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L'Homme qui s'arrêta. Journaux ultimes

Philippe CURVAL



Illustration de Philippe CURVAL

La VOLTE  n° (16)
Dépôt légal : mai 2009
324 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-917157-07-7   



    Quatrième de couverture    
     Échapper à la disparition finale ou s'y précipiter, telle pourrait être l'obsession commune des personnages mis en scène par Philippe Curval. Ces journaux ultimes traduisent les désirs paradoxaux, les fièvres qui agitent l'individu face à son devenir ou confronté à son passé.

     Peut-on habiter un Picasso ?
     Quelles fins recèle l'étonnante ardeur sexuelle procurée par un mystérieux pénis d'ivoire ?
     Qu'advient-il lorsqu'un foetus s'oppose à sa naissance ?
     Celui qui ose arrêter le temps se prépare-t-il un sort enviable ?

     Dix nouvelles subversives, littéraires en diable, qui prouvent que la mort réserve des surprises à ceux qui tentent de refuser l'inéluctable dénouement.

     Couronnée par les prix Jules Verne (le Ressac de l'Espace], de la Science-Fiction Française (l'Homme à rebours) ou Apollo (Cette chère humanité), son œuvre fait aujourd'hui référence pour la littérature de l'imaginaire. Philippe Curval aura 1000 ans en 2929.

    Sommaire    
1 - Pourquoi ressusciter ?, pages 6 à 29, illustré par Philippe CURVAL
2 - L'Homme qui habitait une chambre de bonne avec un Picasso, pages 30 à 55, illustré par Philippe CURVAL
3 - Le Pénis d'ivoire dans son étui de cuir noir, pages 56 à 97, illustré par Philippe CURVAL
4 - La Mort au goût de chocolat, pages 98 à 132, illustré par Philippe CURVAL
5 - Version originale, pages 134 à 161, illustré par Philippe CURVAL
6 - Lafuma extra strong, pages 162 à 177, illustré par Philippe CURVAL
7 - Temps de la douleur, pages 178 à 195, illustré par Philippe CURVAL
8 - Le Testament d'un enfant mort, pages 196 à 235, illustré par Philippe CURVAL
9 - Journal contaminé, pages 236 à 280, illustré par Philippe CURVAL
10 - L'Homme qui s'arrêta, pages 282 à 318, illustré par Philippe CURVAL
 
    Critiques    
     Philippe Curval est l'un des auteurs les plus exigeants de la science-fiction française. Il était donc naturel qu'il fût publié par la Volte, maison d'édition que l'expérimentation ne gêne pas. Nous sont donc ici proposés dix textes mi-inédits mi-réédités, qui trouvent leur unité dans le sous-titre du livre : « Journaux ultimes ». Toutes les nouvelles sont en effet écrites à la première personne, par des protagonistes sur le point de franchir une faille, que celle-ci permette de passer de la vie à la mort (ou vice versa), de la réalité à un autre monde, qu'il s'agisse de l'intérieur d'un tableau, d'un univers légèrement décalé temporellement ou carrément pas sur la même échelle de temps. Mais le propos de Curval n'est pas tant ici de décrire le passage proprement dit, mais plus les sentiments et les pensées qui habitent les personnages lorsqu'ils l'accomplissent (et qui transparaît d'autant plus avec l'usage de la première personne). Avec un point commun : quel que soit le prix à payer, même s'il passe par la mort, tous n'auront de cesse de multiplier leurs efforts pour se retrouver de l'autre côté et découvrir ce qui s'y trame.
     Ce choix de narration tournée vers les personnages se fait parfois au détriment de la thématique, traitée ici et là avec une certaine désinvolture parfaitement revendiquée ; mais qu'importe : au final les nouvelles fonctionnent bien, et ce ton assez nonchalant confère une identité très claire aux textes, une patte reconnaissable pour qui a lu les recueils précédents de Curval, comme par exemple Rasta solitude. Il peut ainsi aborder indifféremment science-fiction et fantastique, l'élégance du traitement reste la même. Pourtant, cela n'était pas gagné compte tenu de la diversité des sujets abordés : un enfant qui vieillit très rapidement, un homme qui passe de l'autre côté de l'écran, un autre qui ressuscite son père, un troisième confronté à son propre double fantomatique qui le précède de quelques secondes, un réalisateur qui se voit proposé un scénario racontant sa propre vie... Bref, un panaché assez riche de thèmes somme toute classiques revisités avec une touche de surréalisme et un style parfait, habile mélange entre professionnalisme avéré (Curval a du métier, ça se sent) et improvisations littéraires. Si l'on devait dégager de ces textes un fil rouge, ce serait sans conteste le temps, qui passe trop vite ou pas assez, qui s'arrête et repart en arrière.
     Ajoutons pour terminer que ce livre s'orne d'infographies signées de l'artiste-auteur lui-même, ce qui lui confère encore plus – si besoin était – d'identité. L'Homme qui s'arrêta s'avère au final tout bonnement, l'air de ne pas y toucher, l'un des meilleurs recueils de l'année.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 6/9/2009 nooSFere


