Denoël) et d'une centaine de nouvelles, il fait désormais partie des auteurs qui comptent dans le domaine des littératures de l'imaginaire.

     Elles sont agaçantes, ces vieilles dames qui commentent au café leurs banales photos souvenirs, mais celles-ci sont-elles si banales ? Quelle existence vous attend si la moindre sensation, même la plus anodine, vous procure un orgasme ? Courir, faire des marathons de plus en plus longs, être performant... et si le corps de ce jeune cadre ambitieux ne répondait que trop bien aux entrainements qu'il lui impose ?
     En une trentaine de nouvelles (avant les trente autres de Dystopia 2), Richard Christian Matheson se révèle, selon Stephen King, « de ces rares auteurs capables de combiner l'efficacité de la narration et l'originalité du style ». D'une redoutable concision, et du coup, d'autant plus suggestifs, passant allègrement du gothique noir à la science-fiction, de l'allégorie au fait divers qui fait trembler le réel, ses récits ne se contentent pas de jouer avec les ressorts du macabre ; ils désignent de façon saisissante les maladies de notre temps.
     « Dystopie : situation anormale d'un organe », dit le dictionnaire !

     Nouvelles traduites de l'anglais (É.-U.) par Cédric Perdereau.

    Sommaire    
1 - Peter STRAUB, En guise d'introduction, pages 15 à 18, Introduction, trad. Cédric PERDEREAU
2 - Photos souvenirs (Shutterbugs), pages 19 à 22, trad. Cédric PERDEREAU
3 - Photo voyance (Timed Exposure), pages 23 à 28, trad. Cédric PERDEREAU
4 - L'Homme qui hurlait (The Screaming Man), pages 29 à 33, trad. Cédric PERDEREAU
5 - Vacances (Holiday), pages 34 à 43, trad. Cédric PERDEREAU
6 - Tapage nocturne (Bedlam), pages 44 à 48, trad. Cédric PERDEREAU
7 - Rouge (Red), pages 49 à 52, trad. Cédric PERDEREAU
8 - Stimulations (Arousal), pages 53 à 60, trad. Cédric PERDEREAU
9 - Intrus (Intruder), pages 61 à 66, trad. Cédric PERDEREAU
10 - Cache-cache (Hiding), pages 67 à 72, trad. Cédric PERDEREAU
11 - Möbius (Mobius), pages 73 à 78, trad. Cédric PERDEREAU
12 - La Cité des rêves (City of Dreams), pages 79 à 96, trad. Cédric PERDEREAU
13 - Vampire (Vampire), pages 97 à 99, trad. Cédric PERDEREAU
14 - S'il vous plaît, aidez-moi (Please Help Me), pages 100 à 105, trad. Cédric PERDEREAU
15 - Annulé (Cancelled), pages 106 à 122, trad. Cédric PERDEREAU
16 - Mutilator (Mutilator), pages 123 à 126, trad. Cédric PERDEREAU
17 - Banlieusards (Commuters), pages 127 à 132, trad. Cédric PERDEREAU
18 - Oral (Oral), pages 133 à 138, trad. Cédric PERDEREAU
19 - Région de la chair (Region of the Flesh), pages 139 à 146, trad. Cédric PERDEREAU
20 - La Grande chute (The Great Fall), pages 147 à 153, trad. Cédric PERDEREAU
21 - Troisième souffle (Third Wind), pages 154 à 166, trad. Cédric PERDEREAU
22 - Ménage à trois (Ménage à trois), pages 167 à 170, trad. Cédric PERDEREAU
23 - Incorporation (Incorporation), pages 171 à 176, trad. Cédric PERDEREAU
24 - Le Film (The Film), pages 177 à 186, trad. Cédric PERDEREAU
25 - Après la pluie… (The Good Always Comes Back), pages 187 à 194, trad. Cédric PERDEREAU
26 - Manifeste (Manifesto), pages 195 à 196, trad. Cédric PERDEREAU
27 - L'Homme idéal (Mr. Right), pages 197 à 201, trad. Cédric PERDEREAU
28 - Chirurgie à mains nues (Visit To A Psychic Surgeon), pages 202 à 217, trad. Cédric PERDEREAU
29 - Rupture (Break-Up), pages 218 à 222, trad. Cédric PERDEREAU
 
