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World War Z

Max BROOKS

Titre original : World War Z: An Oral History of the Zombie War, 2006
Première parution : Crown, 2006
Traduction de Patrick IMBERT
Illustration de Néjib BELHADJ KACEM

CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Interstices n° (14)
Dépôt légal : mars 2009
Première édition
Roman, 434 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-7021-3973-8
Genre : Science-Fiction

Sous-titré : Une histoire orale de la Guerre des Zombies.


Autres éditions
   LIVRE DE POCHE, 2010, 2012, 2013, 2013, 2013
   in L'Intégrale Z, ORBIT, 2013

Quatrième de couverture
     La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l’ensemble de l’humanité.
     L’auteur, en mission pour l’ONU – ou ce qu’il en reste – et poussé par l’urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’âmes jusqu’aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d’hommes, de femmes, parfois d’enfants, ayant dû faire face à l’horreur ultime. Jamais auparavant nous n’avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l’existence – de la survivance – humaine au cours de ces années maudites.
     Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l’épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu’aux forêts du Nord dans lesquelles – à quel prix ! – nombre d’entre nous ont trouvé refuge, en passant par les États-Unis d’Afrique du Sud où a été élaboré l’odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l’humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l’épidémie.
     Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l’effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière.

     Né en 1972 à New York, Max Brooks est le fils du célèbre Mel Brooks (La folle histoire de l’espace, Frankenstein junior...) et de l’actrice Anne Bancroft. Membre entre 2001 et 2003 de l’équipe créative du « Saturday Night Live », il a également joué dans plusieurs séries télévisées et prêté sa voix à des personnages d’animation (Batman, Justice League). Il vit aujourd’hui à Los Angeles.
Critiques
[Critique commune à World War Z et Le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks]

     Un jour, ils sont apparus, les Z, les Zacks, les rampants, et le monde s'est trouvé plongé dans le chaos. Des hordes de zombies ont envahi les villes, les bourgs et les campagnes, dévorant tout être vivant sur leur passage, contaminant les mordus qui réussissaient à leur échapper. Leur obstination et leur nombre les rendait invulnérables, malgré leur lenteur. La panique causa des dégâts considérables, l'humanité entrevit sa fin, mais la résistance s'organisa et l'épidémie de morts-vivants fut vaincue. Voilà, en gros, ce que relate World War Z d'une façon certes très particulière, mais d'une façon magistrale. Un interviewer mandaté par l'ONU a en effet recueilli à travers le monde les témoignages des survivants, ordonnés de façon à suivre l'évolution de la lutte. Premiers symptômes, La Grande Panique, Retournement de situation, Guerre totale sont quelques-unes des parties de ce saisissant patchwork de tranches de vie qu'on peut considérer comme des nouvelles indépendantes les unes des autres, tour à tour circonstanciées, privilégiant l'information ou au contraire humaines, mettant l'accent sur des situations individuelles tragiques.

     On devine tout le parti que peut tirer Max Brooks d'un tel procédé : chaque narration, par le jeu des questions-réponses, va droit à l'essentiel, apporte un éclairage inédit sur le contexte de la guerre ou délivre une réflexion philosophique inspirée par un vécu particulièrement pénible ou horrifique. Le récit de l'invasion est avant tout prétexte à un instantané du monde et des problèmes qui travaillent l'humanité : le conflit Israélo-palestinien, les politiques martiale ou répressive de la Russie et de la Chine, la misère africaine, les trafics au Brésil, la ségrégation raciale aux USA, l'égoïsme forcené des Occidentaux, tout est présenté là, par flashs brefs mais éloquents, parfois juste à l'aide d'un terme imagé ou d'une expression en vogue. C'est le souci du détail qui confère à ces témoignages la précision documentaire d'une rare authenticité, encore rehaussée par celle du langage, qui restitue la personnalité en un clin d'œil. Ainsi, pour un ex futur martyr de la bande de Gaza est-il difficile de croire à la politique de la main tendue d'Israël accueillant les Palestiniens dans des camps protégés, alors qu'une ressortissante russe, contrainte de désigner les soldats à exécuter en guise de punition collective, en vient presque à préférer, à la responsabilité individuelle que suppose la démocratie, la liberté que laisse un gouvernement autoritaire, celle qui lui permet de se dédouaner en disant que tels étaient les ordres.

