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Les Enfants de Húrin

J. R. R. TOLKIEN

Titre original : The Children of Húrin, 2007

Traduction de Delphine MARTIN
Illustration de Alan LEE

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 7004
Dépôt légal : mai 2009
Roman, 288 pages, catégorie / prix : 7
ISBN : 978-2-266-19183-8   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Des milliers d'années avant les événements relatés dans Le Seigneur des Anneaux, la Terre du Milieu est en proie aux luttes entre Morgoth, le premier Seigneur Ténébreux, et les Elfes, alliés aux Hommes. C'est contre Túrin et Niënor, les enfants de Húrin, que Morgoth lance une terrible malédiction, les contraignant à une vie errante, pour se venger du héros qui a osé le défier.
     Túrin, héros humain qui cherche sa place parmi les Elfes et les Hommes dans un monde en guerre, lutte de manière spectaculaire et tragique contre Morgoth, nous faisant découvrir un passé méconnu de la Terre du Milieu.
     On retrouve dans ce magnifique roman le souffle épique si particulier à l'œuvre de celui qu'on appelle désormais le père fondateur de toute la fantasy contemporaine.

    Sommaire    
1 - Christopher TOLKIEN, Préface, pages 11 à 27, préface, trad. Delphine MARTIN
2 - Christopher TOLKIEN, Note sur la prononciation (Note on Pronunciation), pages 29 à 30, notes, trad. Delphine MARTIN
3 - Christopher TOLKIEN, Arbres généalogiques (Genealogies), pages 233 à 238, notes, trad. Delphine MARTIN
4 - Christopher TOLKIEN, Appendices, pages 239 à 260, notes, trad. Delphine MARTIN
5 - Christopher TOLKIEN, Listes des noms apparaissant dans le conte des enfants de Húrin (List of Names), pages 261 à 277, index, trad. Delphine MARTIN

    Prix obtenus    
Imaginales, prix spécial, 2008
 
    Critiques    

            Dans les mois qui précédèrent sa sortie en fanfare, Les Enfants de Húrin sut vraiment attiser la curiosité des amateurs de Tolkien, anciens ou plus récents. Dans le prolongement du succès des longs métrages de Peter Jackson, et contrairement à certaines publications « fragmentaires », ce texte a pour lui de constituer une histoire complète et facile à résumer.

            Si les habitués de Tolkien connaissaient déjà bien les grandes lignes de l’histoire de Túrin et Nienor, résumée dans Le Silmarillion, celle-ci peut se prévaloir d’être immédiatement accessible pour le néophyte : en effet, quoi de plus vendeur qu’une histoire d’amour tragique ? Néanmoins, présenter ce texte de la sorte serait toutefois réducteur. Les Enfants de Húrin, ce n’est pas cela (pas que cela, en tout cas), aux yeux de son créateur, qui entama cette histoire en 1918 sans jamais l’achever. On retrouve dans ce roman complété par Christopher Tolkien le talent de conteur du père de ce dernier dès les premières lignes du récit, ainsi que son goût pour la grande histoire. Les Enfants de Húrin se déroule longtemps avant « Le Seigneur des Anneaux », avant même que les hobbits ne fassent leur apparition en Terre du Milieu. C’est même une légende pour Frodo et les autres. Mais le ton est bien là.

            Le récit se définit aussi par une noirceur nettement plus palpable que dans l’ouvrage le plus connu de l’auteur.

            Certes, à l’image de son ultime chapitre, « Le Seigneur des Anneaux » se révèle loin d’être aussi rieur et positif qu’on peut l’imaginer en se livrant à une lecture superficielle ou en se contentant des films de Peter Jackson. La fausse trilogie contient une mélancolie et une amertume qui accompagnent le lecteur longtemps après avoir laissé Sam Gamegie chez lui, à Cul-de-Sac. Quiconque s’est penché ne serait-ce que sur Le Silmarillion a pu découvrir son lot d’histoires dramatiques et de destins terribles – Feänor, Húrin lui-même… –, souvent bien plus épiques encore que les aventures de la Communauté de l’Anneau. Au Premier Âge, les Dieux arpentent la Terre du Milieu et leur sang coule.

            Ici, la machination du Grand Ver Glaurung, l’amnésie du personnage de Nienor et son ultime décision, se révèlent d’autant plus frappants, car le lecteur a cette fois eu le temps de s’attacher au couple qu’elle forme avec Túrin. Nous ne sommes plus dans la retranscription d’événements passés sous la plume d’un chroniqueur, mais nous vivons cette histoire avec ceux-là même qui en subissent les terribles épreuves (dès le chapitre 2, on se retrouve au cœur de la Bataille des Larmes Innombrables). Si les différents tomes de « L’Histoire de la Terre du Milieu » et, dans un degré moindre, Le Silmarillion, sont souvent présentés comme à réserver à celles et ceux qui veulent vraiment pousser très loin le curseur encyclopédique de leurs connaissances, Les Enfants de Húrin se lit comme un roman plus classique, qui démontre que l’œuvre de Tolkien en dehors du « Seigneur des Anneaux » ne se limite pas à Bilbo, aux Aventures de Tom Bombadil ou aux Lettres du Père Noël.

            Les Enfants de Húrin est avant tout une grande histoire poignante qui nous conduit au cœur du Premier Âge et des légendes du Beleriand, au plus près de certaines figures les plus marquantes créées par Tolkien. Ce roman constitue indéniablement l’une des pièces maîtresses de l’œuvre de J.R.R. Tolkien. Et à choisir, pour le lecteur cherchant à percer les mystères du Premier Âge, c’est une porte d’entrée sans doute plus aisée à franchir que Le Silmarillion.


Emmanuel CHASTELLIÈRE
Première parution : 1/10/2014 dans Bifrost 76
Mise en ligne le : 21/4/2020


 
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