Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Commando des Immortels

Christophe LAMBERT



Illustration de Jean-Sébastien ROSSBACH

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5989
Dépôt légal : avril 2010
Roman, 452 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 978-2-266-18633-9   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Enlisés en pleine guerre du Pacifique, les Etats-Unis ont besoin de renforts pour combattre les Japonais. Ils font appel aux êtres les plus aguerris aux milieux hostiles, un peuple en harmonie avec la nature et aux sens plus développés que ceux des humains : les Elfes, dont la dernière réserve se situe au Sylvaniel, en territoire américain.
     Après de délicates négociations, les habitants du Sylvaniel acceptent d'envoyer en Asie cinq des leurs pour former les alliés aux techniques de guérilla. Leur seule exigence : emmener avec eux un distingué gentleman spécialiste de l'elfique, un professeur nommé Tolkien.
     Au coeur de la jungle, le cauchemar commence pour les humains et les Elfes...

     « Cette verve de l'écriture, Christophe Lambert la retranscrit à travers une œuvre palpitante, parfois dure, souvent héroïque, mais surtout très divertissante. »
SciFi-Universe. Com

Cet ouvrage a reçu le Prix Bob Morane
du meilleur roman français

    Prix obtenus    
Bob Morane, roman français, 2009
 
    Critiques    

            Il n’est pas usurpé de dire que J.R.R. Tolkien a créé l’un des univers de fiction les plus connus au monde. Mais Tolkien lui-même aurait-il fait un bon personnage de fiction ? C’est en tout cas ce que pense Christophe Lambert, qui met en scène le professeur d’Oxford dans une intéressante tentative de marier la fantasy, l’uchronie et le roman de guerre.

            Peu de temps après Pearl Harbor, les Américains sont toujours englués dans le conflit en plein Pacifique. La Birmanie, point clé de la guerre dans la région, est sur le point d’être conquise par les Japonais, nettement plus à leur aise dans la jungle que les soldats étasuniens. L’état-major américain a alors une idée innovante : pourquoi ne pas demander aux elfes de les aider ? Car dans ce monde, et c’est là qu’arrivent tout à la fois la fantasy et l’aspect uchronique, les elfes existent et, qui plus est, vivent dans une sorte de réserve, Sylvaniel, comme de si nombreux Amérindiens sur le continent nord-américain. Après négociations, les elfes acceptent, mais à une seule condition : que Tolkien, alors en pleine rédaction du « Seigneur des Anneaux », fasse partie de l’expédition…

            Ceci n’est que le point de départ du roman, dont la majeure partie se déroule en Asie, à mesure que l’écrivain anglais, d’habitude si casanier, se retrouve plongé en plein conflit, avec un crescendo de tracasseries (conditions précaires, stress permanent…) qui culminent dans des affrontements sanglants avec l’ennemi. Tout ça y est dépeint de manière très réaliste, notamment par le truchement de protagonistes bien campés, des militaires américains ou anglais rodés aux elfes que rien ne semble perturber, en passant par une très bonne trouvaille, un métis humain-elfe qui peine à se situer dans cet univers. Lambert a fait des études de cinéma, et cela se sent dans sa façon de tenir la caméra, de convoquer les grands codes du film de guerre, dans son montage intelligent, dosage équilibré d’action et de scènes plus intimistes, comme celle du village, havre de calme au milieu du déluge de balles. Le livre se pose ainsi en un enchaînement de péripéties, jusqu’à ce qu’un autre niveau de lecture commence à se superposer : l’auteur y développe sa théorie selon laquelle les mythes sont tous issus du même creuset, et qu’on trouvera fatalement des similarités entre deux croyances de peuples très dissemblables. De roman de guerre, le livre évolue alors vers un registre plus aventurier, souvent trépidant, au sein duquel les clins d’œil au « Seigneur des Anneaux » se multiplient, du passage sous la montagne à la fameuse scène du Balrog sur le pont, constituant par là même une mise en abyme de la thématique de l’origine commune de tous les mythes, davantage ludique que démonstrative.

            Œuvre au final nettement plus fine que son postulat initial (« Tolkien rencontre les elfes ») ne le laissait envisager, livre à plusieurs niveaux de lecture, Le Commando des immortels se révèle un excellent roman, de ceux qui confirment que Lambert est l’un des plus intéressants auteurs français actuels.


Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/10/2014 dans Bifrost 76
Mise en ligne le : 21/4/2020

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Rendez-vous ailleurs (2008)


     Christophe Lambert se spécialise-t-il, pour ses récits publiés au Fleuve noir, dans l'uchronie ? Certes, ce volet de la SF est particulièrement attrayant avec ses possibilités quasi infinies de revisiter l'Histoire humaine, de faire vivre, dans des cadres insolites, des figures de la grande comme de la petite Histoire. Si ce genre a toujours eu des adeptes et des chantres comme Pierre Barbet ou des auteurs plus contemporain comme Johan Heliot et Xavier Mauméjean, il restait relativement confidentiel. Il semble bénéficier, sous l'impulsion des auteurs précités, d'un regain d'intérêt pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Ainsi, Flammarion, sous la houlette d'Alain Grousset, lance dès cet automne, une collection dédiée au genre pour la jeunesse.
     Donc, Christophe Lambert, après La brèche (2005) où il recompose un paysage audiovisuel aussi cynique que celui d'aujourd'hui autour du débarquement allié de juin 1944, après Zoulou Kingdom (2007) où il imagine une armée Zoulou transportée depuis leur pays par un nuage magique pour envahir Londres, propose Le Commando des Immortels.
     Cette nouvelle histoire lui permet de revisiter un volet incontournable de la fantasy, en la personne des elfes et d'un auteur devenu mythique : Tolkien.

     En 1942, la guerre dans le pacifique tourne à l'avantage exclusif des Japonais. Ils envahissent toute l'Asie du Sud repoussant les Anglais sur Singapour. La Birmanie est occupée. Or ce pays est stratégiquement crucial car il représente le seul accès terrestre des alliés avec la Chine. Les soldats ne sont pas préparés à combattre sur un terrain aussi difficile que la jungle birmane.
     Le capitaine Foster est chargé par Roosevelt de convaincre la tribu qui vit sur le Sylvaniel, le dernier territoire elfique, de former des combattants à évoluer au sein d'une nature hostile, à la guerre au cœur de la jungle.
     Foster est convaincant. Le Grand Conseil accepte, avec une condition non négociable. En effet, Uncas le sorcier a vu un humain, qui parle l'elfique, accompagnant les leurs dans des grottes. Il est donc indispensable à la mission. Il faut le retrouver. Mais comment retrouver, parmi la population blanche mondiale, un individu aux cheveux gris que le sorcier a vu dans une classe ? Les Services de renseignements planchent sur le cas et finissent par identifier un individu correspondant au signalement : un professeur d'Oxford nommé ...Tolkien, auteur de Bilbo le Hobbit.
     L'entraînement commence avec cinq auxiliaires elfiques. L'objectif est de s'introduire dans la jungle, passer derrière les lignes ennemies pour couper la ligne de chemin de fer qui ravitaille une partie de l'armée japonaise en Birmanie.

     L'auteur place sa fiction pendant la Seconde Guerre mondiale, qui semble la période la plus judicieuse pour mener les développements autour d'une des figures principales du roman : Tolkien. Ce dernier a déjà écrit Bilbot le Hobbit. À la demande de son éditeur, il travaille à un projet plus vaste. (Le Seigneur des Anneaux ne paraîtra qu'à partir de 1954.) Christophe Lambert décrit un Tolkien tout à fait crédible. C'est un homme de cinquante ans, à la condition physique très moyenne. Il se trouve projeté dans cette entreprise, à son corps défendant, mais n'a rien d'un héros d'aventure.
     Si ce livre est d'abord le récit d'un fait de guerre, avec une description sans concession des combats, l'auteur introduit, pour notre plus grand plaisir, de multiples plages de réflexions sur les racines des mythologies, leurs bases et traits communs, sur le travail de création du romancier. Avec des dialogues entre Tolkien et le major commandant la section, un féru de littérature médiévale, Christophe Lambert disserte sur Beowulf, l'œuvre inspirant Le Seigneur des Anneaux, sur le contenu d'une œuvre, sur les aspects à favoriser, sur les à-côtés d'une histoire. Le tout est passionnant, rythmant les phases plus guerrières. Car l'auteur s'attache à décrire le quotidien du soldat en mission, les horreurs des combats, la souffrance, les relations humaines développées dans un tel contexte. Pour quel résultat... ?
     Avec son groupe elfique, il explore les possibilités offertes par une meilleure fusion avec la nature, par un « retour aux sources ». On ne peut s'empêcher de faire le parallèle entre la situation, les caractéristiques de ce peuple et ceux des Amérindiens
     L'auteur aborde la situation souvent douloureuse du métissage. Même si génétiquement, avec un regard froid de scientifique, cette pratique ne peut que renforcer la qualité de la machine humaine, socialement et psychologiquement elle est très dure à vivre pour les individus. La dépendance à l'alcoolisme est décrite sans fioriture.
     Un autre personnage traverse les pages du livre : la figure du général Wingate, un militaire atypique, qui a réellement vécu une aventure similaire avec un groupe de soldats dans la jungle birmane.