     La multiplicité des réactions offre par ailleurs une impressionnante collection de faits divers, touchants ou sordides, cyniques ou empreints de colère ; c'est ici la variété des situations qui fait la richesse des épisodes, réactions de panique suicidaires comme ces fuyards si serrés dans les embouteillages qu'ils ne peuvent sortir des véhicules assaillis par les Z, retour à l'individualisme forcené et à la sauvagerie comme cette famille canadienne se réfugiant dans les régions polaires où les zombies sont assurés de geler, abandonnant sans sourciller sur les routes toute personne un tant soit peu suspecte, envisageant de consommer sa progéniture devant la dégradation de leurs conditions de vie, pitoyables lâchetés ici et intolérable opportunisme là, quand un malin ayant compris que la peur fait vendre écoule des pilules censées protéger de la contagion.

     Des témoins ayant participé à la guerre de façon active ne manquent pas de fustiger les réactions imbéciles de l'armée qui n'a pas su s'adapter à l'ennemi ni compris assez vite qu'il fallait frapper à la tête au lieu d'éparpiller l'ennemi avec un obus, les criminelles hésitations des politiques et les abjectes mais nécessaires décisions des deux face à l'inéluctable. L'effondrement de la civilisation est aussi l'occasion de méditer sur sa fragilité et de constater les saisissants renversements de valeur qu'il provoque : les employés occupant des postes de dirigeants ou de commerciaux se révélant inutiles n'ont d'autre choix que de se mettre au service des métiers manuels ou agricoles essentiels à la survie. Bref, cet ouvrage, par sa densité et sa richesse extraordinaires, par la pertinence de ses propos qui en reviennent vite aux valeurs fondamentales, est à lire de toute urgence.

     [...] 1

     Fils de Mel Brooks et de l'actrice Anne Bancroft, Max Brooks surfe intelligemment sur la vague de zombies à nouveau très à la mode actuellement et surpasse d'emblée, avec son World War Z, la cohorte qui le précède. 2

Notes :

1. La partie de cette recension qui porte sur Le Guide de survie en territoire zombie n'est pas reproduite ici. [note de nooSFere]
2. Un potentiel bien compris par le cinéma, World War Z étant en cours d'adaptation sous la houlette du réalisateur allemand Marc Forster [NDRC]

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/4/2009 dans Bifrost 54
Mise en ligne le : 10/10/2010


