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L'Hôtel hanté

William Wilkie COLLINS

Titre original : The Haunted Hotel, 1879
Traduction de Henri DALLEMAGNE

TERRE DE BRUME (Dinan, France), coll. Terres Fantastiques - Littérature
Dépôt légal : octobre 1999
Première édition
Roman, 184 pages, catégorie / prix : 119 FF
ISBN : 2-84362-056-2



Quatrième de couverture
Avec La pierre de lune, William Wilkie Collins (1824-1889) a sans doute inventé le roman policier moderne. Contemporain et ami de Dickens, avec lequel il écrivit plusieurs nouvelles, cet écrivain prolifique et généreux est aussi un maître des atmosphères mystérieuses. Coïncidences tragiques, pressentiments et prémonitions jouent souvent un rôle primordial dans les intrigues tortueuses de ses romans.
     Aux côtés d'Armadale, de La femme en blanc et de La pierre de lune, ses oeuvres les plus connues, L'hôtel hanté, publié pour la première fois en 1879, est un modèle du genre. La comtesse Narona, héroïne à la fois maléfique et pitoyable — une combinaison familière à Collins, créateur des personnages de « méchants » les plus complexes de la littérature victorienne — épouse en des circonstances douteuses un lord anglais. L'hôtel hanté raconte, avec l'ironie et le brio habituels de l'auteur, le mystérieux destin de ce mariage contre nature, depuis un cabinet médical de Harley jusqu'aux chambres trop hâtivement rénovées d'un hôtel de Venise...
     Apparitions, alchimies maléfiques, fièvre et folie habitent jusqu'à son tragique dénouement ce roman.
Critiques
     L'hôtel hanté demeure davantage un roman policier qu'une oeuvre fantastique, même s'il y a en effet quelques apparitions et surtout une atmosphère d'étrangeté qui baigne l'ensemble du roman. Mais c'est un roman policier sans détective ni véritable enquête. De façon très habile, William Wilkie Collins nous expose toute une série de faits étranges qui s'enchaînent en une mécanique infernale à peine perceptible dans l'ambiance feutrée de la haute société anglaise. De petites choses d'abord : une intrigante, un joueur, quelques inquiétudes ou quelques médisances... Puis les drames surgissent : la disparition d'un coursier, la mort du lord... Et si rien de tout cela ne suffit à constituer une grande affaire, puisque cette mort semble naturelle, le lecteur pressent que ces faits divers apparemment anodins recouvrent un mystère bien plus grand.

     Toute cette mise en place, remarquablement fine, est déjà fort agréable, mais c'est dans la dernière partie que le talent de l'auteur éclate véritablement. A travers l'artifice d'une pièce de théâtre, à la façon d'Hamlet, toute l'histoire précédente nous est montrée sous un nouveau jour, celui de la vérité... Les faits anodins mais curieux que nous avions notés prennent soudain un sens et deviennent la manifestation évident d'une sordide machination, autour du magnifique et ambigu personnage d'aventurière qu'est la comtesse Narona.

     Les quelques éléments fantastiques ajoutés n'apportent finalement guère au roman, si ce n'est qu'ils jouent le rôle de révélateur et qu'ils confèrent à l'intrigue un caractère de ghost story particulièrement plaisant. L'auteur en est d'ailleurs conscient puisqu'il s'en moquera dans les toutes dernières lignes.

     En bref, c'est un envoûtant conte policier à l'atmosphère ténébreuse, où derrière le grand clacissisme de ce contemporain de Dickens pointe l'ironie malicieuse d'un auteur qui joue à piéger son lecteur.

Pascal PATOZ (lui écrire)
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