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Polar

ANTHOLOGIE

Textes réunis par SIRE CÉDRIC


Illustration de Aleksi BRICLOT

OXYMORE (Montpellier, France), coll. Emblèmes n° 12
Dépôt légal : mars 2004, Achevé d'imprimer : mars 2004
Première édition
Anthologie, 160 pages, catégorie / prix : 10,80 €
ISBN : 2-913939-36-8
Format : 15,5 x 20,0 cm
Genre : Fantastique



Quatrième de couverture
     Crimes mystérieux... détectives marginaux... la Littérature Policière, c'est bien connu, est un noir reflet de notre civilisation urbaine, de nos propres fantômes. Et nous portons, en chacun de nous, une part du détective et du criminel à la fois. Mais que se passe-t-il quand l'enquête bascule dans le surnaturel ? Quand les genres littéraires se percutent et se fondent, que la réalité se fait hybride ? Quand la folie — qui se cache, elle aussi, en chacun de nous — devient soudain réelle, revêtant le visage de nos cauchemars ? Vous êtes-vous déjà demandé comment se déroule une enquête chez les dieux ? Ou comment traquer un tueur qui n'est pas humain ? Polar et Fantastique, un cocktail détonant, par les incontournables en la matière : Edgar A. Poe, Léa Silhol, Elizabeth Ebory, Robert Weinberg, Armand Cabasson, Merlin Gaunt,Gary A. Braunbeck. Avec des enquêtes détaillées sur les métissages littéraires, par deux des meilleurs spécialistes : Stéphane Nicot et François Manson. Photographies des pièces à conviction par Aleksi Briclot.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - SIRE CÉDRIC, Coupable, pages 7 à 9, introduction
2 - (non mentionné), Les Maîtres de cérémonie, pages 12 à 12, dictionnaire d'auteurs
3 - Edgar Allan POE, Le Chevalier Dupin (extrait de Double assassinat dans la rue Morgue) (A tale of the Ragged Mountains /, 1844) , pages 15 à 20, nouvelle, trad. Charles BAUDELAIRE
4 - Léa SILHOL, La Ballade des Égarés, pages 21 à 46, nouvelle
5 - Robert WEINBERG, L'Église des Âmes Perdues (The Church of Lost Souls) , pages 47 à 60, nouvelle, trad. SIRE CÉDRIC
6 - Elisabeth EBORY, Ce que le Temps a jugé, pages 61 à 74, nouvelle
7 - Armand CABASSON, Vide Intérieur, pages 75 à 84, nouvelle
8 - Merlin GAUNT, 1888, pages 85 à 105, nouvelle
9 - Gary A. BRAUNBECK, Les Dépouilles abandonnées des Hommes sans Sépulture (The Friendless Bodies of Unburied Men, 1996) , pages 106 à 132, nouvelle, trad. SIRE CÉDRIC
10 - Stéphanie NICOT, Du noir dans l'Imaginaire, pages 135 à 143, article
Critiques
     Pour sa première anthologie, Sire Cédric plonge dans l'univers le plus noir : celui du polar. Si la démarche d'allier fantastique (ou science-fiction) et policier n'est pas nouvelle, rarement elle aura donné un résultat aussi fort, aussi dérangeant. La présentation ne manque pas d'originalité — chaque auteur étant fiché comme un prévenu, avec un choix de police de caractères façon Remington — , et les illustrations photographiques plongent d'emblée le lecteur dans l'univers du polar hollywoodien, des années 50 à nos jours ; bref, cet Emblèmes peu ordinaire s'avère l'un des meilleurs de la collection.

     Si au début Sire Cédric sacrifie à la tradition en proposant un texte classique, ici un extrait de Double Assassinat dans la rue Morgue d'Edgar Poe, traduit par Baudelaire, bien vite il s'affranchit de toute règle. Les textes qui suivent sont variés, mais tous demeurent dans le domaine du thriller plus que du polar à énigmes. Si l'on se demande qui est le coupable, c'est vaguement, de façon superficielle, tant on est pris par la noirceur des atmosphères et, osons le dire, par le tragique des intrigues.

