Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Voie de la Colère

Antoine ROUAUD

Cycle : Le Livre et l'épée vol. 1


Illustration de Larry ROSTANT

BRAGELONNE (Paris, France)
Dépôt légal : octobre 2013
Première édition
Roman, 480 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-2-35294-700-4
Format : 15,3 x 23,8 cm



Quatrième de couverture
     Le général Dun-Cadal fut le plus grand héros de l'Empire, mais il n'est plus aujourd'hui que l'ombre de lui-même, une lamentable épave au fin fond d'une taverne.
     C'est là qu'une jeune historienne vient le trouver. Elle est à la recherche de l'Épée de l'Empereur, disparue dans le chaos des derniers jours de son règne, et que Dun-Cadal aurait cachée en un lieu secret.
     Pour elle, le vieux guerrier va ressasser ses souvenirs de gloire et ses regrets amers, à commencer par sa rencontre avec ce garçon qui lui sauva la vie et fit sa fierté avant qu'ils ne basculent tous deux dans le drame et le tourbillon de l'Histoire.
     C'est alors qu'un assassin sans visage se met à frapper au coeur de la République. Les fantômes du passé refont soudain surface, ravivant les anciennes rancoeurs et la soif de vengeance d'un homme perdu sur la voie de la colère.

     Antoine Rouaud est né en 1979. Il a passé son enfance à écrire des histoires, imaginer des scénarios et composer des chansons, avant de rejoindre le monde de la radio. Il est aujourd'hui concepteur-rédacteur chez NRJ et travaille sur une série de feuilletons audio, pour lesquels il a déjà remporté deux prix. Nouveau prodige de la Fantasy française, Antoine Rouaud obtient dès son premier roman une sortie internationale dans une demi-douzaine de pays.
Critiques

            Dun Cadal, ancien général de l’Empire déchu, fait profil bas dans une cité cosmopolite pour échapper aux purges orchestrées par la nouvelle république, ruminant ses erreurs et sa gloire passée en se détruisant méthodiquement les neurones au gros rouge qui tache. Jusqu’à ce qu’une jeune historienne républicaine à la recherche de l’épée impériale, symbole de l’ancienne dynastie, que Cadal aurait cachée après avoir fui le palais impérial en ruine lors de l’attaque finale des révolutionnaires, le perce à jour. Notre héros, fatigué et amer, accepte alors malgré lui de raconter son histoire, qui se confond avec la chute annoncée d’un empire décadent qu’il aura défendu jusqu’au bout. Acteur de premier ordre de l’agonie relativement rapide de la dictature dont il reconnaît les torts, il n’en reste pas moins fidèle à son serment et défend encore ses actions, ultime coquetterie d’un vieillard aigri…

            Ce qui débute comme un remake nouveau siècle du « Loup de Deb » de Nicolas Jarry se transforme rapidement en une magnifique aventure fantastique à l’intrigue d’une rare intelligence. L’auteur nous balade avec une maîtrise étonnante, surtout pour un premier roman, dans une épopée ébouriffante où les surprises et les rebondissements sont non seulement crédibles, mais qui plus est parfaitement imprévisibles.

            Rien ni personne n’est ce qu’il semble être, si ce n’est, peut-être, le vieux général, manipulé, usé et abusé par tous les partis en présence et qui maintiendra son honneur et sa naïveté tout au long du récit.

            Les combats sont homériques, les héros surpuissants sans être invincibles, et les batailles de masse alternent avec les échauffourées à la Dumas.

            Un livre que l’on ne lâche plus tant on veut savoir absolument les tenants et les aboutissants de ce drame qui est tout sauf manichéen. Une fois refermé, on reprend son souffle en regrettant d’abord l’absence de fin manifeste, puis, au bout de quelques minutes, en exultant à l’idée d’une suite, voire de plusieurs.

            Un auteur est né, et si ce qui est à venir s’avère du même niveau, une grande fresque de fantasy vient de débuter.

            Précisons enfin que contrairement à ce que pourrait laisser penser le prix de vente assez salé de ce roman, il n’en a pas moins été écrit en français. Le style s’avère du coup beaucoup plus fluide que nombre de traductions, a fortiori celles de Bragelonne, qui ne nous a que trop habitué à des massacres à la Google Translate effectués par des stagiaires fans de rap et parlant couramment le SMS.

