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Furies Déchaînées

Richard MORGAN

Titre original : Woken Furies, 2005
Première parution : Gollancz, 2005
Cycle : Takeshi Kovacs  vol. 3

Traduction de Cédric PERDEREAU
Illustration de Sarry LONG

BRAGELONNE (Paris, France)
Dépôt légal : avril 2005
Première édition
Roman, 480 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 2-915549-23-0
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     « Il ne manque que les images. »
Philippe Curval, le Magazine Littéraire

     « A lire sous peine de louper l'un des auteurs les plus inspirés du moment... »
Raphaël Lucas, Fantastic Report

     « Brillant. »
Jacques Baudou, Le Monde

     Takeshi Kovacs rentre chez lui...
     ...sur Harlan, la planète océan. Ses 5 % de terres émergées. Ses mers dangereuses et imprévisibles. Ses plateformes martiennes, qui détruisent tout ce qui vole si c'est plus évolué qu'un hélicoptère.
     Harlan. Sa révolution quelliste évanouie. Visitez les plages tropicales, les marais de Kossuth ! Ne manquez pas les ruines de New Hokkaido envahies de machines ! Harlan, prise dans les tirs croisés des Premières Familles, des corpos et des Yakuza. Embarqué dans une croisade implacable pour venger un amour perdu, Kovacs dérive dans un ouragan d'intrigues politiques et de mystères technologiques tandis que les fantômes d'Harlan et son propre passé de violence se rappellent à lui. Quellcrist Falconer serait revenue d'entre les morts. Et cette fois, les Premières Familles ont envoyé à ses trousses un jeune Diplo nommé... Kovacs, en hibernation depuis deux cents ans, qui ne compte pas partager sa nouvelle existence avec un sosie criminel sur le retour.
     Dans ce chaos, une chose est sûre : un certain Takeshi Kovacs va devoir mourir. Pour de bon.

     Richard Morgan a connu d'emblée un tel succès qu'il a quitté son poste à l'université de Strathclyde (GB). Furies Déchaînées est le troisième roman mettant en scène son héros Takeshi Kovacs, créé pour Carbone modifié, optionné dès sa sortie par Joël Silver (producteur de Piège de Cristal, L'arme Fatale et Matrix), qui l'adapte actuellement pour la Warner. La fusion parfaite du Space Opera et du polar décapant.
Critiques
     Furies déchaînées est le troisième roman d'une série qui met en scène les aventures de Takeshi Kovacs, dans un futur où la Terre a colonisé bon nombre de mondes sous l'égide du Protectorat des Nations Unies. Les Corps Diplomatiques ou « Diplos » sont le bras armé du Protectorat qui les envoie « pacifier » les mondes un peu trop turbulents et, surtout, aider à maintenir un pouvoir aisément corruptible en place.

     Kovacs est un ex-Diplo qui a raccroché parce qu'il n'y croyait plus. De retour sur Harlan, sa planète natale, il semble n'être plus motivé que par une mission dont il s'est lui-même investi : exterminer tous les adeptes de la Nouvelle Apocalypse, une secte religieuse rétrograde, en particulier dans sa façon de considérer les femmes. Et quand Kovacs a quelqu'un dans le nez, ça ne plaisante pas (page 30) : « Je suis arrivé, j'ai tiré une barbe en arrière et tranché la gorge en dessous, jusqu'à la colonne vertébrale. Écarté le cadavre. Frappé dans le bas du dos, dans la robe, et la lame s'est plantée dans la chair. Tourner et sortir. Le sang a coulé sur ma main (...) Tout ce temps-là, je souriais comme un démon du corail. » Quand on vous dit que c'est un grand romantique... Kovacs a peu de patience et encore moins d'indulgence pour les convictions des autres, ainsi quand il apprend qu'un passager sur le même bateau que lui est un prêtre (page 197) : « Le prêtre, je ne lui ai pas parlé du tout, parce que je ne voulais pas être obligé de cacher son cadavre après coup. » Kovacs est violent, politiquement très incorrect, égoïste et même pas sympathique. Pourquoi lire ses aventures alors ? Ou plutôt comment les lire ? Au premier degré, n'importe quel social-démocrate qui se respecte s'enfuira en courant... et il aura tort ! Au second degré, Furies déchaînées fait le même effet jouissif qu'un bon film d'action dans lequel le héros annihile les méchants au lieu de construire un centre social pour leur venir en aide. Kovacs, l'antihéros dont vous avez honte... après.

