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L'Épreuve des îles

Denis DUCLOS


Cycle : L'Ancien Futur / Longwor  vol. 2 


Illustration de Philippe CAZA

J'AI LU (Paris, France), coll. Fantasy (2000 - 2007) n° 6059
Dépôt légal : novembre 2001, Achevé d'imprimer : 5 novembre 2001
352 pages, catégorie / prix : K
ISBN : 2-290-31510-9
Format : 11,0 x 17,8 cm  
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     L'arrivée d'Augustin Coriac à Clotone, capitale de Longwor et siège d'un gouvernement corrompu miné par de redoutables luttes d'influence, va catalyser ambitions et complots pour l'accession au pouvoir. Ainsi l'impétueux aventurier va-t-il vite se retrouver entraîné par son ami Phal d'Atoy de Parinofle dans la plus terrible des épreuves : la course minusale, une compétition en trois étapes aussi énigmatiques que meurtrières, et dont le vainqueur deviendra le dirigeant suprême de Longwor. Le fair-play et l'astuce d'Augustin seront-ils à la hauteur face à la difficulté des embûches et à la cupidité des concurrents ?
 
    Denis Duclos 
Sociologue de formation (Le Complexe du loup-garou), il se lance ici dans la fiction avec cette grande fresque picaresque, hommage aux récits de voyage des grands navigateurs français autant que rencontre réussie de sa parfaite connaissance des sociétés humaines et de son affection pour les écrits « décalés » de Jack Vance et Terry Pratchett.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition RIVAGES, Fantasy (2000)


     Le second tome des voyages extraordinaires d'Augustin Coriac est entièrement centré sur la vie politique de l'archipel de Longwor. Faut-il préciser qu'elle n'y est pas de tout repos et que l'élection du « Grand Minus » (!) ne va pas sans d'extrêmes complications ?
     Car pour parvenir aux fonctions suprêmes sur Clotone, l'île-capitale, il faut d'abord accepter de se marier avec la fille du Villacope, quels que soient ses attraits — ou ses défauts —, tout en se méfiant du même Villacope, car celui-ci détient tous les pouvoirs jusqu'à ce que l'un des prétendants réussisse... Evénement qu'il peut dans le meilleur des cas retarder de quelques décennies…
     Il faut ensuite affronter ses adversaires au cours d'étonnantes épreuves se déroulant dans douze loges d'un champ de courses pas tout à fait ordinaire. Au cours de ces épreuves extravagantes, toutes hautement symboliques – et dont la savoureuse description constitue l'un des moments forts du récit –, on peut perdre diverses choses, à commencer par la vie ou la raison.
     Il est enfin nécessaire de s'embarquer pour un terrible périple au-delà des mers, en affrontant les furieux courants de l'archipel, tout en songeant à flatter les diverses factions aux intérêts opposés qui sont disséminées sur l'ensemble des îles.

     Ce n'est sans doute pas un hasard si ces épreuves rappellent le thème des Héros de l'équinoxe, l'une des aventures de Valérian, l'agent spatio-temporel : L'épreuve des îles est justement dédicacée à Mézières et Christin, les auteurs de cette bande dessinée.
     Mais la truculence, la délicieuse ironie, l'imagination pittoresque et l'aspect ludique de ces moeurs incroyables rappellent aussi et surtout le grand maître Jack Vance.

     Dans le premier tome, la complexité de l'univers créé — avec de multiples digressions sur la faune, la flore, la géographie, l'histoire ou encore les coutumes de Longwor — et la variété du vocabulaire inventé pour l'occasion, pouvaient entraîner quelques difficultés de lecture malgré l'évident talent de l'auteur. Ici — et bien que ce second tome soit tout aussi riche que le premier —, plus aucun effort n'est nécessaire et la lecture s'avère extrêmement plaisante, peut-être parce que nous sommes déjà familiarisé avec les particularités de cet archipel et avec le style élégant et original de l'auteur, très inspiré des voyages excentriques et philosophiques du XVIIIème siècle.

     Emporté par son sujet, Denis Duclos multiplie les péripéties et les surprises. N'hésitant pas à agrémenter le texte de croquis, il se penche par exemple sur l'énigme de tourbillons marins aux comportements étranges.
     Prenant le temps d'explorer minutieusement l'univers créé, il semble même en oublier qu'Augustin est à la recherche d'une porte : « Je me suis mis à la recherche d'un passage entre deux réalités, deux époques, dont l'une est, pour moi, bien plus acceptable que l'autre. » (p.15). Il nous faudra donc attendre la suite pour retrouver cette thématique abordée dans le premier volume.

     Sans conteste, cette saga est d'ores et déjà une grande réussite qui devrait nous apporter encore de belles heures de lecture si Denis Duclos sait faire preuve d'autant d'énergie dans les romans à venir.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/9/2000
dans Faeries 2


 

Edition RIVAGES, Fantasy (2000)


     Après Longwor, l'archipel-monde, voici le deuxième tome de la saga de Denis Duclos. Dans le premier volume, on découvrait Longwor, un archipel de sept îles, voire de treize (« C'est le nombre de lunaisons. Ou celui des menstruations féminines.  ») dans les Antilles, protégé de l'Outremonde (le nôtre) par un fort courant marin, le Grand Dragon, d'origine peut-être surnaturelle.
     L'épreuve des îles poursuit le récit du périple d'Augustin Coriac, un aventurier français venu là dans les années 1880 pour trouver, semble-t-il, un passage vers un autre temps. Il va se trouver mêlé au jeu politique des îles, un jeu à tous les sens du terme, puisque le sommet de la hiérarchie locale est désigné par une série d'épreuves, les unes sportives, les autres plus mystiques. Il va aussi se trouver mêlé au jeu de l'amour, avec la belle Athiello, et à celui du hasard...
     On retrouve ici toute la verve du premier roman, peut-être plus éclatante encore  : l'invention langagière est incessante (chevirelles, musilets, crocosophes, pétacles et monucles, glône, choulcave, salge, etc.), le dialogue gouleyant. Et les descriptions, souvent « gratuites  », chargées de poésie, et les énigmes complexes résolues par les personnages, et les courts poèmes ici ou là, tout, tout dans ce roman n'est qu'un prétexte à faire chanter la langue et s'exalter les sens.
     Prétexte, certes, mais l'intérêt est aussi ailleurs  : dans la critique sous-jacente d'une machination socio-économique qui consiste à appauvrir les pauvres au profit des riches et des puissants. Toute ressemblance... Ou dans la métaphore du jeu des partis, alliances, trahisons et non-dits. Là encore, ce n'est bien sûr qu'un conte, et toute ressemblance...
     Quelque part entre Voltaire et Vance, Cendrars et Pratchett, Denis Duclos poursuit son bonhomme de chemin, créant une des œuvres les plus attachantes, les plus originales, les plus intelligentes et les plus accessibles à la fois de toute la fantasy mondiale.
     Enivrez-vous de ses capiteux parfums  ; on en revient l'esprit plus alerte, plus instruit et plus ludique. Est-ce si fréquent  ?

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/2/2000
dans Bifrost 17
Mise en ligne le : 1/8/2000




 
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