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Les Étoiles s'en balancent

Laurent WHALE

Première parution : Pamiers, France : Black Coat Press, mai 2011

Cycle : Les Étoiles s'en balancent vol. 1 


Illustration de Jeam TAG
Illustrations intérieures de Jeam TAG

BLACK COAT PRESS (Pamiers, France), coll. Rivière Blanche n° 2081
Dépôt légal : mai 2011, Achevé d'imprimer : mai 2011
Roman, 378 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-1-61227-012-8
Format : 12,7 x 20,2 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Tom Costa est troqueur. Mais pas un rampant, non. En ce futur troublé, il survit. D’une ville-état à l’autre, à bord de son ULM, il chine et glane sa subsistance.
     Et puis, il y a San, la douce, la lionne. La famille aussi.
     Pourtant, venu du nord, un péril plus grand que les bandes de chiens sauvages, les hors-murs, la famine et les parias le guette.
     Agir, pour ne pas mourir. Tandis que, de là-haut, LES ETOILES S’EN BALANCENT...
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition CRITIC, Trésors de la Rivière Blanche (2012)


 
     Littérature moraliste autant qu'exutoire aux peurs du présent, le roman post-apocalyptique (post-nuke, chez les Anglo-saxons) déroule ses paysages de désolation propices aux éternels recommencements. Qu'il soit pessimiste ou optimiste, quand il ne sert pas simplement de prétexte à un questionnement métaphysique, le genre semble un formidable générateur de récits aventureux, comme en témoigne Les Etoiles s'en balancent.
     Dans un futur que l'on pressent proche, l'Hexagone n'est plus que décombres parcourus par des bandes ensauvagées : les hors-murs. Seules quelques villes-Etats ont survécu, offrant un ordre illusoire dans un monde retourné en jachère. Tom Costa n'a pas connu le monde d'avant. Il a appris à se débrouiller seul, ne comptant que sur lui-même et quelques relations. Epaulé par son mentor Armand, un néo-hippie ayant su se rendre indispensable auprès de la clique qui gouverne la cité de Pontault, il survit dans ce merdier où prévaut la loi du plus fort ou du plus malin. Entre vols en solitaire aux commandes de son ULM bricolé et troc avec les chicaneurs, as de la récup', il est parvenu à se construire une bulle pour y filer le parfait amour avec San, sa volcanique amante. Et tant pis si le monde court sur son erre, à la dérive, entre famine et misère. Ce n'est pas son problème... Mais, conformément à l'adage : les gens heureux n'ont pas d'histoire. Cette Histoire, avec une grande hache, qui justement va le menacer de son couperet. Un danger venu du Nord, irrésistible, contraignant les villes-Etats à s'armer. En auront-elles le temps ? Le temps de mettre en pratique une de ces citations latines que semble priser Armand : « Si vis pacem, para bellum. »
     S'il est un reproche que l'on ne peut pas faire à Laurent Whale, c'est celui de ne pas inspirer immédiatement la sympathie. Les Etoiles s'en balancent est un roman généreux et chaleureux, même si son contexte n'incite pas à la joie et la gaieté. Sur fond de déroute économique et sociale, Whale nous dépeint un monde n'étant pas sans rappeler celui du film d'Alfonso Cuaron Les Fils de l'homme. Aucun cataclysme nucléaire, aucune catastrophe naturelle ou autre pandémie ne vient expliquer ici le désastre total. L'homme apparaît bien comme le seul responsable d'une fin du monde en forme d'effondrement inexorable et prévisible du modèle de développement capitaliste.
     Dans ce cadre guère réjouissant, Laurent Whale brode un récit d'aventures, servi par une galerie d'archétypes, préférant les dialogues incisifs aux descriptions et l'action à l'introspection. Le tout saupoudré d'une bonne pincée d'anarchisme. C'est vif, enlevé, et on ne s'ennuie pas un instant. Tout au plus peut-on lui reprocher d'abuser du cliffhanger dans le dernier quart du récit et de tirer un peu trop sur la corde sensible de l'amourette de Tom Costa. Toutefois, tout ceci apparaît comme des vétilles face au plaisir quasi-séminal que l'on éprouve en lisant l'histoire.
     D'une certaine manière, Les Etoiles s'en balancent ressuscite le meilleur de l'état d'esprit de la défunte collection « Anticipation » du Fleuve noir. Les éditions Critic ne s'y sont d'ailleurs pas trompées en rééditant le livre dans leur nouvelle collection « Trésors de la rivière blanche ».
     Au final, le roman de Laurent Whale s'avère un divertissement populaire réussi, animé par un esprit de générosité communicatif. Et quoi que l'on en pense, cela fait du bien de temps en temps.