    Critiques    
     Le cas des familles d'écrivains, où l'on se transmet le métier de génération en génération, est relativement courant. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est que les enfants fassent une carrière aussi prestigieuse que leurs parents. C'est pourtant ce qui s'est produit chez les Matheson, avec Richard le père et Richard Christian le fils. Bien sûr, ce dernier n'égalera jamais le “monstre sacré” qu'est son géniteur. Mais il est devenu au fil des ans un écrivain de tout premier plan, scénariste à Hollywood, et pas simplement le fils, qui s'essaye sur les mêmes terrains que son père.
     Certes, leurs oeuvres respectives présentent des similitudes indéniables : même attrait pour la nouvelle, parfois au détriment de la forme romanesque (c'est surtout vrai pour le fils), même goût pour le texte à chute, même sobriété, enfin même genre littéraire, le fantastique (bien que le père ait aussi écrit de la SF, du policier, du western). Ces ressemblances ont de quoi surprendre, car en général, un enfant d'écrivain, pour se différencier de son père ou de sa mère, décide d'œuvrer dans un tout autre style. Ici, Richard Christian, bercé par les histoires paternelles, a décidé de creuser le même sillon. Mais en poussant encore plus loin l'un des principes de Richard : l'économie de moyens. Ici, (comme par exemple dans Vampire) les phrases se réduisent parfois à un mot, la nouvelle acquérant ainsi un rythme, une dynamique éprouvante pour le lecteur. Parfois, le texte se borne à un simple dialogue, presque sans habillage narratif (Möbius). Cette absence d'effets tape-à-l'œil ne prive pas pour autant les récits de relief. Et, lorsqu'ils semblent en être dépourvus, c'est qu'ils cachent une chute brutale, en rupture totale avec le reste (Photos souvenirs). De telle sorte que le lecteur est pris à la gorge par la roublardise de Richard Christian Matheson, certaines des visions qu'il suggère étant en effet insoutenables (L'homme qui hurlait, Chirurgie à mains nues).
     Qui dit économie de moyens et nouvelle à chute dit forcément textes courts, et c'est le cas ici, puisqu'on trouve vingt-huit textes au long des deux cent vingt pages que compte ce recueil. Et, très curieusement, les trois plus longs (une quinzaine de pages chacun) prennent tous pour décor le milieu des scénaristes hollywoodiens, comme si Matheson n'avait pu adapter son style percutant à ce cadre. Difficulté de parler de ce qu'on connaît le mieux ? Etrange...
     Ce recueil n'est que le premier tome des deux que comportera l'intégrale des nouvelles publiées par Richard Christian Matheson. On regrettera d'ailleurs que le volume américain ait été scindé pour l'édition française : un recueil complet en 450 pages aurait été largement réalisable et acceptable. Mais ce souci commercial, si discutable soit-il, ne doit pas pour autant vous priver de cette anthologie, excellente preuve que tous les effets spéciaux du monde ne remplaceront jamais l'efficacité d'une histoire bien troussée.


Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 6/7/2002 nooSFere


     Richard Christian Matheson n'est pas un total inconnu en France, puisqu'on a déjà pu lire son excellent roman Cauchemar Cathodique chez Rivages puis dans la défunte collection « Présence du futur » (attention, la traduction n'est pas, dans les deux cas, à la hauteur du texte). On savait depuis les Territoires de l'inquiétude que le fils du grand Richard Matheson (Je suis une légende, L'Homme qui rétrécit, etc.) était un très bon auteur de nouvelles ultra-courtes. Au fil des vingt-huit nouvelles de ce Dystopia-1 (qui, logiquement, devrait être suivi d'un Dystopia-2), Richard Christian Matheson réussit, presque à chaque fois, le tour de force de nous inquiéter ou de nous mettre mal à l'aise. Ce qui est vraiment intéressant chez cet auteur, qui fêtera bientôt ses cinquante ans, c'est son art de la phrase horrible, du point de détail qui transforme une banale histoire (une rencontre amoureuse, deux vieilles qui regardent leurs photos-souvenirs dans un café, un homme qui arpente une route avec un sac en toile, un jogger qui veut courir plus de 80 kilomètres, etc.) en véritable cauchemar.
     Voilà un recueil impressionnant, une sorte de fête foraine hybride, cinquante pour cent train fantôme, cinquante pour cent montagnes russes, dont les pics sont probablement « Photos souvenirs » (pages 19-22), « Rouge » (pages 49-52), « Vampire » (pages 97-99), « Troisième souffle » (pages 154-166) et « Incorporation » (pages 171-176). Histoire de pinailler, on regrettera juste les rares incursions de l'auteur dans le domaine de la science-fiction, tel « Le Film » (pages 177-186), excursion post-madmaxienne peu convaincante et bigophonée. Un excellent ouvrage à rajouter au patrimoine d' « Imagine » qui, peu à peu, s'impose comme la collection de référence en matière d'imaginaire tous azimuts.

CID VICIOUS
Première parution : 1/10/2002 dans Bifrost 28
Mise en ligne le : 1/11/2003


 
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