     Christophe Lambert, un auteur de grand talent, signe une fois encore, avec Le Commando des Immortels, un roman remarquable.

Serge PERRAUD
Première parution : 22/10/2008
nooSFere


 

Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, Rendez-vous ailleurs (2008)


     Près de deux ans après Zoulou Kingdom (disponible en poche chez Pocket depuis peu), nous arrive donc Le Commando des immortels, quatrième roman « adulte » d'un auteur, Christophe Lambert, qu'on connaît avant tout pour la qualité de ses juveniles, chez Mango « Autres Mondes » notamment ou, plus récemment, chez Intervista dans la collection « 15/20 ».

     Nous sommes au lendemain de Pearl Harbor et la panique gagne le « monde libre ». Alors que le Japon attaque la Birmanie et que les Américains comprennent qu'ils ont toutes les chances de se faire balayer par les forces impériales au cœur de la jungle asiatique, ils décident d'aller demander l'aide des plus redoutables spécialistes de ce type d'engagement. Des spécialistes qui vivent parqués dans la dernière de leurs réserves, au cœur du territoire américain : les elfes. A qui ils proposent une véritable reconnaissance de la part du gouvernement US, un mea culpa officiel pour la politique d'extermination et de spoliation dont ils ont été victime au fil des siècles, ainsi qu'un vrai statut d'autonomie. Les elfes acceptent d'envoyer cinq de leurs spécialistes en aide aux alliés, à la condition étrange que les accompagne un curieux professeur de langues anciennes d'Oxford, un illustre inconnu, écrivain à ses heures, un certain John Ronald Reuel Tolkien... Qu'il va falloir convaincre de quitter sa pluvieuse Angleterre pour aller faire la guerre. Le cadre est posé : dans cet univers parallèle où les elfes ont remplacé les indiens, nous suivrons un bataillon allié au cœur des ténèbres.

     Comme de coutume, Lambert part d'un postulat séduisant pour livrer un récit nerveux, une pure série B où il fait montre de son exceptionnelle aisance dans les scènes d'actions, développe son style remarquablement visuel sans oublier de donner à l'ensemble la possibilité d'une « lecture » plus approfondie : ici, le rapport du créateur à son œuvre et les fondements de l'universalité du mythe. Et comme de coutume, il échoue à aller au-delà — à supposer qu'il le veuille... Mais qu'il le veuille ou pas, il n'empêche qu'on ne peut se départir d'une certaine frustration. Que Lambert caractérise davantage ses personnages, qu'il donne davantage de souffle à l'ensemble, qu'il nous débarrasse de ce désagréable sentiment que tout le monde est finalement, dans ses pages, assez gentil, assez lisse (un trait hérité de son parcours d'auteur jeunesse ?), qu'il prenne son temps, et l'on passera très vite de la série B bien faite, plaisante, au grand et beau roman d'aventures, à la vraie fresque dont on ressort couvert de boue et le cœur rincé. Christophe Lambert en a les moyens, sans conteste. Reste simplement peut-être à l'en convaincre, lui. Quant à nous, on attend (encore !) ça de pied ferme, parce que le jour où ça arrivera, ça promet de dégager pas pour rire...

ORG
Première parution : 1/10/2008
dans Bifrost 52
Mise en ligne le : 22/9/2010




 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 70908 livres, 81231 photos de couvertures, 66098 quatrièmes.
8469 critiques, 38083 intervenant·e·s, 1487 photographies, 3724 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.