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Winterheim

Fabrice COLIN

Cycle : Winterheim (omnibus)


Illustration de Vincent MADRAS
Illustrations intérieures de Julien DELVAL

PYGMALION (Paris, France), coll. Fantasy
Dépôt légal : octobre 2011
Première édition
Roman, 608 pages, catégorie / prix : 22.90 €
ISBN : 978-2-7564-0549-0
Genre : Fantasy

Édition intégrale revue par l'auteur. Carte et Arbre généalogique : Julien Delval.



Quatrième de couverture
     Il y a bien longtemps, les Faeders et les Dragons ont décidé de ne plus s’immiscer dans les affaires des mortels. Retirés loin de Midgard, ils ont cependant confié à la Dame des Songes et à ses trois demi-sœurs les Ténèbres la tâche de veiller sur les humains. Aujourd’hui, dans le royaume de Walroek, le jeune forestier Janes Oelsen, dont les parents n’ont jamais pu comprendre le caractère rêveur et la juvénile impétuosité, entre en possession, à la suite d’un pari, d’une mystérieuse carte. Accompagné de sa fidèle chouette Flocon, il part pour le château maudit de Nartchreck où, à en croire les légendes, repose un fabuleux trésor...

     Indisponible depuis plusieurs années et réunie ici pour la première fois en un seul volume, la trilogie Winterheim demeure à ce jour l’une des œuvres les plus complètes et les plus envoûtantes sur la mythologie nordique.

     Né en 1972, Fabrice Colin a très rapidement pris la tête de cette génération d’écrivains explorateurs des mondes imaginaires, éclose en France à la fin des années 1990. À travers des textes comme Dreamericana (J’ai lu), Or not to be ou, plus tard, Sayonara Baby, La mémoire du vautour et le récent Big Fan aux Éditions Inculte, il s’est affirmé au fil de la décennie comme un auteur hors normes, mélangeant les genres sans complexe et osant toutes les expérimentations littéraires. On lui doit également un production abondante de romans pour la jeunesse, parmi lesquels La Malédiction d’Old Haven, Les Étranges Sœurs Wilcox ou encore Bal de givre à New York.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Il neige toujours sur le monde, pages 7 à 14, préface
2 - Le Fils des Ténèbres, pages 15 à 214, roman
3 - La Saison des conquêtes, pages 215 à 398, roman
4 - La Fonte des rêves, pages 399 à 604, roman
Critiques
     Douze ans après la parution de son premier tome, la trilogie de Fabrice Colin est enfin réunie : Le Fils des ténèbres, La Saison des conquêtes et La Fonte des rêves ne font ici plus qu'un avec Winterheim. Comme l'annonce la préface (courte, mais lucide et pleine d'enseignements), c'est bien à la chute des dieux que nous assistons dans ce triple roman. Malgré leur promesse, ceux qu'on appelle les Faeders n'ont pas abandonné le royaume de Midgard aux humains. Ils ne peuvent s'empêcher d'y revenir, d'intervenir, de comploter, d'utiliser les hommes selon leur bon vouloir. Mais tout a une fin. Un jour, un jeune garçon va se dresser contre eux, contre leur pouvoir, contre ce monde vieillissant qui doit disparaître. Il va peu à peu apprendre son rôle, l'accepter et l'assumer.

     Même si c'est la lecture du livret de L'Anneau des Nibelungen de Wagner qui a servi de déclencheur, Fabrice Colin n'a heureusement pas conservé le côté grandiloquent de cette œuvre. En revanche on retrouve tout au long des pages l'inexorabilité, l'impossibilité d'échapper à un destin que tout le monde connaît, tout le monde attend ou combat. Sauf le naïf Janes Oelsen, héros malgré lui, aveugle volontaire, uniquement préoccupé par sa survie et son amour pour la belle et divine Livia. La question n'est pas de savoir où l'on va, mais comment on y va. Chaque personnage joue sa partition avec plus ou moins de résignation. Certains se battent, malgré tout, sacrifient leurs proches, leur entourage. Mais rien n'y fait. La prophétie doit arriver à son terme.

     Cette face inéluctable peut en rebuter certains. Mais se douter de l'issue, savoir comment cela va se terminer (ce n'est pas un spoiler, l'auteur lui-même, dans sa préface, nous l'annonce) ne gêne en rien la lecture de cet ouvrage. On suit avec intérêt et curiosité le cheminement de Janes : comment il va peu à peu prendre conscience de son originalité, puis de son destin. Certes, on peut le trouver par moments fade et obtus. Comment reste-t-il aveugle à tous les signes, à toutes les évidences ? Selon Fabrice Colin, « c'est une sorte de martyr et donc, par définition, quelqu'un d'assez lisse, comme Tintin ou Jésus ou J'on le Chninkel. [...] Disons qu'il ne baisse pas la tête, que ce n'est pas le genre de type à renoncer. Un idéaliste sans idéologie, en somme : il sait juste qu'il est amoureux et qu'il ne veut pas crever. »
     (< www.elbakin.net/fantasy/news/Fabrice-Colin-se-souvient-de-Winterheim >).

     Une autre richesse de ce roman réside dans le monde créé : les paysages prennent vie sous les mots de l'auteur. En même temps qu'il les détruit. Les royaumes traversés par Janes et ses compagnons, grandioses et oniriques, apparaissent devant le lecteur avec évidence. Les consonances familières de certains noms, inspirés des mythologies nordiques, rendent l'immersion encore plus simple, plus directe. Tout comme les personnages, croqués avec gourmandise. Ils se dressent dans ce théâtre d'ombres aux rôles bien définis. Certains, abandonnés en cours de route, comme le Grand Toqué, réapparaissent dans la troisième partie. On les accueille avec plaisir, tant leur truculence, leur force est réjouissante.

     Cependant, malgré les coupes réalisées pour cette édition « définitive » de ce qui s'apparente tout de même à une œuvre de jeunesse, des longueurs subsistent encore dans la narration. Midgard semble s'accrocher à la vie avec trop de force. Ce qui n'empêche pas de peiner à abandonner Janes dans cet univers que, décidément, il ne comprend pas. On veut aller avec lui jusqu'au bout, jusqu'à cette destruction annoncée d'un monde. Destruction qui sera longue et cruelle, douloureuse et lente. Mais nécessaire à l'avènement d'un nouvel univers libéré de la tyrannie des dieux.

     Un agréable moment de fantasy.

Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/1/2012 dans Bifrost 65
Mise en ligne le : 6/3/2013

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