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Les Vaines montagnes

Marcel BRION




ALBIN MICHEL (Paris, France)
Dépôt légal : 1985
Première édition
Roman, 274 pages, catégorie / prix : 85 F
ISBN : 2-226-02551-0   



    Quatrième de couverture    
Pas de texte sur la quatrième de couverture.
 
    Critiques    
 
     Ce roman posthume de Marcel Brion met six camarades de collège en situation de parole. Chaque année, dans un lieu différent d'Europe, ils se retrouvent pour se raconter des histoires. Pas très neuf, pourrait-on se dire. Récurremment depuis Boccace ont été écrites de telles suites de récits, structurées autour d'un semblable prétexte narratif : le lieu propice. Ainsi, Marguerite de Navarre fait d'un arrêt dans une abbaye, forcé par des pluies diluviennes, l'occasion des 72 développements moraux de l'Heptameron. Et le jeune Marivaux de La Voiture embourbée use aussi de l'isolement, pour instaurer le jeu d'une histoire unique, mais poursuivie à tour de rôle par chacun des intervenants.
     Brion va plus loin, cependant. Ici, les lieux ne sont pas un décor obligé et importun, le temps des personnages ne doit pas non plus être oublié par le biais de fictions. Une auberge du Tyrol, Salzbourg ou Grenade, ou encore l'île de Torcello, dans la lagune vénitienne, sont savamment choisis pour leur caractère d'enchantement véritable, la charge de mystère dont ils investissent chacun des locuteurs. Dès lors, chaque récit est l'émanation, le prolongement du lieu qui le voit naître. Peut ainsi s'opérer, par un subtil glissement des perceptions, que sert un style parfait, sait ainsi prendre forme une fusion fugace entre rêve et réel. Le miracle d'un désir devenu tangible advient, et échoue à la fois.
     Car l'omniprésence de montagnes enrobées de nuages et couronnées de neige, montagnes bien réelles et cependant inaccessibles, atteste la vanité de la tentative. Pourtant renaît, de cette vanité-même, la passion de poursuivre un chose violemment désirée, qui, à peine aperçue disparaît derrière un rideau d'irréalité. Symbolique à souhait, le conte chinois des Iles bienheureuses, récit final qui ne se clôt sur rien, raconte la traversée des mers vers un pays magique dont on revient bredouille, voyage dont le souvenir fait mourir les enfants et rêver les adultes jusqu'à leur dernier jour. Beaucoup de Marcel Brion est dans ce livre gigogne, inachevé comme l'est un périple au-delà des apparences.

Alain DARTEVELLE
Première parution : 1/7/1986 dans Fiction 376
Mise en ligne le : 7/11/2008


 
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