Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Cyberdanse macabre

Richard CANAL



Illustration de Michel GALVIN

FLAMMARION (Paris, France), coll. Quark Noir n° (1)
Dépôt légal : février 1999
250 pages, catégorie / prix : 69 FF
ISBN : 2-08-067657-1   
Genre : Science-Fiction

Consultant scientifique : Norman Molhant, écosystématicien.



    Quatrième de couverture    
     180, 200, 240... Le moteur de la BMW hurle et s'emballe, le frein ne répond plus. Quelques secondes plus tard, le professeur Levy quitte ce monde dans un cercueil de tôle écrasée. Sur l'écran de son ordinateur de bord, une araignée ricane : la Veuve noire vient de frapper. Et ce n'est qu'un début. L'un après l'autre, les chercheurs du C.E.S.I.M.E. doivent disparaître. Sauf, bien sûr, ceux qui obéiront. On ne résiste pas à Black Widow, la mort par Internet. A moins de s'appeler Mark Sidzik, et d'avoir de vieux comptes à régler avec les déviants de la science — fussent-ils tapis dans la Toile...

     Richard Canal est né en 1953 dans l'Ariège. Il est enseignant-chercheur en intelligence artificieIIe, à Dakar. Auteur de science-fiction chez J'ai Lu (Swap-Swap, Aube noire, Les Paradis piégés) et d'un roman noir à L'Atalante (La Route de Mandalay), cet étonnant scientifique est aussi un grand cinéphile, un amoureux du Jazz et un fou des voyages.
 
    Critiques    
Quark noir, nouvelle collection de Flammarion, est une série policière scientifique qui comprendra plusieurs romans d'auteurs différents, construits autour d'un héros commun nommé Mark Sidzik. Le principe de cette collection est, selon l'éditeur, de centrer le récit sur "une avancée scientifique récente ou près de voir le jour", "riche de promesse" mais aussi "lourde de risques" si l'on en fait "un usage rien moins que conforme à l'éthique". Chaque livre bénéficie ainsi de consultants scientifiques, avec commentaires à l'appui.

     Si l'on en juge d'après cette déclaration d'intention, le roman de Richard Canal, premier de la série, atteint pleinement ces objectifs.
     En effet, plusieurs aspects scientifiques actuels ou d'un proche futur sont abordés : les voies routières automatiques, ou l'arme du crime ; la fabrication des puces, ou l'objet du crime ; et enfin le réseau informatique, l'éxécuteur du crime, par l'intermédiaire d'un vaste réseau de hackers capable de tout contrôler.
     Face à ce méchant ubiquitaire et omniscient, situé quelque part entre le S.P.E.C.T.R.E. et l'Ombre Jaune, le héros, Mark Sidzik, est une sorte de boy-scout scientifique qui défend l'éthique, assorti d'un compagnon râleur, porté sur l'alcool, et à l'humour un peu lourd. Ce couple récurrent que l'on retouvera lors des prochains épisodes évoque bien sûr d'autres duos de justiciers, tels que Tintin et Haddock, ou encore Bob Morane et Bill Ballantine...

     L'intrigue policière manque cependant de rythme, et les héros de punch puisqu'ils seraient dans l'ensemble totalement dépassés par les événements si tout à coup ne surgissait pas un gentil hacker capable de tout résoudre d'un coup de clavier...
     Ni les considérations scientifiques, commentées par Norman Molhant, ni les personnages secondaires, comme celui assez réussi de la grand-mère de Mark, ne suffisent à rendre réellement passionnant ce récit sympathique et rapide à lire, distrayant et plutôt bien écrit, mais qui demeure toutefois assez superficiel et stéréotypé.

     En fin de compte, on attend tout de même avec une certaine curiosité les diverses suites, notamment pour voir comment chaque auteur va marquer de sa patte le personnage de Mark.

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere


     «  La science kidnappe le polar  », tel est le slogan de la nouvelle collection « Quark noir  », dirigée par Laurence Décréau. Pourquoi en parler dans Galaxies  ? Parce que, d'une part l'action se passe au début du troisième millénaire (que Gérard Lecas, dans Cosmic blues, fait démarrer au 1er janvier 2000 — ce qui fait vaguement désordre dans une collection qui se veut en prise avec l'actualité scientifique  !) et que, d'autre part, la majorité des auteurs viennent de la science-fiction  : outre Andrevon, Bordage et Canal, on annonce un Wintrebert pour la rentrée, Ligny et Genefort ont été contactés, etc.
     «  Quark noir  » est bâtie sur le modèle baleineux du héros récurrent  : un vrai, façon Poulpe, pas comme le fumeux Macno. Il s'agit de Mark Sidzik, astrophysicien en rupture d'étoiles, devenu enquêteur et traquant les dérives criminelles de la science pour le compte du World Ethics and Research. Le concept est original, et la démarche éditoriale, qui associe chaque auteur à un ou plusieurs scientifiques, est digne d'intérêt. Quant à la bible, elle est plutôt bien foutue (particulièrement le mystère qui entoure le grand-père Samuel, savant travaillant à Los Alamos, « suicidé  » en 1945 pour avoir trahi le projet Manhattan), même si quelques petites incohérences concernant les relations entre le héros et son entourage (le journaliste Fred Cailloux, la lolita asiatique Lahn par exemple) subsistent. Par contre les couvertures sont repoussantes.
     La science-fiction est discrètement présente  : dans le décor, mais surtout dans les utilisations criminelles de certaines percées scientifiques (virus mutant pour Bordage, stimulation cérébrale à distance pour Andrevon, miroir à retournement temporel pour Lecas, voie automatique pour Canal). Mais que l'on ne se méprenne pas  : « Quark noir  » est résolument une collection de polars. Des polars efficaces, en prise avec le futur immédiat. Certes, comme dans tout univers partagé, le champ libre accordé à l'auteur est réduit, car la bible joue les chiens de garde. C'est la règle du jeu. Mais il est toujours excitant de traquer, au-delà des figures imposées, les figures libres chères à un auteur (par exemple le goût pour le suspense en huis clos d'Andrevon ou la passion pour l'Inde de Bordage).
     Mon préféré  ? Cyberdanse macabre. L'humour et l'élégance de Richard Canal, à l'aise comme un poisson dans l'eau, confèrent au récit une tonicité jubilatoire.

