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Les Trois crapules du Klahgann

Alexis P. NEVIL

Cycle : Les Derniers Ascendants vol. 1 


Illustration de Daniel CAPPARELLI

EONS , coll. Ailleurs n° 26
Dépôt légal : décembre 2004
Première édition
Roman, 126 pages, catégorie / prix : 9,40 €
ISBN : 2-7544-0154-7
Genre : Fantasy

Existe aussi sous forme de livre électronique, avec deux ISBN selon le format : 2-7544-0146-6 pour Adobe Acrobat, 2-7544-0148-2 pour MobiPocket.



Quatrième de couverture
     Alexis Nevil est son véritable nom, bien sûr. Vous vous en seriez doutés. Mais il travaille aussi, sous un pseudonyme gracieusement fourni par l'Etat Civil, en tant que guide à l'Office du Tourisme de Lyon.
     Il est maître de Japonais — ce qui ne veut pas dire qu'il le maîtrise ; et il est « licencié » en Histoire — ce qui ne veut pas dire qu'il s'est fait virer !
     Vous pouvez lire ses nouvelles, publiées chaque trimestre dans la revue Faëries...Le cycle de la Source des Errances, et son bestiaire imaginaire.
     Les Trois Crapules développent et approfondissent le même monde, grouillant de vie, des J'Ninn, des Gnom'r, et des Ascendants.

     Convoitée par le J'Ninn Rha-Ghensh le terrible et ses six-cents barbares, la Source d'Abondance, tombée des cieux, selon la légende, trône au sein des méandres de lave noircie du Klahgann, au coeur du Grand Rift.
     Mais, piloté par l'Ascendant Od-Go, un golem venu de NinnSh'ki Gennsen sème mort et panique parmi les envahisseurs.
     Cependant, le nouveau venu est-il là pour défendre la Source d'Abondance, ou pour des desseins plus personnels ?
     La courtisanne Languelame en sait long, elle qui n'est pas ce qu'elle laisse croire à ses maîtres.

     Markus Leicht : Le gnok
     Lorsqu'elle laissa les Grammans s'installer dans l'appentis au fond du jardin, au début du mois d'avril, Tante Adèle se doutait bien que cela finirait par lui attirer des ennuis.
Sommaire
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1 - Markus LEICHT, Le Gnok, pages 113 à 120, nouvelle
Critiques
     A défaut d'une véritable demande populaire, il y a dans la création quasi simultanée des éditions Eons et Rivière Blanche une coïncidence aussi amusante qu'intéressante, bien qu'un peu dérisoire. Le paradoxe, en revanche, est de taille : autrefois, la collection « Anticipation » du Fleuve Noir était synonyme de littérature populaire et donc de tirages et de ventes énormes, avec distribution dans tous les kiosques de gare. De nos jours, deux groupes d'amateurs différents créent des micro maisons d'édition dédiées à la publication « on line » de textes relevant plus ou moins ouvertement de la tradition du Fleuve Noir « Anticipation », c'est-à-dire des textes de S-F d'aventure, sans prétention stylistique ni thématique, aux modes narratifs datant des années cinquante — mais comme entre-temps le public pour ce type de récits a diminué jusqu'à la mort d' « Anticipation », voici que ce qui était dans le temps une littérature populaire aux ventes imposantes n'est plus aujourd'hui que la distraction d'une poignée de fans nostalgiques.

     Autant Rivière Blanche annonce-t-elle clairement son ciblage, avec maquette et même nom d'éditeur en parodie du Fleuve Noir « Anticipation », autant Eons semble élargir sa démarche passéiste à toute une époque de la réception de la S-F en France, celle non seulement d' « Anticipation » mais aussi, par exemple, des « Galaxies-Bis » de chez Opta, dont ils reprennent quelques titres et dont ils adoptent, étrangement, l'idée la plus stupide : l'ajout en fin de volume d'une nouvelle n'ayant aucun rapport avec le texte principal, par un auteur différent (ici, une insignifiante pochade de Markus Leicht).

     Faut-il parler de la couverture du présent roman ? Plutôt que de vilipender la pauvreté typographique, la fabrication piteuse, les couleurs fluo et l'illustration criarde, mieux vaudra ne considérer que le texte.

