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Le Secret de l'Empire

Scott WESTERFELD

Titre original : The Killing of Worlds, 2003

Cycle : Succession  vol. 2

Traduction de Guillaume FOURNIER
Illustration de Stephan MARTINIÈRE

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5902
Dépôt légal : janvier 2007, Achevé d'imprimer : décembre 2006
Roman, 448 pages, catégorie / prix : 10
ISBN : 978-2-266-15977-7
Format : 10,7 x 17,7 cm  
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   POCKET, 2008
   in Succession - L'intégrale, 2012

    Quatrième de couverture    
     Le commandant Laurent Zaï a pour mission de détruire le vaisseau rix qui approche la planète Legis. Si les redoutables Rix (mi-femmes, mi-machines) parviennent à contacter Alexandre, la conscience composite qui s'est emparée de la planète, les humains courent un danger mortel et ce, dans les Quatre-vingts Mondes de l'Empire. Car Alexandre connaît désormais tout des humains mais surtout, il détient le secret de l'Empereur et de son immortalité.
 
     Suite et fin du space opera commencé avec Les Légions immortelles. Combats grandioses et destinée vertigineuse pour les humains de l'Empire des Quatre-vingts Mondes. Scott Westerfeld signe une splendide histoire de science-fiction au final flamboyant.
 
     « Dans la tradition des cycles Fondation d'Asimov et Dune de Frank Herbert... un space opéra haut de gamme. »
New York Times
 
    Critiques    
     Lorsque s'est achevé Les Légions immortelles, premier volet du faux diptyque et vrai roman coupé en deux « Succession » (critique dans Bifrost n°42), Laurent Zaï, le commandant de la frégate impériale Lynx, se trouvait en fâcheuse posture. Après avoir successivement échoué dans une mission de libération d'otage — la sœur de l'Empereur, quand même — , refusé le poignard de la faute de sang sanctionnant cet échec et déjoué une mutinerie, l'officier talentueux s'était vu confier une ultime mission en forme de suicide programmé. Dès l'ouverture de ce second volet, nous ne sommes pas confinés longtemps dans une attente insupportable. Tous les avertisseurs dans le rouge, les armes déployées et sa configuration interne refaçonnée, le vaisseau impérial monte à l'assaut du croiseur Rix annoncé à la fin du précédent volume. La mission est claire : détruire l'antenne mise en place par celui-ci et ainsi l'empêcher de capter le secret de l'Empire détenu par la conscience composite qui phagocyte le réseau planétaire de Legis XV.

     Et c'est parti pour 158 pages (sur 440) d'affrontements par drones interposés, d'échanges de tirs avec des armes effrayantes — micro-missiles, canons à gravité, lasers et j'en passe — , d'esquives, d'accélérations gravitiques inhumaines, de joute chevaleresque (si si !), de considérations tactiques, de coups de théâtre, de sang, de décompressions explosives et de psychologie en berne ; le grand folklore habituel du space opera mais narré de manière efficace. En fait, « Succession » est sur ce point l'équivalent littéraire d'un blockbuster chargé à bloc. On en prend plein la tête et on en redemande. Et puis, passé cette première partie éprouvante au rythme resserré, le cadre change. Le récit alterne désormais les scènes dans l'espace autour de Legis XV et celles se déroulant dans la capitale impériale. De même, l'enjeu de l'affrontement se déplace mais cela, on le pressentait déjà dans Les Légions immortelles. L'attention se fixe sur ce fameux secret de l'Empire, pivot de la suprématie de l'empereur et de la stabilité politique et sociale des quatre-vingt mondes humains qu'il gouverne. L'auteur plonge le lecteur au centre des luttes entre factions à la cour impériale en lui faisant épouser la cause du fort empathique sénateur Nara Oxham, par ailleurs amante de Zaï. La tension change de nature et les intrigues politiques, sans être totalement tordues, restent d'autant plus intéressantes que se posent des questions déterminantes pour l'avenir de cette post-humanité.

