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Rupture dans le réel - 2/2 : Expansion

Peter F. HAMILTON

Titre original : The Reality Disfunction 2. Expansion, 1996

Cycle : L'Aube de la nuit  vol.

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE & Pierre K. REY
Illustration de Jürgen ZIEWE

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (168)
Dépôt légal : février 2000
552 pages, catégorie / prix : 149 FF
ISBN : 2-221-08999-5   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    

     Sur la planète Lalonde, la rupture dans le réel a ouvert une porte aux morts de toute l'humanité, qui s'emparent, dès qu'ils le peuvent, des corps des vivants.

     La Galaxie entière est frappée de stupeur. Les Edénistes comme les Adamistes commencent par sous-estimer la gravité de l'invasion. Subissant de lourdes pertes, ils découvrent que les envahisseurs disposent de pouvoirs surhumains. Apparemment invulnérables, ceux-ci se transforment à volonté, referment instantanément leurs blessures et peuvent projeter des torrents d'énergie.

     Est-ce Laton, un Edéniste renégat qui n'a pas hésité à détruire, trente ans plus tôt, un habitat entier en faisant des centaines de milliers de morts pour couvrir ses crimes, qui a déclenché cette intrusion ?
     Ce serait presque trop beau. Car à partir de Lalonde et malgré le blocus de la planète, les envahisseurs vont se répandre dans la Galaxie, semant partout la terreur.


     Expansion est la seconde partie de Rupture dans le réel, qui constitue le premier volet de la gigantesque épopée spatiale entièrement conçue et réalisée par Peter F. Hamilton. Il y a consacré plus de six années. Viendront ensuite L'alchimiste du neutronium et Le Dieu nu.

     Il ne s'agit pas d'une série, mais bien d'un roman unique, L'aube de la nuit, le plus démesuré sans doute de toute l'histoire de la science-fiction. Son ambition et son envergure rejoignent celles des Dune de Frank Herbert et des Hypérion et Endymion de Dan Simmons.

     Cette oeuvre baroque et monumentale marquera les années 2000.

 
    Critiques    
     Le premier tome m'avait assez plu même s'il n'était pas à l'abri des critiques. La fiche du tome 1 les résume et je souscris totalement à l'argumentation qu'elle expose.
     S'il fallait jouer aux comparaisons, je citerais La compagnie des glaces de G.J. Arnaud, monumentale elle aussi, de préférence à Etoiles Mourantes ou à Hypérion. Expansion possède, selon moi, les même caractéristiques. Le ton et la forme du récit sont très feuilletonesques : foisonnement des personnages, imagination débridée , conviction absolue, énergie sans pareille. Mais surtout cette œuvre est un vaste melting-pot de genres : en l'occurrence, space-opéra, fantastique, cyberpunk, aventure, et même roman érotique...
     Le problème de cet enchevêtrement de genres est, pour l'auteur, de les maîtriser tous. Or, Hamilton est manifestement plus à l'aise dans des descriptions de combats spatiaux et de combats tout court que dans les scènes intimistes et dans la description de ses personnages, qui sont souvent bien pâles et creux. Si bien que le rythme du récit est sujet à des variations qui nous font passer de l'excitation la plus totale à l'ennui le plus profond.
     En plus de cela, le « plausible », règle sacro-sainte de la SF, est sujet à de petits ratés. Par exemple, le passage d'un chapitre où l'auteur essaye d'être le plus exact possible techniquement et scientifiquement, à un autre qui nous décrit le séjour des morts sans chercher une seule explication scientifique, crée un choc presque culturel ! Comme on a du mal à y croire, on est perturbé et on s'implique moins dans le roman. D'autant que Hamilton aime jouer avec les grands mots scientifiques sans toujours les maîtriser suffisamment, défaut assez voyant pour compromettre la crédibilité du récit.
     Après cela, on pourra éventuellement regretter les longueurs peu utiles du récit. Mais je mets un bémol à toutes mes critiques, car je n'ai lu que les deux premiers, il en reste beaucoup d'autres et le futur nous récompensera peut-être de l'effort consenti pour absorber ces deux premiers tomes. J'attends la suite, car Peter F. Hamilton déploie une telle énergie, il a une telle conviction de ce qu'il fait qu'au moment de la lecture cela suffit à nous entraîner. Les griefs formulés plus haut apparaissent seulement quand on a fini le livre, et puis j'aime trop les space-opéra pour passer à côté de celui-là !

