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Elliot du Néant

Sabrina CALVO


Illustration de Stéphanie APARICIO
Illustrations intérieures de Sabrina CALVO

La VOLTE
Achevé d'imprimer : mars 2012
Première édition
Roman, 324 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 978-2-917157-17-6
Format : 14,0 x 19,0 cm
Genre : Fantastique

Pas de DL.



Quatrième de couverture
     Islande, 1986. Dans la petite école d'Hafnafjordur, entre une falaise arpentée par les fées et un champ de lave hanté par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. À la veille de la grande kermesse annuelle, Elliot, le très vieux concierge muet, a quitté sa chambre sans fenêtres, fermée de l'intérieur.
 
     Bracken, le professeur de dessin, part à sa recherche flanqué de deux tortues, sans se douter que cette aventure l'amènera à franchir le seuil de la réalité, là où absurde, poésie et dangers se fondent en une vertigineuse chasse aux secrets.
 
Et si le Néant était quelque chose plutôt que rien ?
 
     Voix singulière de la littérature de l'imaginaire, farfadet imprévisible et passionné, David Calvo est auteur, dessinateur et game designer.
     Elliot du Néant est son septième roman.
Critiques
 
     Le Néant... C'est un peu ce qu'on se dit en regardant la couverture du livre. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais ce pauvre orange mitigé blanc, euh... bof. Surtout quand on a fini de lire le roman, et qu'on se dit : mais bon sang, avec autant d'imprégnation marine, pourquoi ne pas l'avoir faite bleue !
     Passées ces considérations esthétiques, le texte résiste, lui, à toute classification. Il appartient aux œuvres qui font débat, parce que « j'adore/je déteste ». Personnellement, j'adore. Une écriture totalement décalée, un personnage barjo, voire une lecture sous LSD (non, pas moi, hein...), mais une œuvre parfaitement maîtrisée. Quand un auteur gère quatre voix au moins en même temps, on s'incline.
     Munissez-vous de votre Mallarmé (qui ne s'offusquera pas de l'usage de son Ptyx), ainsi que d'un bon bagage de culture générale, sinon, vous serez aussi perdu que dans un volume de Terry Pratchett. Lequel, d'ail-leurs, serait sans doute amusé de voir des tortues discuter entre elles, au lieu de soutenir le Disque-Monde. Vous n'avez qu'à admettre que les tortues parlent, que les fées existent, et que votre pensionnat de jeunesse était géré par de gentil doux-dingues. Une fois cela fait, vous pouvez admettre qu'un Français expatrié en Islande deviendra le maître du Néant.
     Plus sérieusement, le héros est d'une touchante fragilité. On sent même chez l'auteur une sorte de crise existentielle, qui le rapproche de Defoe dans Robinson Crusoe. Le plan prénatal, sexuel, et tout ce qui s'ensuit, est au rendez-vous.
     De manière plus profonde, la recherche d'une démiurgie, parfaitement explicitée et développée dans la folie qu'elle implique, constitue l'axe principal du texte. Plus on avance dans le roman, et plus il faut accepter de lâcher prise, comme le héros. Pris dans le tourbillon du texte (enfin, l'éruption du volcan, dans le cas présent), il est impossible de refermer le livre avant la dernière page. Avec un seul regret : la fin est un peu trop facile, devant ce que l'on pouvait attendre. Nous exigeons toujours plus, c'est vrai, mais avec de telles ambitions et de telles capacités, on se sent un peu déçus.
     On regrettera quelques longueurs dans la dernière partie du livre, largement compensées par une réelle réflexion philosophique qui manque trop souvent aux textes « commerciaux ». On regrettera également des fautes de frappe non corrigées, qui font vraiment désordre...
     En bref : pour tous les désaxés, on se jette dessus tout droit (avec de quoi trouver toutes les références culturelles, ce qui fera du travail !). Pour ceux qui ne se posent aucune question, mieux vaudra passer sa route devant une œuvre aussi déroutante.

Sylvie BURIGANA
Première parution : 1/7/2012 dans Bifrost 67
Mise en ligne le : 5/12/2015


     Voilà enfin, presque cinq ans après Nid de coucou, le nouveau roman de David Calvo, l’auteur le plus extravagant de l’imaginaire francophone. Evacuons tout de suite le résumé : vous pouvez lire la quatrième de couverture ci-dessus, vous n’apprendrez pas grand-chose sur le livre, tout simplement parce qu’Elliot du Néant n’est pas facile à synthétiser.

     Mais essayons quand même de lancer quelques pistes. Mêlons, dans un grand écart culturel, « le sonnet en –yx » de Stéphane Mallarmé et son « aboli bibelot d’inanité sonore » à la pop anglaise de Nik Kershaw avec son tube The riddle (aux propos tellement abscons que sa maison de disque organisa un concours pour en trouver le sens et dont le clip lewiscarrollien résonne curieusement avec Eliott du Néant). Ajoutons un couple de tortues parlantes, un morse tenancier d’un restaurant au bout du monde préparant le repas de 200 macareux. Situons l’action dans une école islandaise et suivons un narrateur plutôt étrange, Bracken, professeur de dessin français ayant exercé dans cette école.
     Si vous avez déjà lu du Calvo, vous ne serez pas étonné d’un tel mélange. Bracken, sur la piste d’Elliot, entre dans le monde du néant comme Alice passe de l’autre côté du miroir. Ce qui commence comme la simple recherche d’une personne disparue devient vite une plongée dans l’étrangeté. Le sense of wonder tout personnel de David Calvo part à l’assaut de l’esprit du lecteur qui n’a plus qu’à se noyer dans cette poésie de tous les instants, à se laisser happer par ce monde merveilleux. Avec une histoire profondément différente, l’auteur crée les mêmes sensations que dans son deuxième roman, Wonderful : une impression de basculer irrémédiablement dans une folie poétique.

     Alors, évidemment, il faut accepter de lâcher prise pendant la lecture, de ne pas chercher un récit cartésien, et les lecteurs découvrant Calvo seront peut-être un peu désarçonnés. Mais, dès que l’on rentre dans le jeu, que l’on suit ses règles de narration, on éprouve un plaisir unique avec la prose de l’écrivain. Et quand émerge insidieusement une tension palpable à l’approche du dénouement, lorsque l’auteur fait basculer sans qu’on s’en aperçoive son récit dans l’effroi, on se retrouve stupéfait devant la puissance de cette fin, et l’évidence apparaît : avec Elliot du Néant David Calvo a produit son meilleur livre.

René-Marc DOLHEN
Première parution : 29/3/2012 nooSFere

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