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Katharsis

OKSANA & Gil PROU



INTERKELTIA , coll. ProjeXion-SF n° (12)
Dépôt légal : avril 2010
Première édition
Roman, 384 pages, catégorie / prix : 16.50 €
ISBN : 978-2-35778-021-7


Quatrième de couverture
     Juillet 2033 : La Terre est désormais surpeuplée et le climat se réchauffe irréversiblement.
     Les tensions sociales s'accroissent et les émeutes de la faim se mêlent aux guerres pour la maîtrise du bien le plus précieux qui soit : l'eau. Brutalement, l'humanité découvre les modalités d'un chantage orchestré par une mystèrieuse organisation écoterroriste : Katharsis. Si ses principales revendications ne sont pas acceptées et validées par l'ONU dans un délai de trois semaines, une sanction terrifiante menacera l'existence même de notre civilisation.
     Nucléaire et tellurique, la nature de cet ultimatum est progressivement révélée. Jusqu'à son issue finale. 18 jours avant l'Apocalypse !

     Star du X depuis 2005, Oksana a poursuivi des études supérieures en Mathématiques.
     Ceinture noire de Judo à 15 ans, elle se passionne pour la cosmologie et la civilisation égyptienne. Ancien dirigeant de la FNAC et licencié en Egyptologie, Gil Prou est féru de philosophie néoplatonicienne et de poésie, tout en étant amateur de Dark Métal. Katharsis est leur second roman.
Critiques
     Il est des associations que l'on devine d'emblée gagnantes. Celle réunissant le duo coupable l'an dernier du navrantissime Cathédrales de brume d'une part, et l'éditeur lauréat aux Razzies 2010 du Grand Master Award d'autre part, avait de quoi faire ricaner le plus débonnaire des observateurs de la science-fiction française. Et devinez quoi...

     Pour leur deuxième roman, en citoyens responsables, Oksana et Gil Prou ont choisi d'écrire un thriller écologique. Une décision somme toute respectable. Sauf que, étant donné la nullité de leur prose, un spectacle de mime ou l'organisation d'un tournoi de pétanque au profit d'une quelconque association de défense de l'environnement eussent sans doute été préférables à ces presque quatre cent pages de prêchi-prêcha illisible.

     L'action débute le 4 juillet 2033, lorsqu'une organisation terroriste, baptisée Katharsis, annonce en grande pompe que, si d'ici dix-huit jours, les principaux gouvernements de la planète n'ont pas pris des mesures drastiques pour mettre un terme à la dégradation de l'écosystème, elle déclenchera l'Apocalypse. Reconnaissons à Oksana et Prou d'avoir su poser les enjeux de leur récit clairement et sans traîner. Le problème est que, jusqu'à expiration de cet ultimatum, soit durant plus de trois cent pages, il ne va à peu près plus rien se passer. Comme il faut bien meubler entre deux communiqués des éco-terroristes, on papote beaucoup, on ne fait même que ça, d'abord sur le sérieux de la menace, puis sur les chances de voir les différents pouvoirs en place céder au chantage, et évidemment sur la dégradation de l'état de la planète depuis ces dernières décennies. Histoire de donner une impression de variété, les auteurs multiplient les intervenants : hommes de la rue, journalistes, gouvernants, blogueurs, sans oublier deux coureurs du Tour de France se lançant dans un débat enflammé en pleine ascension d'un col alpin. Les soupçons de dopage sont permis.

     Comme les propos échangés restent grosso modo toujours les mêmes, on tourne très vite en rond, et lorsque pour la cinquième fois l'un des protagonistes ressasse les mêmes arguments sur les émissions de gaz à effet de serre ou l'extinction de l'espèce humaine, on se met à espérer très fort que les éco-terroristes n'attendront pas la fin du compte à rebours pour mettre leurs menaces à exécution. Peine perdue.

     Tout cela est d'autant plus pénible qu'il s'agit pour l'essentiel de dialogues, technique littéraire que Prou et Oksana maîtrisent encore plus mal que le reste. Leurs personnages s'expriment avec l'aisance et le naturel d'un gamin de cours primaire ânonnant un poème approximatif à la fête de fin d'année de son école. On a donc droit à longueur de pages à d'interminables échanges où l'on se lance à la figure statistiques précises et citations pédantes. Car s'il est bien une chose qu'aime notre duo, c'est de citer à tout va. Pas n'importe qui, évidemment : Erasme ou Pascal, Claudel ou René Char, Heidegger ou Rainer Maria Rilke, ils se gargarisent de sentences définitives avec une affectation qu'on ne rencontre d'ordinaire que chez les plus séniles des Académiciens. On retrouve le même pédantisme à l'œuvre lorsqu'il s'agit de donner un prénom à leurs personnages, lesquels seront baptisés Lysimaque, Mélusine, Euphrosyne ou Istana plutôt que Huguette ou Jeanjean.

     Et à la fin : Boum ! Enfin ! On serait presque tenté de trouver meilleures les trente dernières pages du roman, décrivant la lente agonie de l'humanité. Sauf que c'est toujours écrit à la spatule, et que dans le genre post-apocalyptique on ne prendra même pas la peine de citer les textes des années 60-70 qui ont traité ce sujet de manière bien plus intéressante.

     D'un point de vue écologique, Katharsis part certainement d'un bon sentiment, même si au bout du compte on n'y trouvera rien qui n'ait été traité de manière plus complète et pertinente dans quantité de reportages, documentaires, films ou livres. D'un point de vue littéraire, c'est absolument à chier. Retenez-moi ou j'achète un 4×4.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/7/2010 dans Bifrost 59
Mise en ligne le : 13/12/2012

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