     Par ailleurs, l'amateur de SF ne pourra qu'être séduit par l'inventivité et l'imagination de Richard Morgan qui, pour servir de décor aux exploits de Kovacs, a créé un univers dont il est loin d'avoir fait le tour en trois volumes. Un univers où la mort n'existe plus vraiment, grâce aux piles corticales qui contiennent votre conscience et vous permettent de passer dans une nouvelle enveloppe. Une planète, Harlan, que les premiers colons martiens ont abandonné plus de six cents ans auparavant, ne laissant derrière eux qu'une guirlande de stations orbitales qui abattent systématiquement tout ce qui essaie de la quitter par la voie des airs. Et la place manque pour vous parler des déClass, du stritjap, des minmils (coup de chapeau en passant au traducteur pour sa propre inventivité lexicale), etc.

     Un dernier mot : Furies déchaînées se lit très bien indépendamment de Carbone modifié et Anges déchus, mais vous auriez tort de vous en priver. Allez, faites-vous plaisir, vous vous sentirez coupable une autre fois...

Benoît DOMIS (lui écrire)
Première parution : 1/4/2006 dans Galaxies 39
Mise en ligne le : 6/2/2009


     Et de trois. Succès de librairie, cinéma, Takeshi Kovacs semble promis à un bel avenir. D'où l'idée de le réutiliser une troisième fois dans un de ces space opera survoltés dont Richard Morgan a le secret. Autant le savoir de suite, ce troisième volume est aussi le dernier. Tout commence sur Harlan (la planète natale du diplo), tout se termine sur Harlan. Une manière élégante d'en finir avec un personnage encombrant, mais somme toute intéressant et, avouons-le, réjouissant. Car si Richard Morgan ne fait pas exactement dans la dentelle, si ses romans relèvent purement et simplement de la série B la plus classique, il n'en reste pas moins que son style et ses techniques narratives sont remarquablement efficaces. Violence, vitesse, technologies débridées, la recette fonctionne bien, malgré un manque d'humour parfois pesant. C'est un peu la rançon du succès et il faut savoir ce que l'on veut. L'amateur de science-fiction intimiste passera (avec raison) son chemin, mais ceux et celles qui ont été déçu(e)s par la mauvaise trilogie de Mike Resnick Le Faiseur de veuves apprécieront les œuvres de Morgan, ce dernier réussissant à faire ce que l'épuisant Resnick projetait : une série somme toute délirante, extrêmement bien menée et essentiellement divertissante.

     Furies déchaînées reprend exactement les mêmes ingrédients qui composaient les deux précédents volumes (Carbone modifié et Anges déchus — cf. critique in Bifrost n°38). Du polar hard boiled, des éléments science-fictifs archi classiques (les corps « empruntés », le clonage, les flingues de l'espace) pour donner au final un impeccable scénario dont on attend là encore une adaptation cinématographique. Notons en passant que ce côté « calé pour le ciné » est parfois un peu agaçant, mais que le rythme échevelé de l'ensemble compense largement les lourdeurs bien présentes. Takeshi Kovacs est donc de retour sur Harlan, une fois de plus « réincarné » après quelques siècles (ce qui, avouons-le, l'agace). Postulat intéressant : Harlan est une planète océan dans la lignée de celle développée par Neal Asher dans L'Ecorcheur (critiqué dans le Bifrost n°39). Deuxième postulat intéressant : des stations martiennes en orbite annihilent tout objet technologiquement avancé qui dépasse l'altitude de 400 mètres. Troisième postulat intéressant : Takeshi Kovacs va devoir se battre contre... lui-même. Et ce, dans une course poursuite effrénée, les Premières Familles aux trousses et tout un tas de galères invraisemblables qui s'accumulent sur les pauvres épaules du (des ?) diplo. Bref, pour Takeshi Kovacs, c'est tous les jours lundi.

     Si le lecteur ne s'ennuie pas une seconde, il n'en remarquera pas moins que Morgan tente de donner un semblant d'épaisseur à ses personnages, et notamment à celui de Kovacs. Ce face-à-face schizophrène entre un jeune et un vieux diplo pourtant identiques est une trouvaille intéressante, et les détails que livre l'auteur sur l'histoire personnelle de son héros sont suffisamment intelligents pour passer en douceur. Reste que Morgan n'est pas un fin psychologue, et qu'il serait vain d'y chercher une quelconque intelligence de propos. Furies déchaînées est un roman de série B remarquablement bien fait, mais ce n'est pas la peine d'aller chercher plus loin. Ça tombe à pic, on ne lui demandait rien d'autre.

Patrick IMBERT (site web)
Première parution : 1/10/2005 dans Bifrost 40
Mise en ligne le : 18/11/2006

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