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L'Homme de bronze

Kenneth ROBESON

Titre original : The Man of Bronze, 1933
Première parution : États-Unis, New York, Street & Smith Publications, Inc., mars 1933
En français : Journal de Mickey, mars à juillet 1935 sous le titre "Franck Sauvage"


Cycle : Doc Savage  vol. 1 

Traduction de Paul FORRESTIER
Illustration de Jim BAMA

MARABOUT - GÉRARD , coll. Pocket / Doc Savage n° 3
Dépôt légal : 1967
Roman, 160 pages
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre La Vallée du passé   AVENTURES, 1939
   in Doc Savage - 1, LEFRANCQ CLAUDE, 1995
   LEFRANCQ CLAUDE, 1996
   MARABOUT - GÉRARD, 1975

    Quatrième de couverture    
     Doc Savage, brillant, inquiétant, a réuni les cinq meilleurs cerveaux du moment, et ouvre la plus extraordinaire chasse à la canaille que le monde ait connue.

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Doc Savage arrive , 1975, Michael Anderson
 
    Critiques    

                Ceux qui lisaient Le journal de Mickey à la veille de la guerre ont certainement gardé le souvenir de l’homme de bronze, qui fut le héros d’une série non point de bandes dessinées, mais bien de romans, illustrés généralement avec beaucoup de bonheur par Flora. L’homme de bronze avait été, à cette occasion la victime d’une double naturalisation forcée : non seulement on le présentait comme français, mais encore les romans où il apparaissait, étaient accompagnés de la mention « par Guy d’Antin ». Ce Guy d’Antin semble avoir été le pseudonyme collectif de la maison, et il n’était l’auteur que de la traduction. Les éditions Marabout remettent actuellement les choses au point, en rendant à César ce qui est à César, et l’homme de bronze à son auteur, Kenneth Robeson. Celui qui avait été, dans les pages du Journal de Mickey, le Français Frank Sauvage, redevient ici Clark Savage, Jr, dit « Doc ». Cependant, le format et les dimensions des livres de la série Pocket Marabout ont amené la suppression de certains passages, et de diverses répliques des dialogues, ce qui confère à ces récits une sécheresse qu’ils n’avaient pas dans leur version originale.

                Né en 1933 de l’imagination de Kenneth Robeson, Doc Savage est le justicier ultime, celui auquel il faut des adversaires capables au moins de faire trembler une ville. Il appartient au domaine de la science-fiction, puisque ce n’est pas un être surnaturel, mais bien un héros que son père a préparé dès l’enfance, par l’entraînement et par instruction, à la mission à laquelle il allait le consacrer – la poursuite du crime sous toutes ses formes, et la défense de toutes les honnêtes gens qui s’adressaient à lui.

                Autour de ce héros désintéressé, Kenneth Robeson a placé cinq collaborateurs, Ham le juriste, Renny l’ingénieur, Johnny le géologue, Monk le chimiste et Long Tom l’électronicien, dont les surnoms recouvrent des identités généralement imposantes (Ham, par exemple, se nomme Theodore Marley Brooks, est diplômé de Harvard et occupe le grade de brigadier-général dans l’armée américaine) et dont les silhouettes sont typées avec vigueur (Monk se nommait Gorille sous la plume de Guy d’Antin, ce qui résumait son physique même aux lecteurs ignorant la langue anglaise ; Johnny est long, dégingandé et affecté dans son langage, et ainsi de suite). Chacun de ces hommes est présenté comme une autorité mondiale dans son domaine – mais Doc Savage est au moins l’égal de chacun d’eux dans sa spécialité.

                On est tenté d’imaginer le démarrage d’un dialogue célèbre entre deux criminels :

— Doc Savage !

— Vous dites ?

— Je dis… Doc Savage.

— Cela signifie quoi ?

— Rien… et tout.

— Pourtant, qu’est-ce que c’est ?

— Personne, mais cependant quelqu’un.

— Enfin, que fait-il, ce quelqu’un ?

— Il nous fait peur.

                Effectivement, Doc Savage sait tout, voit tout, entend tout, peut tout. Il est capable de grimper les mains nues, le long d’un mur sur lequel l’œil normal ne distingue nulle aspérité. Il sait paralyser ses adversaires en exerçant de courtes pressions des doigts sur des points déterminés de leur corps. Il est capable d’imiter n’importe quelle voix entendue une fois seulement et de donner l’illusion, grâce à ses talents de ventriloque, qu’elle vient d’un point lointain, précis. Maître du grimage, il peut prendre l’apparence de tel ou tel de ses adversaires, et paraît même savoir comment recroqueviller sa haute taille lorsqu’il veut se substituer à moins grand que lui. Et l’énumération pourrait être indéfiniment allongée.

                C’est pourquoi Kenneth Robeson l’a pourvu d’ennemis dignes de lui. Ainsi, Doc Savage affronte un criminel qui parait avoir maîtrisé un météorite qui rend fou, un géant dont le corps est recouvert de têtes, un biologiste capable de produire des géants par des moyens de laboratoire, et d’autres merveilles du même calibre. Tout cela se déroule sous le signe non point du surnaturel, mais bien d’une pseudo-science rattachée plus ou moins artificiellement au domaine des connaissances réelles. Il n’y a, nulle part, de débouché suggérant la présence du fantastique, quelque délirants que paraissent les faits lorsque Savage se met en chasse. Il y a une lutte dont on connaît d’avance le vainqueur, une lutte renouvelée à chaque livre, et dont la pseudo-science fournit les armes. Il y a un défi constant au monde du crime, et une invitation au lecteur qui veut bien abandonner pour un moment le critique cartésien qu’il porte en lui. Celui qui accepte de jouer le jeu assiste à une aventure dont le rythme rapide est l’attrait principal, et dans laquelle le surnaturel expliqué apporte un piment insolite.

                À plus d’une reprise, Doc Savage est cru mort par ses ennemis. Chaque fois, il réapparaît sur leur chemin, plus implacable que jamais, et il n’y a nulle raison particulière pour que cela cesse.

                Doc Savage, c’est un peu l’anti-Fantômas.


Demètre IOAKIMIDIS
Première parution : 1/7/1968 dans Fiction 176
Mise en ligne le : 10/5/2020


 
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