     Coup double pour la collection Interstices chez Calmann-Lévy, avec la parution simultanée de deux livres de Max Brooks, Guide de survie en territoire zombie, et World War Z. Ces deux ouvrages traitant de zombies, on peut même parler de coup triple en y adjoignant la sortie quasi-simultanée de l'essai de Raphaël Colson et Julien Bétan aux Moutons électriques intitulé Zombies !. Cette figure du fantastique et de la science-fiction est en vogue depuis quelques années, avec le retour récent de George Romero, le film 28 jours plus tard de Danny Boyle et sa suite 28 semaines plus tard pour le cinéma, et un roman comme Un horizon de cendres de Jean-Pierre Andrevon. Les exemples ne manquent pas, et les deux livres de Max Brooks (publiés en 2003 et 2006) viennent donc s'ajouter à la liste.
     Max Brooks est le fils de Mel Brooks, le célèbre réalisateur de cinéma un brin iconoclaste, qui revisita naguère nombre de mythes, et connut sans doute sa plus belle réussite avec Frankenstein Junior. Passé par le « Saturday Night Live », le fiston reprend le flambeau familial, et après un Guide de survie très énième degré, reprend le même motif en adoptant un traitement diamétralement opposé.
     World War Z , c'est en effet la Guerre Mondiale contre les zombies racontée a posteriori par nombre de ses protagonistes. Le livre est constitué par une suite d'interviews de personnes ayant été mêlées de près ou de loin au conflit, de ses premiers foyers d'infection en Asie à son embrasement planétaire, et à sa conclusion pas si définitive que ça. Car lorsque le roman débute, les zombies sont encore là, mais beaucoup moins nombreux qu'à une certaine période ; simplement, il n'y a aucun moyen de vérifier que la menace est totalement éradiquée : il peut y avoir des zombies pris par les glaces, ou des Z sous-marins (puisqu'ils sont déjà morts, marcher sous l'eau ne leur pose aucun problème)... La société a été modifiée en profondeur par la guerre ; ce changement nous est narré par petites touches par le narrateur, dans ses petits textes de présentation des interviewés. Mais l'essentiel du livre est bien entendu consacré à cette WWZ, narrée de manière chronologique dans toute son âpreté. Cela commence donc par les premiers mécanismes de propagation, qui tiennent beaucoup de manœuvres illégales, on croise ainsi passeurs et trafiquants de drogue... Impossible de ne pas penser, à la lecture de ces premiers chapitres, aux virus que connaît le monde à l'heure actuelle : Ebola, SRAS... Le roman agit dès lors comme un douloureux écho, et le lecteur entre de plain-pied dans une histoire tragique, comprenant qu'il ne s'agit pas ici de rigoler.
     L’intrigue se déploie alors sur toute la surface de la planète, avec néanmoins une prédilection pour les États-Unis – c’est une constante chez les écrivains et scénaristes américains – même si Max Brooks est loin d’être un imbécile et nous propose une partie intitulée « Autour du monde et ailleurs ». Chaque personne y va de sa petite anecdote, de son histoire personnelle ; bien évidemment, s’ils sont là, les interviewés ont survécu, mais certains en ont gardé des traces indélébiles, comme cet homme célèbre qui ne sait plus qui il est et parle de lui à la troisième personne. Tous s’accordent au moins à dire une chose : c’est que leur vie a été modifiée à jamais par cette irruption. Tous ont perdu famille, amis, collègues... parfois parce qu’ils ont péri engloutis par Zack (le nom générique donné à l’Ennemi), mais aussi parce qu’ils ont été séparés sans espoir de se revoir un jour.
     Bien sûr, les événements sont tragiques, mais la multitude des voix – parmi lesquelles nombre de militaires – permet à Brooks une grande liberté de traitement, entre les désespérés, les blasés, les nostalgiques du temps d’avant la guerre, les volontaristes qui iront toujours de l’avant... Une mosaïque très vivante et contrastée ; certaines histoires auraient d’ailleurs très bien pu être publiées sous la forme de nouvelles, tant elles sont percutantes et bien ficelées.
     Au final, ces bouts d’entretiens nous permettent de dessiner une image en creux du conflit. Qu’importe si parfois on a un peu de mal à comprendre le réel déroulement de WWZ, le propos de l’auteur est bien de nous montrer la guerre dans toute son horreur, et de se livrer à une critique des gouvernements, qui prennent des mesures parfois totalement inadaptés. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de noter que l’auteur, juif, dépeint Israël comme une nation adoptant l’une des meilleures ripostes à la menace... Qu’on soit d’accord ou pas avec ses idées, le roman reste particulièrement dynamique et maîtrisé par Brooks, qui réussit à renouveler le genre, ce qui après ces très nombreux livres, films, BDs, jeux vidéo, etc. était une gageure. Assurément à ne pas manquer.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/3/2009 nooSFere

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, Fantastique (2011)

     Le premier zombie conduisant à la guerre Z apparut en Chine. Contagion rapide et mondiale, l’humanité faillit disparaître et ce n’est qu’au prix d’une lutte longue et acharnée que la menace fut éradiquée. World War Z est une collection de témoignages du monde entier, récupéré pour le compte de l’ONU, décrivant la découverte, la progression et le combat contre ce fléau rampant qu’est l’armée des zombies.

     Suite au succès du guide de survie en territoire zombie, parodie des « survival guides » américains consacrée aux différentes manières de survivre face à une attaque de goules (paru aux mêmes éditions), World War Z prend le lecteur à contre-pied en jouant la carte du récit sérieux et tragique. De la part de Max brooks, ancien du Saturday Night Live et fils de Mel, nous étions en droit de s’attendre à une œuvre humoristique, à une farce horrifique grossière dans la lignée des films de morts-vivants.

     Aussi le caractère réaliste du roman, à cent lieues des clichés zombiesques habituels, est la très bonne surprise de ce récit, avant tout histoire de la propagation d’un fléau et journal de combat contre un ennemi inhabituel. Car si l’on rencontre l’horreur dans ce roman, ce n’est pas la terreur fantastique des morts-vivants, mais plutôt celle de la propagation d’une peste ou du déroulement d’une guerre, mêlée à la bêtise des gouvernements, des militaires et de divers fanatiques.

     Inspiré d’un genre considéré comme mineur ayant généré beaucoup de navets pour peu de réussites, déclinaison romanesque d’une pochade parodique (le guide de survie en territoire zombie), World War Z (qui en passant en poche a perdu son sous-titre « une histoire orale de la Guerre des Zombies ») se révèle être un roman prenant, réaliste et bien mené où les zombies passent rapidement en arrière-plan pour laisser la place au vrai sujet : l’être humain.

René-Marc DOLHEN
Première parution : 8/1/2011
nooSFere

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
World War Z , 2013, Marc Forster

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