Mathias ROUSSEAU
Première parution : 1/4/2014 dans Bifrost 74
Mise en ligne le : 10/11/2022


     S'il est bien un livre dont l'éditeur a fait une intense campagne de promotion avant même la parution, La Voie de la Colère est celui-là. Ce premier roman d'Antoine Rouaud, qui inaugure en outre la trilogie Le Livre et l'épée, a fait l'objet de multiples billets sur le blog de Bragelonne, mais aussi - — et surtout — — d'une vente à l'étranger qui a permis à l'ouvrage de bénéficier d'une sortie mondiale, le livre étant par exemple simultanément publié en anglais et en allemand.
     Viola, une jeune historienne, débarque à Masalia pour y rencontrer Dun-Cadal. Ce dernier était l'un des derniers généraux de l'Empire, l'un des plus fameux et l'un des plus droits. Aussi, lorsque l'Empire est tombé, donnant naissance à la République, Dun-Cadal est retombé dans l'anonymat ; plutôt que d'affronter sa splendeur d'antan, il a sombré dans l'alcool. Viola tente de deviner ce qu'il a fait de l'épée de l'Empereur, symbole de ce passé évanoui ; ce faisant, elle essaye d'amadouer le vieux guerrier, lequel se laisse aller à la confidence. Il lui raconte ainsi lors de longs flash-back la période troublée qui a mis à bas l'ancien régime. Il lui parle notamment de sa rencontre avec un jeune homme, baptisé Grenouille, qui aspire à devenir le plus grand chevalier de tous les temps. C'est cette double histoire, celle de Dun-Cadal et celle de Grenouille, dont nous parle ce premier tome.
     On l'a dit, La Voie de la Colère est le premier roman publié de l'auteur. Et, à la lecture, on ne s'en doute à aucun moment. On sent que Rouaud a parfaitement assimilé les codes d'écriture du roman d'aventures. Alternance savamment dosée de scènes du présent et d'épisodes du passé, de morceaux de bravoure et de moments plus intimes, ce livre est un modèle d'efficacité. Il faut dire qu'il bénéficie en outre d'une trame solide, se focalise sur une période intéressante (la transition d'un empire à une république), et est peuplé de personnages ayant fait l'objet d'un travail en profondeur quant à leur histoire personnelle et leurs aspirations. Bref : si on avait lu ce roman sans en connaître l'auteur, on aurait très bien pu le croire l’œuvre d'un écrivain chevronné, si ce n'est un style parfois un peu pataud. Qu'importe ce petit détail, cet ouvrage se lit étonnamment facilement malgré une distribution assez pléthorique, et se place assez aisément parmi les plus belles réussites de la fantasy francophone.
     Véritable page turner, donc, La Voie de la Colère n'est néanmoins pas sans poser des questions. Pas sur lui-même, mais plutôt sur son genre d'appartenance. Car, s'il est très agréable et bien fichu, si l'époque choisie par Rouaud est intéressante, ce roman a déjà été lu mille fois. La grandeur et la décadence d'un héros ? Déjà vu. La transmission de savoir d'un maître vers son élève ? Déjà vu. La lutte de pouvoir de notables au cœur d'un système féodal ? Idem. Des personnages guidés par des idéaux d'égalité, ou par la vengeance ? Toujours pareil. Bref, on a clairement l'impression que La Voie de la Colère n'est que la énième préparation d'une recette maintes fois éprouvée. On ne s'en plaindra pas sur la lecture de l'objet en lui-même ; mais on sera nettement plus dubitatif sur l'intérêt de propulser cet ouvrage comme événement planétaire de l'année. Certes, nous sommes ici en pleine Big Commercial Fantasy (l'anglais mondialisant est ici parfaitement adapté), donc on ne s'attend pas à un ouvrage révolutionnaire, mais on se dit qu'il y a sans doute mieux à faire que de promouvoir toujours le sempiternel même roman. On lira à ce sujet le très intéressant article de Jean-Philippe Jaworski dans la revue de l'Association des Bibliothèques de France (Bibliothèque(s) n° 69 de juillet 2013). Sous le titre de « La fantasy, une littérature vaine ? », il y dresse un panorama du genre en expliquant que la forêt de la BCF ne doit pas cacher qu'il existe d'autres textes, différents, dont le propos n'est pas seulement de procurer un dépaysement, fût-il de qualité, au lecteur. On se prend ainsi à regretter que l'énorme buzz autour de ce livre n'ait pas été mieux partagé avec d'autres titres, moins commerciaux, mais tout aussi recommandables, et qui peinent à avoir la même exposition que le premier ouvrage de Big Commercial Fantasy venu.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 11/11/2013 nooSFere

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 78629 livres, 90621 photos de couvertures, 74596 quatrièmes.
8868 critiques, 42773 intervenant·e·s, 1658 photographies, 3770 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2022. Tous droits réservés.