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Le Sang que l'on verse

Yann DE SAINT-RAT




MNÉMOS , coll. Dédales n° (38)
Dépôt légal : novembre 2013
Première édition
Roman, 336 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-35408-163-8
Format : 15,0 x 21,0 cm  

Illustration de couverture : Atelier Octobre Rouge.



    Quatrième de couverture    
« Je suis le guerrier le plus doué
de tout l'Empire pryaméen.« 

     Je me nomme Étréharn et j'aurai bientôt dix-neuf ans. J'ai appris seul à tuer, combattre, abattre. Une sève funèbre coule en moi, mon talent pour la guerre, mon Art comme je l'appelle. Personne ne répand mieux le sang. J'ai délaissé tant de rêves au profit de macabres conquêtes. Alors la divine Asa m'a choisi pour affronter le dernier dieu que porte cette terre. Elle m'a fait don d'une force ancienne et obscure, elle m'a rendu plus puissant encore.
     Peu m'importent ses motivations, les plans des dieux maudits ne m'intéressent pas. Je marche vers mon plus grand combat. Je vais braver les ténèbres sous Pryamée et défier cette créature de cauchernar. Je briserai ses armées enragées et lui arracherai son dernier souffle. Je n'y réchapperai pas, mais c'est un beau jour pour mourir.

     Yann de Saint-Rat s'inscrit parmi ces jeunes auteurs qui mixent avec liberté et passion les références pop, geek comme classiques et ceci pour notre plus grand bonheur.

     S'inspirant de l'esthétique des mangas comme de l'intensité jubilatoire d'un Quentin Tarentino, cette histoire d'un affrontement sans merci entre un homme et sa némésis vous entraînera beaucoup plus loin qu'il y paraît.
     Un véritable tour de force !
 
    Critiques    
     Étréham, dix-neuf ans, est un guerrier pryaméen ; il est même le meilleur guerrier pryaméen : sur les champs de bataille, lieux de combats épiques, personne n'a jamais réussi à le mettre à terre, et son nom résonne comme une légende. Il se bat régulièrement auprès d'Éreth, son vieil ami. Quand débute cette histoire, on retrouve les deux hommes côte à côte ; malheureusement, Éreth est pris en traître par un adversaire, et meurt. Ivre de rage, Étréham anéantit à lui tout seul le reste de l'armée antagoniste, dans un tourbillon de fureur. Vidé de toute énergie, il sombre ensuite dans l'inconscience. À son réveil, il se retrouve nez à nez avec une jeune fille, Asa, venue le chercher mais qui paraît déplacée sur un tel charnier. Toutefois, il doit vite se rendre à l'évidence : Asa possède des pouvoirs magiques colossaux. Elle lui explique qu'en alliant leurs forces, ils pourront tuer le père d'Asa, un dieu malveillant. Lequel, en même temps, fourbit ses armes sous la forme d'une créature redoutable, Eyll. L'affrontement qui s'ensuivra sera titanesque.
     Nouveau venu dans le roman (il avait déjà publié un texte dans le fanzine canadien Horrifique et trois dans la revue Lanfeust), Yann de Saint-Rat se revendique de pas mal de sources d'inspiration : pêle-mêle, Mike Mignola, Warren Ellis, Tim Burton, Quentin Tarantino, le cinéma asiatique et les mangas... Ce sont ses deux derniers qui transparaissent le plus dans ces pages : en effet, l'affrontement du Bien et du Mal, personnifiés par des protagonistes bigger than life, et le final apocalyptique sont autant de caractéristiques de nombre de mangas japonais. Avec la fougue et le dynamisme qui les caractérisent, mais aussi une certaine grandiloquence un brin naïve. Les premières pages du livre, narrées à la première personne, sont à ce titre assez pénibles, car le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Étréham n'a pas le style léger, et aime bien les répétitions. Par la suite, cela s'améliore un peu, car Étréham ne monopolise plus la parole, chaque protagoniste s'exprimant à tour de rôle, mais cette emphase durera jusqu'au bout du roman. L'influence du cinéma asiatique se fait également sentir lors de l'apprentissage des différents personnages et dans une certaine radicalité dans la violence des combats, comme dans les films de sabre (le chanbara japonais). En revanche, j'ai eu plus de mal à y voir l'influence d'un Tarantino cité par la quatrième de couverture : s'il partage le goût de QT pour les dialogues qui claquent, De Saint-Rat n'adopte pas l'attitude goguenarde de Tarantino : le propos est ici sérieux, car c'est bien de survie du monde dont il s'agit. On est en pleine fantasy héroïque, où les combats sont par définition titanesques, magnifiés par une écriture très cinématographique. Bref, une fantasy qui s'assume dans sa grandiloquence, même si le titre et la couverture de ce roman nous auraient davantage fait penser à une version plus historique. Dès lors qu'on apprécie le genre, ce texte, dont l'originalité n'est pas la vertu première, se lira néanmoins avec plaisir grâce à l'enthousiasme et la sincérité de l'auteur.
     Le Sang que l'on verse est ainsi à réserver en priorité aux amateurs de fantasy décomplexée, sans beaucoup de subtilité, à ceux qui apprécient les mangas opposant des archétypes du Bien et du Mal, ou encore 300, le film de Zack Snyder, pour son exagération assumée.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 3/12/2013 nooSFere


