Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Damnés

Chuck PALAHNIUK

Titre original : Damned, 2011
Traduction de Héloïse ESQUIÉ

SONATINE
Dépôt légal : août 2014
Première édition
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 17 €
ISBN : 978-2-35584-257-3
Format : 14,0 x 20,0 cm
Genre : Fantastique

Existe aussi au format numérique (ISBN 978-2-35584-258-0).



Quatrième de couverture
     Madison, 13 ans, est la fille d’une star du cinéma et d’un producteur milliardaire. Élevée dans la religion du fun et de la culture pop, elle passe un Noël ennuyeux seule dans son pensionnat en Suisse, tandis que ses parents se consacrent à leurs projets professionnels et à l’adoption d’orphelins du tiers-monde. Mais un événement inattendu va venir illuminer ses vacances : sa mort subite. Débarquée en enfer, elle y fait la connaissance d’une bande de jeunes marginaux, une jolie fille, un sportif, un geek et un rocker, soit la version Six Feet Under de Breakfast Club. Alors qu’elle se lance dans l’exploration de ce nouvel environnement, qui lui réserve de multiples surprises, Madison se remémore sa courte existence pour essayer de comprendre ce qui a bien pu la mener à la damnation. Pour découvrir, aussi, les raisons de sa mort.

     En enfer, vous ne pouvez pas faire un pas sans bousculer quelqu’un de célèbre : Marilyn Monroe, James Dean, Susan Sontag. River Phoenix, Kurt Cobain. John Lennon, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin. Un Woodstock permanent. Mais si l’enfer est pavé de bonnes intentions, la prose de Chuck Palahniuk ne l’est pas. Et le royaume de Satan qu’il décrit, frappé de tous les vices imaginables et de quelques-uns imaginés pour l’occasion, comme celui consistant à torturer les damnés en leur projetant en boucle Le Patient anglais, n’est rien comparé à son portrait ultradécapant du show-biz et des hautes sphères de notre société.

     Chuck Palahniuk est né en 1962. Il est l’auteur de neuf romans, parmi lesquels Fight Club (Gallimard, 1999) et Berceuse (Gallimard, 2004). Après Snuff (2011), Damnés est son deuxième livre à paraître chez Sonatine Éditions.
Critiques

         Ces derniers temps, quand on commence à parler de Chuck Palahniuk en société, la dernière vanne à la mode est d’affirmer qu’il n’a plus rien écrit d’intéressant depuis 200X (remplacer le X par un entier compris entre 2 à 9). La trilogie qui débute avec Damnés semble bien destinée à prouver le contraire.

         « Satan, es-tu là ? C’est moi, Madison. Je viens juste d’arriver ici, en Enfer, mais ce n’est pas ma faute, à moins que je ne sois réellement morte d’une overdose de marijuana. »

         C’est par ce clin d’œil avisé à Judy Blume (célèbre écrivain pour enfants et adolescents éditée dans nos contrées par l’École des Loisirs) que la petite Madison, 13 ans, commence à se présenter au Prince des Ténèbres, par prière interposée. Il faut dire qu’avec les parents qu’elle a eus et la drôle de vie qu’elle a menée sur Terre, cette adolescente n’a pas froid aux yeux. Sa mère, star d’Hollywood, passait son temps libre à gérer le petit personnel de ses nombreuses résidences par vidéosurveillance et à refiler des comprimés de Xanax à sa fille comme de simples friandises. Son père, important homme d’affaires, lui ramenait de ses voyages des petits frères et des petites sœurs comme autant d’animaux de compagnie. De quoi être blasé dès le plus jeune âge.

         Mais la voilà, « grosse et morte » dans l’une des innombrables cellules qui bordent les interminables couloirs de l’Enfer… Madison ne tardera pas à faire la connaissance de ses voisins et à s’échapper, avec leur complicité, pour aller visiter ce nouvel environnement où les démons dévorent les damnés au hasard et où l’on se doit de travailler dans l’un de ces deux secteurs d’avenir : le porno ou le télémarketing. Autant dire que pour cette « accroc à l’espoir », enfin libérée de cette épée de Damoclès qu’est la mort, le moment est venu d’un nouveau départ pour une afterlife pleine de surprises.

         Jouant de références aussi hétéroclites que La Divine comédie de Dante et le Breakfast Club de John Hughes, Chuck Palahniuk n’hésite pas à grossir le trait à l’extrême dans cette satyre débridée qui frappe là où ça fait mal. Le côté grand-guignolesque pourra sans doute perturber plus d’un lecteur, mais on ne peut s’empêcher de penser, au fil des pages, à un Lewis Caroll observant le XXIe siècle ou, soyons fous, à un Jean de La Fontaine sous acide. Enfin, Damned possède une qualité propre aux grandes fables : leur rémanence dans l’esprit du lecteur une fois le livre refermé. Damnés est une œuvre bien plus subtile qu’il n’y paraît au premier abord. Le fait que Palahniuk l’ait écrit au chevet de sa mère mourante n’y est sans doute pas pour rien.

         La trilogie se poursuivra avec sa vision du Purgatoire (Doomed, sorti aux États-Unis en octobre 2014) puis du Paradis (dont la sortie tarde à être programmée). Vivement qu’on ait la vue d’ensemble.

Grégory DRAKE
Première parution : 1/1/2015 dans Bifrost 77
Mise en ligne le : 15/11/2022

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 78629 livres, 90621 photos de couvertures, 74596 quatrièmes.
8868 critiques, 42773 intervenant·e·s, 1658 photographies, 3770 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2022. Tous droits réservés.