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Marée stellaire

David BRIN

Titre original : Startide rising, 1983

Cycle : Élévation  vol. 2 

Traduction de Gérard LEBEC
Illustration de Donald GRANT

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1985 - 1993, 2ème série - dos violet) n° 1981
Dépôt légal : octobre 1988
544 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-277-21981-9   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     David Brin
     Né en 1950, en Californie, il est professeur de physique à l'université de San Diego. Grand espoir de la nouvelle S-F, il a obtenu pour Marée stellaire les prix Nebula et Hugo.

     Il a fallu à la Terre des siècles pour rompre son isolement galactique et des siècles encore de manipulations génétiques pour que le Streaker, vaisseau d'exploration, dispose de l'équipage essentiel à sa mission : sept Terriens de haute expérience spatiale, un étonnant néo-chimpanzé et des dauphins rompus à la technique et au langage.
     Aussi, quand une avarie force le Streaker à faire halte, le commandant choisit-il Kithrun, un monde nautique où les dauphins peuvent agir aussitôt. Tous, en effet, savent que des Flottes galactiques, venues de planètes rivales, veulent s'emparer du vaisseau.
     C'est que le Streaker, lors d'une étonnante découverte, a fourni à ses banques de données un savoir secret qui peut ébranler la cohésion de l'univers...

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 1984
Locus, roman de Science-Fiction, 1984
Nebula, roman, 1983

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)  pour la série : Élévation

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2008)


     Avec Marée stellaire, deuxième roman du Cycle de l'Elévation, Gallimard poursuit l'entreprise engagée avec Elévation et Jusqu'au cœur du soleil d'en rééditer l'intégralité.

     Bien que situé dans l'univers de Jusqu'au cœur du soleil, l'aventure narrée dans Marée stellaire est indépendante de celle du précédent opus.

     Après notre plongée dans l'étoile du système solaire terrien, nous échouons cette fois sur une planète abandonnée, en compagnie de l'équipage du Streaker.
     Ce vaisseau d'exploration a découvert par hasard de mystérieuses épaves extraterrestres. C'est un véritable trésor car certains indices laissent à penser qu'elles pourraient appartenir aux Progéniteurs, cette race qui fut la toute première à élever une autre espèce. Des dieux, en quelque sorte. Malheureusement, les Terriens ont annoncé la nouvelle trop vite. Conséquence : le Streaker est poursuivi par plusieurs armadas Galactiques qui veulent s'emparer de sa découverte. L'appareil, endommagé, se réfugie sur Kithrup, un monde océanique.
     Alors que la bataille fait rage au-dessus de la planète entre les différentes armées extraterrestres, l'équipage du Streaker tente de trouver un moyen de quitter Kithrup et d'éclaircir les étrangetés de ce monde...

     Marée stellaire a reçu une telle collection de prix de grande renommée — Hugo, Locus et Nebula — que cela annonce a priori un chef-d'œuvre. Il faut avouer qu'avec l'univers de l'Elévation, David Brin possédait tout le potentiel pour écrire un excellent space opera. Résumons : la Confédération rassemble de nombreuses espèces extraterrestres dont les relations sont basées sur un système patrons/clients. Les premiers « élèvent » les seconds, en manipulant leurs gènes, en aiguisant leurs capacités intellectuelles, en leur fournissant des connaissances technologiques, et cetera. En échange, ils obtiennent de leurs clients une servitude de plusieurs milliers d'années. Les Terriens, eux, n'ont pas de patrons. Ils semblent s'être élevés tous seuls, ce qui constitue un cas unique. De plus, ils ont eux-mêmes élevés deux espèces, les dauphins et les chimpanzés, sans leur imposer une servitude importante (les clients des humains ont presque les mêmes droits qu'eux).
     L'univers imaginé par Brin s'avère donc fouillé, intelligent et particulièrement riche en possibilités. Jusqu'au cœur du soleil racontait une expédition dans notre étoile à la rencontre de créatures étranges, et ne débordait pas d'action. Marée stellaire, par contre, est un vrai roman d'aventures, qui ne manque pas de rebondissements.
     L'auteur n'oublie pas d'y développer le principe de l'élévation, choisissant comme personnages principaux des dauphins, un chimpanzé et, il le faut bien, quelques humains. On ne peut pas reprocher à Brin, en effet, de ne pas nous décrire avec précision cette nouvelle espèce que sont les dauphins élevés. Leurs langages, leurs habitudes, leurs coutumes, leurs personnalités, tout est exposé minutieusement, mais inséré avec habileté dans la trame même de l'histoire. Il n'a pas non plus raté son coup en en faisant des personnages dignes de ce nom. On s'attache forcément à Creideiki, Hikahi ou Keepiru. On finit immanquablement par haïr K'tha-Jon et Takkata-Jim. Quant à Charles Dart, le chimpanzé, il est lui aussi un bijou de personnage : il ne peut laisser indifférent le lecteur, qui a envie à de nombreuses reprises de lui coller des baffes.

     Si les personnages de Marée stellaire sont un des points forts du roman, le scénario n'est pas en reste. A priori, un vaisseau échoué sur une planète déserte n'a rien d'une idée extraordinaire, mais David Brin réussit tout de même à en faire une histoire de plus de 600 pages sans jamais ennuyer le lecteur ! Comment fait-il ?
     Il intéresse tout simplement ses personnages à cette fameuse planète où ils sont bloqués. Vaisseau d'exploration, le Streaker embarque naturellement des scientifiques. Autorisés par le capitaine à étudier Kithrup pendant que des réparations sont effectuées, ces derniers découvriront de nombreux éléments dignes d'intérêt...
     N'oublions pas non plus la gigantesque bataille qui se déroule entre les Galactiques, et dont des extraits parsèment le roman, permettant à l'auteur de décrire quelques espèces extraterrestres. De temps en temps, les combats s'étendent jusque sur Kithrup, ce qui n'est pas sans pimenter les choses.

     Bon ! Il faut quand même reconnaître quelques défauts à Marée stellaire.
     Tout d'abord, l'auteur se disperse parfois. Certains détails pourraient être éliminés sans rien changer à l'histoire. Les interventions de certains Galactiques, comme les Synthiains, sont anecdotiques. Le roman aurait pu être allégé d'une centaine de pages sans rien perdre de sa qualité.
     Ensuite, on peut critiquer l'idée de faire visiter la planète aux scientifiques, alors que le vaisseau spatial subit un siège. Aucun commandant dans la même situation que Creideiki ne prendrait de tels risques pour son appareil et ses hommes. Mais ce petit défaut de vraisemblance est largement compensé par les aventures passionnantes que mènent ces mêmes scientifiques.
     Surtout, on regrettera l'absence d'explications concernant la flotte trouvée par les Terriens, le roman se terminant abruptement.

     Malgré ces quelques réserves, il faut reconnaître que David Brin offre au lecteur une aventure palpitante dans un univers passionnant, vécue par des personnages fascinants. Marée stellaire est un bon roman. Sûrement pas le chef-d'œuvre attendu, mais assurément un livre qu'on aurait tort de ne pas lire.

Stéphane GOURJAULT
Première parution : 23/10/2008
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