Benoît LUCAZEAU (lui écrire)
nooSFere


     Après un premier tome d'exposition, nous voici plongé dans le vif de l'histoire  : dans Expansion, Peter F. Hamilton mène son récit tambour battant sur tous les fronts. Une fois encore, l'action est concentrée sur la planète Lalonde où c'est la panique généralisée. Ce que l'on prenait au début pour une simple révolte — voire une guerre civile — s'avère beaucoup plus grave. En effet... les morts reviennent à la vie  ! En prenant possession du corps des vivants, ils espèrent s'étendre dans le reste de la galaxie. Les seuls rescapés sont les enfants car les morts s'emparent en priorité des corps adultes, mais pour combien de temps  ? La personnalité d'un possédé est en effet totalement occultée par son occupant et les morts sont toujours plus nombreux. Tout cela semble avoir un rapport avec Laton, l'Édéniste renégat qui vient de refaire surface après des années d'absence.
     Le voile commence à se lever sur les mystères du premier tome  : Expansion est beaucoup plus clair, et donc plus palpitant qu'Émergence. Les personnages nous sont dorénavant familiers et l'on peut se laisser emporter par l'histoire. L'aspect complexe du premier tome est atténué, même si l'auteur mène toujours plusieurs histoires de front. Bien sûr, la séparation en tomes est arbitraire  ; il s'agit plutôt d'un immense roman-fleuve. Espérons que la suite, L'Alchimiste du neutronium 1  : Consolidation, ne se fasse pas trop attendre. Et ce d'autant plus qu'Expansion s'achève en laissant les événements en suspens  : l'invasion des morts, bien sûr, mais à une plus petite échelle, il y a aussi le fait que deux femmes (au moins) sont enceintes de Joshua... Le roman va-t-il s'étaler sur plusieurs générations  ?
     Peter F. Hamilton confirme ici son talent. Son immense space-opera nous promet encore de nombreux rebondissements. Preuve s'il en est que L'Aube de la nuit — c'est le nom de l'ensemble du cycle — est une œuvre titanesque.

Marie-Laure VAUGE
Première parution : 1/3/2000 dans Galaxies 16
Mise en ligne le : 1/8/2001


[Chronique d'Émergence & Expansion]

     Impressionnant pavé que cette épopée qui ne constitue que le premier volet d'une trilogie, L'Aube de la nuit. Peter F. Hamilton renouvelle avec bonheur le space opera : intrigue foisonnante, d'où le romanesque n'est pas absent, humour discret se moquant des conventions du genre.

     Il est difficile de résumer un roman d'une telle ampleur et d'une telle richesse. Au troisième millénaire, la Confédération galactique de Hamilton se compose de quelques races extraterrestres (qu'on voit peu) et de deux types d'humanité : d'un côté les Edénistes, génétiquement modifiés, qui ont entre eux un lien d'affinité proche de la télépathie, de l'autre les Adamistes qui ont tenu à préserver leur patrimoine tout en améliorant leur corps à l'aide d'implants nanoniques.

     Le premier volume développe plusieurs intrigues a priori séparées. Sur Tranquillité, un habitat spatial conscient dirigé par la séduisante Ione Soldana, Joshua Calvert, un aventurier, explore comme d'autres ce qui reste des Laymils, une race extraterrestre qui s'est collectivement suicidée bien avant l'expansion humaine. Il récupère des artefacts qui sont ensuite vendus aux enchères aux archéologues qui espèrent connaître la raison de cette disparition soudaine. Devenu riche pour avoir découvert des archives Laymils enregistrées sur une mémoire, Joshua, que Ione aime passionnément, se lance dans le commerce interplanétaire.

     On suit parallèlement la colonisation d'une nouvelle planète, Lalonde, monde pluvieux et peu hospitalier, par des colons guère différents des pionniers de la conquête de l'Ouest et des Déps, délinquants utilisés comme main d'oeuvre. L'un d'eux, Quinn Dexter, appartenant à une secte satanique plutôt meurtrière, manipule la communauté et fait des autres délinquants des adeptes à sa cause. Se cache également sur Lalonde un Edéniste renégat, Laton, responsable de la disparition d'un habitat entier, qui prépare sa revanche en poursuivant des travaux visant à acquérir l'immortalité. Ses expériences ont-elles dérapé ou bien s'agit-il de l'invasion d'un virus extro comme il le prétend, ou encore d'un rite satanique qui provoque une catastrophe d'envergure sur Lalonde ? Les colons se transforment en zombis meurtriers, insensibles à la douleur, capables de se régénérer et de projeter des boules de foudre à distance.

     Très vite, il s'avère que les morts échappent à leur purgatoire pour prendre possession du corps des vivants. Après la longue mise en place du premier volume, où l'intérêt est parfois affaibli par la complexité de l'intrigue et le foisonnement des personnages, on assiste à la terrifiante expansion des possédés à travers quelques scènes dantesques véritablement palpitantes. C'est la panique. Les militaires envoyés sur Lalonde échouent à enrayer la menace qui se répand sur d'autres mondes. Ce premier volet s'achève sur un véritable désastre qui augure mal de la pérennité de la race humaine.

     Quelques espoirs subsistent puisqu'il est possible de les combattre, à grand renfort d'armes, voire de les dominer par la prière ! Bien des questions restent posées : les mémoires Laymils parlent d'une rupture dans le réel. Leur monde, qu'on n'a pas retrouvé, aurait été transféré là où se trouve la planète Lalonde. Il manque de faire le lien avec cette invasion de l'au-delà, de délivrer les explications concernant celle-ci et de trouver les moyens de s'en préserver. Les prochains volets, L'Alchimiste du neutronium et Le Dieu nu sont d'ores et déjà attendus avec impatience. L'Aube de la nuit figurera parmi les monuments de la science-fiction.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/2000 dans Bifrost 19
Mise en ligne le : 3/10/2003


 
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