Laurent LELEU
Première parution : 1/10/2012
dans Bifrost 68
Mise en ligne le : 3/4/2016


 

Edition CRITIC, Trésors de la Rivière Blanche (2012)


     C'est la débâcle sur la Terre, les gouvernements et les organismes explosent, les terroristes et révolutionnaires de tout poil s'emparent du pouvoir et génèrent de multiples entités territoriales qui s'affrontent en permanence. Dans ces affreux bouleversements, les hommes résistent vaille que vaille et notre héros, Tom Costa fait comme tout le monde, mais il se débrouille avec un avantage sur la multitude : il sait piloter un aéronef ou plutôt des zincs volants construits à l'aube de l'aviation.
     La ville de Pontault en Seine-et-Marne assure une relative sécurité à ses habitants, non sans mal et à l'aide de trafics en tous genres. Là-bas, il est préférable de plaire au maire dictateur et à sa clique si l'on veut conserver quelque chance de survivre correctement. C'est ce que ne fait pas Tom, notre héros plutôt tête de lard.
     Le narrateur, car ce roman de quatre cents pages est écrit à la première personne, est presque un anti-héros. Accroché à San, l'amour de sa vie, notre aviateur nous conte ses malheurs, ses souffrances et les coups qu'il reçoit sans jamais perdre sa gouaille habituelle, preuve que rien ne peut entamer son optimisme teinté de fatalisme. Il opère tant bien que mal dans une zone délimitée par les villes de Pontault-Combault, Meaux, Melun et Provins. Bardées de fortifications et entourées de ceux des plaines dits les Hors-Murs, ces cités communiquent et commercent par air, d'où l'inestimable valeur de Costa. Ce jour-là, son retour de Melun est catastrophique. Son ULM s'écrase avant d'atteindre Pontault et il doit terminer son trajet à pieds parmi les embûches qui entourent la ville. L'échec de sa mission déplaît au maire qui, en guise d'accueil, envoie ses sbires lui passer une raclée mémorable. Ce ne sera pas la dernière, notre héros en prend une presque toutes les dix pages, mais son tempérament pourtant rétif acceptera les coups du sort pour mieux les rendre. Ainsi, frôlera-t-il la mort une bonne vingtaine de fois.
     Le personnage évolue dans une atmosphère de bons copains où, malgré sa guigne immuable, il aide toujours ses amis. Hélas, lorsqu'il découvre une caverne d'Ali Baba, matériel militaire dernier cri, il se fait tout de même flouer. La nature humaine n'a guère de secret pour lui et il comprends l'arnaque avec philosophie.
     L'intrigue du roman est plus complexe qu'il n'y paraît à première vue. Partant d'une découverte qui détruit la capacité masculine de reproduction, des amazones veulent prendre le pouvoir. Descendues du Nord de l'Europe, elles occupent peu à peu la France en abattant les civils qu'elles rencontrent, femmes et enfants compris comme le constate Tom Costa lors de ses survols et de ses nombreux atterrissages de fortune. Les affrontements font rage. Dans les airs, Costa utilise habilement ses aptitudes de pilote liés à son instinct combatif pour abattre des appareils bien plus performants que le sien. Batailles aériennes, voltiges en tous genres, avions en difficulté, l'auteur fait une assez jolie démonstration dans ce domaine, il a indéniablement payé de sa personne comme indiqué dans ses remerciements en tête de livre.
     C'est en Seine-et-Marne, nimbée dans un brouillard de trahisons, parjures et autres débordements humains, que la première bataille va s'engager. Le carnage sera à son comble lorsque le héros décidera que « les étoiles s'en balancent ».
     Laurent Whale aime les situations dangereuses, parfois absurdes, jusqu'à faire naître, dans un assortiment de drames en tout genre, un certain parfum d'optimisme qui n'est pas sans charme. Dans son ouvrage Les Pierres du Rêve, il avait déjà utilisé le même procédé assorti d'un humour clin d'œil à la Peter Cheyney.
     Il pousse parfois le bouchon un peu loin et le lecteur se demandera, jusqu'à la fin du roman, comment Tom Costa, probablement protégé des dieux, pourra retrouver sa bien aimée San dans une terre plus apaisée.

Gérard BOUYER
Première parution : 1/9/2012
Présences d'Esprits 73
Mise en ligne le : 21/1/2013




 
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