            « Mon nom est Etréham, je vais avoir dix-neuf ans et je suis le meilleur guerrier de tout l’empire pryaméen. J’ai appris seul à combattre et tuer. Ce talent mortel, mon art, coule en moi tel un feu enivrant. »

            À l’issue d’une bataille qui a viré au carnage et a coûté la vie à son meilleur ami, lâchement assassiné, Etréham s’effondre, ivre de fatigue. À son réveil, il fait la connaissance de l’intrigante et divine Asa. Elle lui propose le plus grand des défis, un ultime combat : tuer son père Mérydès, le plus puissant des dieux, qui est allé jusqu’à s’autoproclamer Dieu Unique. Débute alors la quête funeste d’Etréham…

            Le Sang que l’on verse est le premier roman de Yann de Saint-Rat (un pseudo ?), trentenaire dont on ne sait pas grand-chose, outre le fait qu’il aime les mangas, les comics, le cinéma et les jeux vidéo. Un roman certes bien construit, mais qui met longtemps à se mettre en marche, souffre de lourdeurs et de trop nombreuses répétitions.

            Si l’auteur connaît bien les codes de la fantasy, il ne les réinvente jamais. Ce qui n’empêche pas l’intrigue, de prime abord cousue de fil blanc (quête, initiation, mentor, combat, opposition bien/mal…), de se développer par la suite de manière assez inattendue ; les dernières pages, apocalyptiques, s’avèrent même assez surprenantes.

            Etréham évoque, comme il se doit, les héros de David Gemmell ou les 300 Spartiates de Zack Snyder. Les combats sont titanesques, tout en démesure ; les amateurs en auront pour leur argent. Cependant, le héros pâtit d’un défaut majeur : pion manipulé et ballotté par des forces qui le dépassent, il aurait mérité d’être moins naïf, davantage fouillé et beaucoup plus charismatique. En l’état, il souffre de la comparaison avec les autres personnages : la sauvage et arrogante Eyll, l’ambigu Mésume et la manipulatrice Asa.

            Au final, bien que non exempt de défauts, Le Sang que l’on verse est un roman agréable doté de quelques bonnes idées. On saluera donc le travail de Mnémos, qui continue de nous faire découvrir de nouveaux auteurs, ce qui n’est pas si évident en ces temps crispés, et si celui-ci n’a pas le panache d’un Jean-Philippe Jaworski, on ne manquera pas de jeter un coup d’œil à son prochain récit…


Manuel BEER
Première parution : 1/4/2014 dans Bifrost 74
Mise en ligne le : 28/3/2020


 
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