     « Succession » demeure un concentré jouissif d'action et de sense of wonder, il est tout à fait inutile de le nier. Cependant, le roman fourmille également de nombreuses bonnes idées et on y sent poindre en filigrane ce vertige spéculatif et ces relations troubles et troublantes entre le silicium et la chair que l'on avait perçus dans le chef-d'œuvre — j'assume l'emploi du terme — de l'auteur, L'I.A. et son double (cf. Bifrost n°27). Ainsi la touche Westerfeld opère-t-elle subtilement pour contrer une sortie d'histoire besogneuse à la Alastair Reynolds — je pense au cycle des « Inhibiteurs » en particulier — , ou décevante, façon Ken MacLeod : souvenez-vous du très récent La Veillée de Newton (cf. critique un peu plus haut dans ces pages). Pourtant, ce second volet offre moins de moments d'intimité, comme le permettaient les flash-back contemplatifs du premier. L'heure n'est plus à la flânerie car le cadre et les personnages sont posés. Scott Westerfeld déroule donc son récit sans se perdre dans les méandres filandreux d'une intrigue qui tirerait à la ligne. Tout juste s'autorise-t-il à achever son roman sur une touche romantique — l'amour plus fort que tout — que certains jugeront peut-être too much. Qu'ils se consolent, car le récit aboutit finalement à un dénouement logique que l'on pourrait résumer par la formule de Paul Valery : toutes les civilisations sont mortelles. Fort heureusement, se permettra-t-on d'ajouter.

Laurent LELEU
Première parution : 1/4/2007 dans Bifrost 46
Mise en ligne le : 11/9/2008


     Le Secret de l'Empire se poursuit à l'endroit exact où Les Légions Immortelles nous avaient laissés, en plein climax : le Lynx, mené par le Commandant Zaï, fonce droit vers un croiseur rix avec pour mission (suicide) de détruire l'antenne réceptrice qui permettrait à Alexandre, l'intelligence artificielle implantée par les Rixs sur la planète Legis, de transmettre toutes les informations collectées sur l'Empire (dont le fameux secret du titre) vers d'autres horizons. Malgré ses infimes chances de réussite, Zaï, épaulé par son équipage, va tenter l'impossible.

     À la manière du premier tome, cette suite consacre une bonne partie de son intrigue à une longue scène d'action. Le Commandant Zaï est plus ou moins relégué au second plan puisque Hobbes, son second, prend la majorité des décisions en le cantonnant à un rôle passif, si l'on excepte ses quelques coups de génie qui permettent à son équipage d'échapper au pire. Le maître-pilote Marx, que l'on retrouve avec plaisir, devient également un personnage central de l'intrigue.

     Vous l'aurez deviné, le tout se résume essentiellement à une gigantesque bataille spatiale, certes rondement menée à la façon d'une partie d'échecs aux enjeux considérables, mais peut-être un peu redondante. Heureusement, l'auteur continue à multiplier les points de vue pour mieux rythmer son fil narratif. L'élément le plus intéressant du roman reste l'intelligence artificielle Alexandre, assimilée à une sorte de divinité. En revanche, la révélation du secret de l'Empire promise par le titre fait, quant à elle, un peu office de pétard mouillé. Pour tout dire, le lecteur l'aura sûrement devinée depuis un bon moment (en tout cas, je m'en doutais).

     Ainsi, on retrouve dans cette suite les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans Les Légions Immortelles : un rythme trépidant, des personnages charismatiques et des trouvailles percutantes à chaque page pour ce qui est des atouts, mais aussi une propension à étirer un seul événement sur près de la moitié du roman (dans le premier tome, la prise d'otage, et ici l'affrontement entre le Lynx et la flotte rix) et une propension à abreuver le lecteur de détails techniques. Heureusement, Westerfeld est un conteur hors pair et on lui pardonne ses caprices, dans la mesure où l'on ne s'ennuie pas un instant.

     Certains trouveront le côté « soap » des intrigues multiples un brin décalé (l'officier en second secrètement amoureuse de son commandant, la Rix amoureuse de son otage...) mais, pour ma part, cela fonctionne et octroie un peu de romantisme bienvenu dans ce déferlement de technologie guerrière. Cela dit, les flash-backs relatant l'histoire d'amour entre Zaï et le commandant Nara sont peut-être un brin trop fleur bleue...

     Mais ne boudons pas notre plaisir : cette conclusion s'avère suffisamment spectaculaire, avec ses nombreux retournements de situations, pour offrir un final digne de ce nom à ce space-opera atypique.

Florent M. (lui écrire)
Première parution : 26/7/2010 nooSFere


 
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