     Fidèle au défunt groupe Limite, la Volte fait partie des rares maisons d'éditions à jouer véritablement un rôle de prescripteur. Après avoir lancé plusieurs auteurs désormais incontournables dans le paysage francophone (Damasio et Beauverger en tête), l'éditeur se penche sur le cas Philippe Curval — quatre-vingt ans au compteur — dont l'influence se fait toujours sentir en France et dont l'œuvre parle pour elle-même. Si Curval fait partie des rares à publier aussi bien en S-F qu'en blanche, c'est surtout grâce à sa plume brillante, ses idées tordues et sa façon toute personnelle de se frotter au réel. Avec L'Homme qui s'arrêta, recueil de dix nouvelles écrites sur une période de trente ans, la Volte nous donne l'occasion de relire Curval, un Curval intime, dont l'écriture s'axe ici sur le principe du journal. Ces journaux ultimes — comme le signale la couverture — jouent sur le registre du bizarre, du fantastique, de la folie, du rêve et parfois même d'une certaine forme de psychanalyse. Possession, schizophrénie, sexe et violence, Curval ne s'interdit rien et son exploration mentale fourmille d'idées épatantes. Hélas, le traitement strictement littéraire (style, construction et développement) pêche par une certaine désuétude et une façon d'envisager la vie tristement artificielle. Les personnages de Curval ressemblent à s'y méprendre aux illustrations précédant chaque nouvelle : des collages maladroits et peu rigoureux, des perspectives décalquées et, au final, une fausse réalité mal fichue qui dérange plus qu'elle n'intrigue. De fait, les nouvelles alignent leurs fantômes de héros en carton-pâte, animés maladroitement dans un décor en stuc poussiéreux. Du toc, donc, impression désagréable renforcée par les noms, les situations et les dialogues qui frisent parfois le ridicule. Ainsi, quand l'homme est épuisé ou énervé, la femme lui demande abruptement : « as-tu des contrariétés ? » Bref, si la littérature singe le réel, Philippe Curval embarque son lecteur dans un réel voilé et un recueil raté. Raté parce qu'aucun texte n'est crédible, raté parce que tous se révèlent prodigieusement ennuyeux. De « Pourquoi ressusciter ? » (où le narrateur ressuscite son père pour régler ses comptes avec lui) à « Lafuma extra strong » (où un écrivain fatigué lit un étrange manuscrit) en passant par « L'Homme qui habitait une chambre de bonne avec un Picasso » (sorte de descente aux enfers avec carte postale du Mexique), on en vient parfois à se demander si Curval ne se fout tout simplement pas de notre gueule, tant les chutes sont prévisibles dès le départ. Ici, rien n'existe, ni les gens, ni le décor. Même constat pour le très sexuel et très ridicule « Le Pénis d'ivoire dans son étui de cuir noir », texte mettant en scène un homme aux prises avec une ancienne malédiction, et dont l'imbroglio général masque mal le vide. C'est évidemment dommage, dans la mesure où les thèmes abordés par l'auteur restent universels. Curval n'a plus rien à prouver, sans aucun doute, mais ce recueil résonne tristement. Peut-être aurait-il fallu l'oublier, le laisser dormir ou le réserver aux inconditionnels. Les curieux se rabattront sur le très bon Lothar Blues, disponible en « Ailleurs & Demain ».

Patrick IMBERT
Première parution : 1/10/2009 dans Bifrost 56
Mise en ligne le : 8/11/2010


 

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