     La nouvelle de Léa Silhol, La Ballade des Egarés, est l'une des plus émouvantes de son cycle des fay. Elle place d'emblée le recueil dans le registre de l'émotion, de la colère et du cri de révolte. Après elle, Robert Weinberg dans son Eglise des Âmes Perdues, et, plus loin, Vide Intérieur, d'Armand Cabasson, dessinent à grands traits de sanguine un portrait de l'Amérique qui fait peur, celle des armes, des fanatiques, des shérifs et des privés. D'autres explorent quant à eux les figures archétypales des dieux nordiques, comme Elisabeth Ebory (Ce que le temps a jugé) ou de Jack l'Eventreur que dans 1888, Merlin Gaunt réveille ou re-crée pour un jeu vidéo, dans un futur inquiétant et sauvage. Enfin, Gary Braunbeck conclut l'anthologie avec la nouvelle la plus terrible : Les Dépouilles abandonnées des Hommes sans sépulture. Ce texte, comme les autres, met en scène une enquête mais celle-ci est prétexte, comme souvent avec cet auteur, à dénoncer les vices les plus horribles de l'espèce humaine.

     Stéphane Nicot et François Manson se chargent de la partie analytique, le premier pour une brève histoire des genres et le second pour une bibliographie qui séduira tous ceux qui veulent approfondir le mélange fantastico-polar. Un rappel : si pour aborder certains livres il est conseillé de se munir d'une boîte de Kleenex, ici, mieux vaut prévoir quelque chose à mordre, ou encore un punching-ball, tant cette lecture vous met la haine au fond des tripes.

Lucie CHENU
Première parution : 13/2/2005 nooSFere


     L'hybridation entre les genres, notamment des littératures générales avec l'imaginaire, est un thème récurrent ; et si la « Grande Réconciliation » se fait toujours attendre, des ouvrages de plus en plus nombreux s'essayent à ce mariage. Sire Cédric nous livre donc un douzième opus d'Emblèmes au confluent des littératures non-mimétiques et du « mauvais genre » le plus cher au grand public : le roman noir. La partie fiction de cet Emblèmes est d'excellente tenue. On retiendra tout d'abord une Léa Silhol en grande forme avec La ballade des égarés ; l'auteur exploite parfaitement les thématiques ouvertes par la fantasy urbaine. On n'est pas près d'oublier non plus Les dépouilles abandonnées des hommes sans sépulture de Gary A. Braunbeck. Un texte violent, dérangeant, qui plonge tête baissée dans la folie, sans complaisance aucune. Mais pour peu que l'on ait le cœur bien accroché et une solide santé mentale, il est impossible de lâcher cette nouvelle à la fois terrifiante et profondément fascinante. À eux seuls, ces deux textes justifieraient déjà l'achat de cet Emblèmes ; mais le reste promet également de très bons moments de lecture. On pardonnera les petites longueurs du 1888 de Merlin Gaunt (probablement le seul texte de pure SF dans ce volume) en raison de l'atmosphère, totalement envoûtante, de son Londres futur en pleine déliquescence ; quant à Armand Cabasson et à Robert Weinberg, si tous deux adoptent des approches classiques du fantastique, ils maîtrisent leurs récits : cela fonctionne. En revanche, quelques légers regrets sur Ce que le temps a jugé d'Elisabeth Ebory : l'inspiration des mythologies Scandinaves y est peut-être un peu trop dense pour un néophyte, d'autant que les enjeux psychologiques de la mort de Hod et Balder, fils d'Odin, sont à peine effleurés.

     En fin de volume, le guide de lecture proposé par François Manson fournira de nombreuses références à celui qui voudra aller plus loin ; et l'essai de Stéphane Nicot propose quelques pistes d'analyse sur le métissage des genres (peut-être pas assez ? La profusion d'exemples y nuit au discours de fond — mais dans ce paysage littéraire en évolution rapide, rédiger un discours de fond tenait peut-être de la gageure !). On l'aura compris, cet Emblèmes est une excellente cuvée, où la SF est cependant sous-représentée. Mais l'objectif était surtout ici de proposer un jumelage entre policier et fantastique. Voilà qui est réussi, avec brio.

Lionel DAVOUST (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/6/2004 dans Galaxies 33
Mise en ligne le : 20/12/2008

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Murders in the Rue Morgue (The) , 1914, Robert Goodman (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue), (Film Muet)
Double assassinat dans la rue Morgue , 1932, Robert Florey (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue)
Le Fantôme de la rue Morgue , 1954, Roy Del Ruth (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue)
Murders in the Rue Morgue , 1971, Gordon Hessler (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue)
Le Double assassinat de la rue Morgue , 1973, Jacques Nahum (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue), (Téléfilm)
Les Tueurs de la Rue Morgue , 1986, Jeannot Szwarc (d'après le texte : Double assassinat dans la rue Morgue), (Téléfilm)

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