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Les Voyageurs malgré eux

Élisabeth VONARBURG


Illustration de Jacques LAMONTAGNE

QUÉBEC / AMÉRIQUE (Montréal, Canada), coll. Sextant n° 1
Dépôt légal : 1er trimestre 1994
Première édition
Roman, 448 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-89037-714-8
Format : 10,6 x 17,7 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture

Dans une Nord-Amérique différente de la nôtre, il ne reste que trois zones francophones : la Louisiane, l’Enclave de Montréal et le mythique Royaume des Sags. Prise dans l'engrenage hallucinant d'une réalité qui correspond de moins en moins à ses souvenirs, Catherine Rhymer, une jeune franco-québécoise, tente de comprendre pourquoi tout se déglingue autour d'elle. Associée bien malgré elle à un groupe révolutionnaire, elle doit fuir l'Enclave. Au bout d'un voyage mouvementé, elle aboutira chez les Sags et découvrira cet incroyable royaume francophone fermé sur lui-même. Mais, plus étrange encore, il y a ce qui se passe au-delà, dans le grand Nord. Cette fois, la réalité de Catherine basculera pour de bon...

Par l'auteure de CHRONIQUES DU PAYS DES MÈRES
Prix du Gala du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean 1993
Prix Boréal 1993
Prix Aurora 1993
Grand Prix Logidec 1993 de la science-fiction et du fantastique québécois
Prix spécial du jury du « Philip K. Dick Award »

Chef de file de la science-fiction québécoise, Elisabeth Vonarburg est publiée tant en France qu 'au Canada anglais et aux Etats-Unis. Québécoise depuis 1973, elle a fait de Chicoutimi sa ville d'adoption et c'est de là qu 'elle poursuit ses nombreuses activités comme traductrice, théoricienne, critique et, bien sûr, écrivaine.

Critiques
     Catherine ne sait plus très bien où elle est, ni ce qui lui arrive : elle se réveille un matin avec une mémoire défaillante, qui gomme des faits, des connaissances de tous les jours, brouille ceux-ci avec des énigmes qu'elle est la seule à se poser, déstabilise complètement sa connaissance du monde... Un monde que le lecteur reconnaîtra comme un reflet étrangement déformé de son propre univers : le Canada est presqu'entièrement anglophone, ne reste de francophone que l'Enclave, minuscule république autonome enfermée au sein de Montréal. Au Sud, trois Etats dont la Louisiane. Au Nord... Ah, le Nord... Secret, interdiction d'en parler dans l'Enclave : le Royaume du Nord est inaccessible, il s'est coupé du reste du monde, derrière une barrière presque magique. Le Nord qui envoie dans le reste du Canada des espions, des terroristes, prônant une étrange religion, bien différente de l'habituel Christianisme (enfin, « habituel »... Les églises s'opposent sur la nature divine du Christ, et sur la présence d'une enfante, sœur jumelle de Jésus...).
     Catherine se débat avec le malaise qui l'envahit, avec les connaissances qu'elle devrait normalement avoir et qui lui échappent, à moitié effacées. Elle se débat aussi avec certaines étrangetés (à ses yeux) de cet univers qu'elle ne reconnait plus tout à fait — une psychologue qui n'a jamais entendu parler de psychiatrie, des canaux dans un Montréal gelé, des « visions » que tous les monde semble trouver naturelles, une répression d'Etat de plus en plus insupportable... Et puis il y a cette jeune fille qui la contacte — agent du Nord ? Et cette petite fille qui apparaît, disparaît... toujours la même, mais vieillissant lentement. Catherine finira par fuir l'Enclave, pour rentre d'abord visite à des amis de Québec, puis pour passer dans le Royaume du Nord. Et de là continuer à avancer, à progresser vers le Nord, pour comprendre, pour saisir la vérité, trouver les réponses qui lui échappent sans cesse...

     Fascinant roman que celui que vient de publier Elisabeth Vonarburg. Fascinant, original, et — c'était ce qui me faisait le plus peur, à mesure que j'avançais dans le livre — parfaitement cohérent et satisfant jusqu'à sa conclusion ! Les questions s'accumulent, les interrogations et les réponses partielles, voire contradictoires, se croisent, et la curiosité du lecteur est toujours soutenue. Impeccable suspence, impeccable construction narrative. On ne peux que constater, une fois de plus, que Vonarburg est un(e) écrivain(e) de très grande qualité !

     A noter que ce roman s'inscrit chez l'éditeur Québec/Amérique dans une nouvelle collection, « Sextant », au format poche, consacrée aux « littératures de genre » (est paru en même temps que le Vonarburg, un roman fantastique de Joël Champetier, La mémoire du lac, et sont notamment annoncés des romans de Jean-Pierre April et Francine Pelletier). C'est une fausse bonne-idée, à mon avis : il était beaucoup plus satisfaisant d'avoir de grands et beaux livres (alors que ce poche a une maquette pas terrible et des pages trop rigides, on est obligé d'abîmer le dos en le lisant), non repérés « SF », que de les enfermer dans un nouveau ghetto. Par ailleurs, je m'étonne que cet éditeur québécois prenne tous les droits pour la francophonie de ce qu'il publie, alors même qu'il n'a jamais fait l'effort d'être distribué en Europe ! De ce fait, les ouvrages publiés chez Québec/Amérique ne seront jamais vendus en France, et leurs auteurs ne peuvent les proposer à des éditeurs français, nous privant ainsi de leur lecture... Dommage, pour tous le monde.

André-François RUAUD (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/4/1994 Yellow Submarine 109
Mise en ligne le : 3/3/2004

Prix obtenus
Aurora (anciennement Casper), Roman français, 1996


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