     Premier roman d'Alexis Nevil, Les Trois crapules du Klahgann se situe sur la même planète exotique que son feuilleton de la revue Faeries, et exige par conséquent du lecteur les mêmes contorsions de patronymes et toponymes. J'Ninn, Drhuïnn, Rha-Ghensh, NinnSh'ki Gennsen et autres Ghrôen sont parmi ces noms dans lesquels la langue s'empêtre, dans la grande tradition de la science-fiction « pulp » et des titres à la Zwuls de Réhan du Fleuve Noir « Anticipation ». L'intrigue, quant à elle, mêle horde barbare, paysages désertiques, vaisseau spatial planté dans la roche, moines timorés et ignares, courtisane retorse, golem impitoyable et savant magouilleur se faisant passer pour un demi-dieu. Le rythme est soutenu, le récit plaisant et astucieux, le style de très bonne tenue (ce qui démarque déjà ce court roman de ses sources d'inspiration, tant d'ordinaire la littérature populaire sauce FNA n'offrait que syntaxe scolaire, vocabulaire réduit et décor de synopsis). Rédigé vers la fin des années 1950, un tel texte n'aurait pas dépareillé. Mais écrit de nos jours, on le qualifiera de kitsch ou de ringard selon que l'on sera indulgent ou exigeant. Une chose est certaine : n'étant imprimé qu'à la demande, c'est un ouvrage que nous ne pourrons pas qualifier de « livre de trop » comme il y en a tant — il n'encombrera pas les étalages des librairies mais satisfera simplement un lectorat spécifique, demandeur d'une « S-F à papa » purement distrayante.

André-François RUAUD (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/4/2005 dans Bifrost 38
Mise en ligne le : 5/8/2006


     Il y a quelques mois, nooSFere annonçait sur sa page d'accueil la naissance d'un nouvel éditeur lyonnais : Eons. Depuis l'heureux événement, une trentaine d'ebooks et une douzaine de livres papier ont vu le jour. On y trouve aussi bien des grands noms historiques de la Science-Fiction, comme A.E. Van Vogt ou Jules Verne, que des auteurs contemporains comme Claude Ecken ou Pierre Gévart. Chaque roman est suivi d'une nouvelle (voire deux) d'un auteur différent, ce qui est un ingénieux moyen de faire découvrir plusieurs auteurs pour le prix d'un ! Vous pouvez vous procurer ces recueils sur le site www.eons.fr. Nous préfèrerions de meilleures illustrations en couverture, mais le lecteur ne s'arrêtera pas à ce détail fréquent dans les collections de SF, dont la tendance est encore trop souvent de le traiter en adolescent prolongé...
     Mais venons-en au sujet principal : Les trois crapules du Klahgann est le premier roman d'un nouvel auteur français de qualité : Alexis Nevil.

     Cette novela d'une centaine de pages conte une histoire qui se déroule dans le monde que les fans de la revue Faëries connaissent déjà. On y retrouve les J'Ninn, les Gnom'r et les Ascendants. Si les deux premiers sont des peuples assez peu développés, le dernier maîtrise des technologies avancées qui resteront aussi mystérieuses qu'époustouflantes. Dans le camp des J'Ninn, la courtisane Languelame manipule les chefs pour les dresser les uns contre les autres selon ses buts secrets. Dans la communauté des moines, c'est Kodahina, une jeune femme, qui est la plus attachante. C'est à travers ses yeux que nous observons l'attaque par les barbares de la Source d'Abondance, ville abandonnée des Ascendants. L'un d'entre eux, Od-Go, ne tarde pas à y revenir. Kodahina tentera de se lier d'amitié avec lui, mais Od-Go a ses propres intentions...

     Des nombreuses caractéristiques de la planète, très peu seront dévoilées. En fait, l'auteur écrit dans un style qu'il qualifie lui-même de minimaliste et qui laisse donc peu de place aux détails. Les amateurs d'éléments historiques, géographiques, politiques, zoologiques, sociologiques etc. en seront pour leurs frais. Nul doute aussi que bien des personnages, potentiellement intéressants, gagneraient à être dépeints avec plus de précision. Nous n'apprenons rien sur leur passé, leurs motivations, leurs rêves, leur vie quotidienne. On peut donc regretter que l'auteur ait choisi de traiter dans une forme si courte un sujet qui lui fournissait la matière d'un véritable roman.
     Néanmoins, cette brièveté ne nuit pas à la cohérence générale, ni à l'ultime dessein de l'auteur. La dimension réelle de l'ouvrage n'est en effet vraiment révélée qu'à la lecture de la dernière phrase !

     Un premier roman riche et complexe par ses suggestions, mais simple et dépouillé par sa forme. A. Nevil atteint son but de façon efficace, mais oublie de développer une quantité d'éléments divers qui rendraient son monde imaginaire plus vivant et plus attachant. Cela laisse un peu le lecteur sur sa faim. L'intérêt du roman par rapport à la nouvelle n'est donc pas vraiment exploité. On peut gager que la sensibilité et le talent de ce jeune écrivain s'exprimeront de façon plus convaincante dans de prochaines aventures que nous attendons avec curiosité.

     La nouvelle de Markus Leicht qui suit contraste sensiblement avec le texte de Nevil, car cette fois nous avons affaire à un auteur expérimenté qui sait tirer plusieurs pages d'une toute petite idée amusante. Un court mais bien agréable bonus !

Antoine ESCUDIER (lui écrire)
Première parution : 7/3/2005 nooSFere

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