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La Fête du sang

Richard LAYMON

Titre original : Allhalows Eve, 1985

Traduction de Sophie DALLE
Illustration de Roland TOPOR

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France), coll. Gore n° 81
Dépôt légal : décembre 1988
Première édition
160 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-265-03998-5   
Genre : Imaginaire



    Quatrième de couverture    
     Son pied nu clapota dans une mare de sang. Glissant, elle tomba en arrière et accrocha dans sa chute la poubelle, dont tout le contenu se déversa sur elle. Elle se redressa, repoussa les saletés. Du sang. Partout, du sang. Inondant le carrelage, dégoulinant de la cuisinière.
 
    Critiques    
 
     [critique des n° 81 et 82 de la collection Gore]

     L'anglo-saxon Richard Laymon nous revient avec un livre qui n'est pas à franchement parler très folichon. Il a fait beaucoup mieux, le bougre ! Mais pour sa défense, j'ajouterais que le massacre à la tronçonneuse de la traduction/trahison et de l'adaptation n'a pas dû lui rendre hommage. Il est évident que ce livre a beaucoup été amputé. Cela explique sans doute que l'on saute parfois du coq à l'âne sans transition, et aussi ce rythme accéléré de la narration.
     L'auteur se contente de bâtir un récit d'horreur sur le thème X fois exploité de la nuit d'Halloween. Ce soir-là, un maniaque massacre à tours de bras les gens qui ne lui plaisent pas. Ouais ! Bof ! Ce n'est que ça, la fête du sang. Un peu maigre... Pas la peine d'en faire un plat... et encore moins un roman...
     Passons à Corsélien. Là, c'est beaucoup mieux. Voilà au moins un livre intelligent. Corsélien ne cesse de remonter dans mon estime. Après un premier livre qui ne m'avait pas vraiment convaincu, parce que trop calqué sur le gore traditionnel, il nous a offert une seconde prestation, récompensée à juste titre au Festival d'Avoriaz l'an passé, et ce dernier roman qui est un petit chef d'œuvre de fantastique. Du Fantastique, du vrai, du pur, rien que cela... du Fantastique !
     L'histoire se déroule en Moselle, entre Metz (réputée pour feu son Festival de SF) et le petit village de Dalstein, situé près de la frontière allemande, une région que je connais très bien (et pour cause, je suis Lorrain). Corsélien a également l'air de connaître la région. Juste une petite erreur (p. 9) : « Metz est une ville belle et sympathique avec sa cathédrale superbe, sur le bord de la Meuse » (sic) Ne serait-ce pas plutôt « sur le bord de la Moselle » ? La Meuse n'est pas loin, c'est un fait, mais d'ici à la détourner vers Metz, cela suppose un certain effort d'imagination...
     Enfin ! Ceci n'est pas bien grave. Romain Kuansky, professeur d'histoire dans la région de Metz, rencontre un policier avec lequel il se lie d'amitié (et qui d'ailleurs va partager son funeste destin). Une amitié qui fera long feu... Une de ses élèves de 3ème, une jeune fille au physique plus qu'agréable et aux yeux fascinants, le séduit et attise en lui des désirs inavouables. Dès lors, il ne cesse de la voir partout, y compris sur les lieux où sont trouvés des cadavres carbonisés. Plutôt inquiétant. Comment expliquer ces morts ? Certains parlent de lance-flammes. C'est une hypothèse qui en vaut une autre. D'autres ressortent la légende du Graouilli ou Grawli, un dragon mythique cher au cœur des Messins (et des Mosellans en général). Plus pratique, Romain suspecte sa belle élève de 3ème d'être à l'origine de ces massacres par le feu. Mais le vrai coupable n'est jamais celui que l'on croit. Alors, pour en savoir plus, il ne reste qu'une chose à faire : se jeter sur ce livre, sans doute l'un des meilleurs parus ces derniers temps en Gore.
     A côté d'un Richard Laymon sans intérêt, la collection Gore nous offre un Corsélien de bon niveau (qui nous change des navets hémoglobineux qui tendent malheureusement à devenir monnaie courante dans ladite collection).
     Encore une chose : les couvertures de ces deux numéros atteignent des sommets dans la nullité. Celle de Corsélien est d'une nullité affligeante. N'importe quel débutant, sachant un tant soit peu manier le pinceau, aurait fait mieux que ces dessins insignifiants. Alors, Monsieur Topor, il s'agirait de se décarcasser un peu plus ! Quand on est un professionnel, on a des devoirs envers son public. Gourdon, chez Patrick Siry, c'est quand même autre chose ! ! ! D'autant plus qu'une belle couverture, c'est un argument de vente, n'est-ce pas messieurs du Fleuve Noir ? ? ?

Frédéric KURZAWA
Première parution : 1/3/1989 dans Fiction 406
Mise en ligne le : 25/3/2007


 
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