Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Pandémonium

Johan HELIOT



Illustration de EIKASIA

BÉLIAL'  n° (10)
Dépôt légal : janvier 2002
184 pages, catégorie / prix : 12 €
ISBN : 2-84344-038-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Vidocq contre l'outre-espace !
     Paris, 1832.
     Un cortège de créatures buveuses de sang, le Pandémonium, s'abat sur une capitale en proie à la terreur. Au milieu d'un carnage surnaturel et sans précédent, Frédéric Maupin, jeune écrivain sans le sou, tente de survivre dans une cité qui ploie sous l'odeur du sang. Et quand deux policiers viennent le tirer de sa mansarde au beau milieu de la nuit, il est loin de se douter de ce qui l'attend... Bien malgré lui, il sera propulsé dans la tourmente d'une aventure qui le conduira à s'associer avec le célèbre patron de la Brigade de Sûreté, ancien bagnard, voleur, corsaire, marchand, évadé et indicateur, une figure déjà légendaire : Eugène-François Vidocq. Ensemble, de Besançon et sa citadelle fortifiée par Vauban jusque dans les catacombes et le ciel de Paris, ils lutteront contre le Prince et son Pandémonium pour sauver la terre d'une ère de ténèbres. Cet affrontement de titans les mènera au bout du cauchemar, en Terra Incognita...

     Né en 1970 en Franche-Comté, Johan Heliot publie ses premiers textes professionnels en 1999 aux éditions du Bélial' et dans les anthologies du Fleuve Noir. Ses univers au substrat historique solide, servis par un sens de l'épique issu de la grande tradition du roman populaire, ont convaincu un large public, lui garantissant le statut d' « auteur le plus prometteur du moment ».
     Après La Lune seule le sait, salué par le prix Rosny aîné 2001, puis Reconquérants, Pandémonium est le troisième roman de Johan Heliot, une histoire aux frontières du steampunk et du fantastique dans un XIXe siècle hésitant entre Empire et République, où les créatures les plus improbables s'affrontent sans merci, et où les plus impitoyables ne sont pas forcément les moins humaines.



    Prix obtenus    
Masterton, roman français, 2003
 
    Critiques    
     A côté du XIXe siècle technologique du steampunk, il y a celui du roman-feuilleton et du fantastique, auquel ce roman se rattache au premier abord, entre style archaïsant, argot de truands, titres de chapitre façon « Où je devine que m'est promis un fabuleux destin » et utilisation du personnage de Vidocq, dont on décape l'image en rappelant son engagement, en particulier contre la peine de mort. S'ajoute un archétype, l'enfant perdu retrouvant un père, et même deux, biologique et symbolique. Plus des bons et des méchants se confondant et pouvant passer d'un camp à l'autre. Plus les plans-relief de Vauban, un bal masqué, des loups dans une forteresse, un asile psychiatrique, une morgue, Notre-Dame, les catacombes. En prime, un pandémonium d'êtres flottant au-dessus du sol et des vampires terrorisant Paris. Mais la SF, petit à petit, se fait sa place, avec un lieu hors du temps où le soleil est violet, des « germes mécaniques » évoquant les nanotechnologies, ajoutant des souvenirs, créant des cocktails improbables de forces diversement protectrices et permettant de vivre dans des mondes différents, un personnage s'avérant être un androïde, un astronef échoué. Entre l'un et l'autre genre, des gadgets à la Robida permettent de voler et un savant fait survivre un cerveau sous globe. Ajoutons que, malgré les apparences, tout manichéisme est absent, les « méchants » ont leurs raisons, les exactions extraterrestres sont rapportées aux comportements humains. Au total, le cocktail est réussi, on marche, on en oublie que Vidocq croit bien vite un récit bien ébouriffant, qu'on peut fermer une porte par une targette inaccessible de l'extérieur, ou que, malgré Michel Foucault, c'est pousser loin le bouchon que faire naître la délinquance avec les principes de 1789. Ce sont là des détails, le roman mérite le détour, et si son auteur n'est pas encore au sommet de ses possibilités, ce n'est qu'une raison de plus de le suivre de près.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/9/2000 dans Galaxies 18
Mise en ligne le : 1/3/2002


     Dans le Paris de 1832, Frédéric Maupin, écrivain public, est convoqué par le fameux Vidocq, de la brigade de sûreté, car son nom figure sur une liste prise à des cambrioleurs, liste qui ne désigne, exception faite de Maupin, que des personnes décédées. En compagnie d'un géant de foire, Masferrer, il se rend à la soirée du mystérieux prince Lestoz, qui semble le connaître mieux que lui-même. A Besançon, où les deux amis le suivent, ils finissent par en savoir plus sur ses origines...