Denis GUIOT
Première parution : 1/6/1999 dans Galaxies 13
Mise en ligne le : 15/12/2000


     Ce roman commence par la mort d'un professeur sur une autoroute automatique. Accident ou sabotage ? Mark Sidzik, l'enquêteur, opte assez rapidement pour la deuxième solution, car certaines personnes de l'entourage du professeur Levy subissent à leur tour des morts violentes. Le responsable, Sidzik le comprend peu à peu, est un groupe terroriste du nom de Black Widow, une association de hackers sévissant partout sur la Toile. Qui sont les membres de ce mystérieux comité ? Et que veulent-ils ? L'enquêteur devra opérer quasiment seul, ne bénéficiant que de l'aide temporaire d'une employée dont l'entreprise est mouillée dans des affaires de pot-de-vin, et d'un ami fan d'ordinateur.
     Le début de ce livre est alléchant : la tension monte à mesure que Sidzik découvre la réelle nature de Black Widow. Malheureusement, dès que ceux-ci entrent en scène, le roman se transforme en banale course-poursuite dont on sait pertinemment que Sidzik sortira vivant, car il s'agit du héros récurrent de la série « Quark Noir » chez Flammarion. Reste un polar habilement ficelé, Richard Canal étant l'un des meilleurs écrivains français lorsqu'il s'agit de construction d'intrigue. Et même si le développement déçoit grandement en regard de l'introduction, on lira ce roman sans déplaisir. On regrettera toutefois également le titre résolument stupide et les précisions de Norman Molhant, aussi courtes que dénuées d'enseignement.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 5/5/2001 nooSFere


     Après La Route de Mandalay, paru l'an dernier à L'Atalante, Richard Canal poursuit dans la voie du polar et nous invite à une Cyberdanse macabre (Dieu, que ce titre est vilain !) Polar assez sensiblement teinté de science-fiction tout même, ce qui semble être le mot d'ordre de cette nouvelle collection baptisée « Quark Noir » [et dans laquelle ne devrait paraître qu'un nombre limité d'ouvrages — NDRC]. Depuis le succès des Racines du mal, on ne compte plus les projets visant à marier les deux genres, plus souvent pour le pire que pour le meilleur. Le choix de Richard Canal pour inaugurer cette série est quoi qu'il en soit fort judicieux, ne boudons donc pas notre plaisir et intéressons-nous de plus près à ce roman.
     Mark Sidzik a abandonné ses recherches en astrophysique pour offrir ses services au World Ethics and Research, organisme international chargé d'enquêter sur certaines pratiques illégales ayant trait aux sciences et aux technologies de pointe. En l'occurrence, Mark se rend à Toulouse où le directeur d'un centre de recherche universitaire, le C.E.S.I.M.E., est mort dans un improbable accident de voiture. Cette disparition n'est que la première d'une longue liste de drames qui vont frapper les divers membres du C.E.S.I.M.E., ainsi que ceux qui s'intéressent de trop près à leurs travaux Derrière ces agissements apparaît l'ombre d'Untel, multinationale leader sur le marché des microprocesseurs, et, plus menaçant encore, Spyder, un réseau de hackers prêts a tout pour parvenir à leurs fins.
     Cyberdanse macabre est sans doute le moins ambitieux des romans de Richard Canal. Il n'en est pas moins réussi pour autant. A l'instar de son collègue Ayerdhal, dont le Consciences virtuelles demeure à ce jour le meilleur des « Macno », Canal a opté pour un thriller très classique dans la forme, nerveux dans sa conduite et en définitive d'une efficacité irréprochable. Le contrat est respecté, le lecteur aura droit à son lot de péripéties et de personnages bien campés, le bouquin se lit d'une traite sans que jamais l'intérêt ne diminue. Très professionnel, somme toute. Pas du grand Canal, certes, mais force est de constater que même le « petit Canal » se situe largement au-dessus de la production moyenne actuelle. L'auteur semble avoir pris beaucoup de plaisir à l'écriture de cette histoire, gageons que sa lecture saura vous en procurer autant.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/4/1999 dans Bifrost 13
Mise en ligne le : 6/9/2003


 

Dans la nooSFere : 62621 livres, 58864 photos de couvertures, 57111 quatrièmes.
7958 critiques, 34372 intervenant·e·s, 1334 photographies, 3656 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.