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Le Cadavre du Jeune Homme dans les Fleurs Rouges

Jérôme LEROY

Première parution : Monaco : Éditions du Rocher, Novella SF, octobre 2004


Illustration de Jacques MONORY

Le ROCHER (Monaco, Monaco), coll. novella SF n° (2)
Dépôt légal : octobre 2004, Achevé d'imprimer : octobre 2004
Nouvelle, 112 pages, catégorie / prix : 11,90 €
ISBN : 2-268-05258-3
Format : 11,4 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Dans un futur proche, où le contrôle policier de la population et une guerre civile larvée entre riches et exclus le disputent aux catastrophes écologiques à répétition, un professeur de littérature est invité par un ami d'enfance, devenu un de ces seigneurs de l'hyperclasse capitaliste, à une garden-party dans sa ville natale. Ce retour vers l'enfance dans un monde où la nostalgie est un luxe démodé est l'occasion de dresser le portrait au vitriol d'une société en phase terminale. Sans compter que cette invitation où le professeur naïf retrouve un amour de jeunesse cache peut-être bien une « manip » machiavélique pour décapiter la rébellion qui gagne les faubourgs surchauffés par l'effet de serre...
 
     Né en 1964 à Rouen, Jérôme Leroy publie depuis quelques années des romans et des nouvelles où se mêlent le noir, le fantastique et l'anticipation. On signalera notamment Monnaie bleue (éditions du Rocher, 1997), Big Sister (Librio, 2001), Bref rapport sur une fugitive beauté et La Grâce efficace (Les Belles Lettres/Le Cabinet noir, 2002-2003), et récemment Quelque chose de merveilleux (éditions du Rocher, 2004). Jérôme Leroy reconnaît par ailleurs avoir abusé de la lecture de George Orwell, Philip K. Dick et J. G. Ballard.
 
    Critiques    
[Cette chronique porte sur les deux premiers titres de la collection novella SF.
La partie du texte portant spécifiquement sur l'autre titre n'est pas reproduite ici.]

     Dans une période de crise, où crèvent des collections, on se réjouira d'en voir poindre une nouvelle, et qui clame son attachement à la SF. Les couvertures sont assez peu explicites mais leur fond jaune vif se voit de loin et fait fortement ressortir les noms des auteurs. Pour le reste, c'est format poche, inédit, francophone, et voué à la novella, distance parfaite pour le genre mais trop brève pour le volume ordinaire et souvent trop longue pour les revues.
     [...]
     Jérôme Leroy, lui, explore un futur proche, fort peu avenant — celui qui a conduit au cataclysme sus évoqué. Ceux qui connaissent déjà ses textes et n'ont pas aimé pourront passer leur chemin, mais les autres auront ici une excellente occasion soit de le découvrir, soit de le retrouver avec le plus grand plaisir, qu'ils partagent ou non ses craintes et ses colères (on signalera aussi la réédition de Big Sister, chez 1001 nuits). Ceci même si (ou parce que) ce qu'il décrit est peu réjouissant : effet de serre, pollution, surmédicamentalisation, puritanismes, tendance à exclure la sexualité autre que virtuelle, déglingue, apartheid social séparant les territoires des Inclus et des Outers, avec guerres civiles à la clé dans des « eurorégions » où libéralisme économique et répression militaire font fort bon ménage. Et au milieu, fossile d'un temps révolu et porte-parole de l'auteur, on suit un enseignant en littérature, en fac après un sacerdoce désespéré dans des lycées sponsorisés-privatisés, cultivant une sensualité non refoulée ainsi que la nostalgie pour les livres, pour des auteurs parfois peu recommandables mais formidablement talentueux, Chardonne, Larbaud ou Morand, et surtout englué dans ses souvenirs, pris aussi dans les engrenages de l'histoire... Tout cela est sombre, désespéré, reprend et concentre des éléments déjà présents par exemple dans Bref rapport sur une très fugitive beauté, paru aux Belles Lettres en 2002, mais avec une densité, une efficacité telles qu'on n'a jamais de sentiment de redite, et qu'on se prend à cette chronique d'une catastrophe annoncée, aussi prévisible, aussi évidente que l'autorise un suspense maintenu jusqu'au bout du récit. Et au-delà même de l'histoire, un nom de personnage rappelle l'ombre d'André Hardellet, immense écrivain oublié, fasciné par le temps, les souvenirs et l'irrémédiable perte du passé.

     Faut-il mettre les points sur les i ? Dire qu'il y a plus de choses dans chacun de ces deux courts volumes que dans maintes tétralogies tératologiques ou autres préquelles ? Qu'il faut les acheter ? Que cette collection est ces temps-ci une des très rares bonnes nouvelles nous arrivant du monde de l'édition ? Qu'elle mérite, plus que de l'attention, un succès assurant sa pérennité, pour les auteurs et pour les lecteurs ? C'est dit. Donc, à vous de chercher le jaune fluo dans votre librairie.

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/12/2004 dans Galaxies 35
Mise en ligne le : 7/1/2009


 
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