     Des rebondissements toujours plus surprenants les entraînent dans une rocambolesque aventure où il est question de vaisseau spatial échoué, de créatures dégénérées se repaissant de sang humain, d'un peuple asservi en quête du seul personnage susceptible de garantir leur retour. Les scènes d'action suivent la même progression spectaculaire : le combat contre des créatures vampiriques, au cours duquel Maupin découvre sa véritable nature, est digne d'un Paul Féval ou d'un Ponson du Terrail. Improbable, excessif, le récit tient cependant la route car il ne laisse pas au lecteur le temps de se poser des questions.

     Le manque d'originalité de l'intrigue est compensé par les qualités littéraires du texte, qui restitue parfaitement les tournures des auteurs populaires de l'époque. Pour un héros, Maupin se révèle plutôt falot ; il est sans cesse éclipsé par des personnages hauts en couleurs, comme Masferrer, et surtout Eugène-François Vidocq, à qui Heliot rend ici hommage sans se montrer cependant trop complaisant envers ce personnage ayant lui-même œuvré à sa mythification.

     Il est manifeste que le talentueux Johan Heliot, digne représentant du steampunk à la française, s'en est donné à cœur joie pour parodier les feuilletonistes du XIXe siècle. Il est dommage toutefois que son roman ne soit que cela, un hommage qui se lit avec plaisir mais laisse peu de traces.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/2002 dans Bifrost 27
Mise en ligne le : 11/9/2003


     1 — En guise d'introduction...
     Pandémonium aurait dû être le premier roman publié de Johan Héliot, comme en témoigne un premier compte-rendu signé Éric Vial et paru dans le n°18 de Galaxies. C'est pourtant par l'excellent La Lune seule le sait (cf. Galaxies n°20) que cet auteur sera d'abord révélé au public — et chaleureusement accueilli avec le Prix Rosny Aîné 2001 — , avant que paraisse une étonnante uchronie nommée Reconquérants (cf. Galaxies n°23).

     2 — Où l'on dit un mot de l'histoire.
     1832. À l'occasion d'un meurtre, Vidocq convoque le jeune écrivain Frédéric Maupin, dont le nom figure sur les lieux du crime. Vampires, extraterrestres et nanotechnologies (entre autres) viendront compliquer cette affaire... Inutile de dévoiler plus avant une intrigue de toute façon trop complexe et tumultueuse pour être résumée de façon efficace : ces quelques lignes suffisent à situer le récit dans le courant steampunk et dans la veine feuilletonesque qu'affectionne l'auteur.

     3 — Où le chroniqueur se risque à des commentaires subjectifs et probablement injustes.
     En effet, le goût de Johan Héliot pour l'Histoire et les littératures populaires le conduit à mélanger allègrement les genres. Naviguant entre policier, roman historique, fantastique et science-fiction, Héliot met son imagination débridée, son énergie communicative et un indéniable talent de conteur au service d'une littérature d'évasion vivante et haute en couleur, qui peut même se montrer « engagée » comme l'a montré La Lune seule le sait.
     C'est dire le plaisir que l'on prend à suivre les étonnantes tribulations rapportées dans Pandémonium, où l'aspect ludique du steampunk — traité comme une sorte de jeu de rôles historico-littéraire où personnages authentiques et thèmes anachroniques se glissent dans des aventures rocambolesques — est au premier plan.
     Toutefois, Pandémonium souffre de quelques défauts. Le plus gênant réside sans doute dans sa construction. En effet, la principale clé du récit, c'est-à-dire la révélation des origines de Maupin, nous est donnée dès la première moitié du roman, avec pour effet pervers une diminution du suspense et de l'intérêt que l'on peut porter à la suite. D'autre part, la succession précipitée de rebondissements parfois gratuits est amusante mais nuit à l'instauration d'une atmosphère vraiment prenante et au développement de caractères étoffés. Le Vidocq romanesque nous semble ainsi demeurer plus falot que son modèle, dont Héliot brosse un rapide portrait dans sa postface.

     4 — Où l'on s'achemine vers la conclusion.
     Si on le mesure à l'aune de La Lune seule le sait, ce court roman est évidemment moins réussi, mais il ne faut pas pour autant diminuer ses mérites : Pandémonium est une aventure inventive, dynamique et réjouissante, une lecture somme toute fort agréable et distrayante.


Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/6/2002 dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 66476 livres, 67141 photos de couvertures, 61325 quatrièmes.
8090 critiques, 36376 intervenant·e·s, 1463 photographies, 3690 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2019. Tous droits réservés.