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Silo

Hugh HOWEY

Titre original : Wool, 2012
Première parution : Hugh Howey (Publié sur Amazon à compte d'auteur)

Cycle : Silo  vol. 1 

Traduction de Yoann GENTRIC & Laure MANCEAU
Illustration de Fedorov OLEKSIY

ACTES SUD (Arles, France), coll. Babel n° 1283
Dépôt légal : novembre 2014
576 pages, catégorie / prix : 9,90 €
ISBN : 978-2-330-03737-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Dans un futur postapocalyptique indéterminé, une communauté d'hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l'atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d'antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l'illusion. Pourtant, certains continuent d'espérer. Ces individus, dont l'optimisme pourrait s'avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voeint accorder cela même à quoi ils aspirent : sortir.
     Conjuguant un art consommé du récit et un infaillible sens du suspense, Hugh Howey offre à la science-fiction un roman addictif et percutant.

     D'abord autopublié aux tats-Unis, puis devenu un véritable phénomène d'édition, Silo, premier roman d'Hugh Howey, est le volet inaugural d'une trilogie publiée chez Actes Sud comprenant Silo Origines (2014) et Silo Générations (2014).
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ACTES SUD, Exofictions (2013)


     Suite à une catastrophe ayant rendu l’air invivable il y a des dizaines ou des centaines d’années, quelques milliers de personnes vivent en autarcie dans une immense construction souterraine, le silo. Cette société, sous des apparences démocratiques (le maire et le shérif sont élus), est en fait une dictature rigoureusement organisée. Les étages les plus profonds sont habités par le prolétariat local, chargé de produire l’énergie et maintenir la machinerie, puis, les classes moyennes, producteurs de nourriture, technicien divers et enfin les dirigeants, situés au plus proche de la surface. Le vocabulaire est strictement contrôlé et toute personne émettant l’idée de sortir est envoyé nettoyer la caméra de surveillance à l’extérieur, un voyage sans retour puisque la combinaison de protection est rapidement détruite par l’atmosphère terrestre. A la mort du shérif désirant rejoindre sa femme à la surface (persuadé que le monde est en fait dépollué), un nouveau shérif, issu des niveaux inférieurs est désigné, provoquant des conflits avec la caste des techniciens.


     Cela fait maintenant plus d’un an que courrait le bruit d’une collection SF chez Actes Sud. Certes, l’éditeur arlésien avait déjà publié beaucoup de livres mordant sur la science-fiction ou le fantastique (Albert Sanchez Pinol ou José Carlos Somoza pour citer les plus exemplaires), mais toujours dans ses collections de littérature générale. Autant dire que l’on attendait avec impatience cette collection dédiée et ses premiers titres.

     Silo, qui inaugure donc « exofictions » est une véritable surprise. Tout d’abord, c’est le premier livre de cet auteur inconnu. Autopublié en cinq épisodes sur internet, puis repris par un éditeur américain, ce récit exploite un sujet maintes fois exploré par les auteurs de SF : la population se réfugie sous terre après une catastrophe ayant détruit la surface (on se souviendra notamment du Monde Aveugle de Daniel Galouye en 1961).
     Deuxième surprise : le déroulement de ce roman est d’un classicisme total. Certainement contraint par la première publication en feuilleton, chaque partie raconte une histoire complète, à la limite de la nouvelle indépendante, avec des cliffhangers réguliers. Hormis la présence d’un ordinateur sur lequel est utilisé un navigateur, le récit ne comprend pas d’élément moderne. Il aurait pu être écrit et paraître tel quel au début des années 70. Mais Hugh Howey sait y faire. On comprend vite le succès rencontré par Silo dès son autopublication : les personnages sont attachants malgré leur coté monolithique, l’intrigue est bien menée, le style fluide et sans fioriture amène le lecteur à tourner les 550 pages sans s’en rendre compte et à avaler ce récit rapidement. Enfin, si le livre forme un tout, Hugh Howey garde suffisamment de matière et de mystères pour la suite : deux autres tomes sont déjà parus en anglais.

     Bref, Silo est un roman réussi mais sans grande originalité. Actes Sud a choisi logiquement de commencer cette nouvelle collection avec un livre grand public, mais on espérait peut-être une œuvre plus ambitieuse. Cela semble être le cas pour le futur : le programme de publication annonce une réédition du formidable Tous à Estrevin de RA Lafferty et des œuvres de diverses origines non anglo-saxonnes, ce qui correspond certainement plus à « l’esprit » Actes Sud.

René-Marc DOLHEN
Première parution : 6/10/2013
nooSFere


 

Edition ACTES SUD, Exofictions (2014)


            Ainsi, les prestigieuses éditions Actes Sud lancent « Exofictions », une collection de… science-fiction. Si si. Exercice périlleux, du coup, qui consiste à publier de la SF sans trop que ça se voie, afin d’ambitionner un succès populaire dans un genre réputé répulsif auprès du grand public français. Face au postulat de ce grand écart annoncé, les optimistes verront peut-être là l’occasion de redorer le blason d’un domaine bien malmené en librairie, et de convaincre quelques « critiques littéraires » parisiens de tenter l’aventure SF sans trop se boucher le nez… On peut toujours rêver.

            Or donc, pour résoudre cette quadrature du cercle, « Exofictions » a misé sur Hugh Howey, un phénomène outre-Atlantique, une de ces belles histoires qui courent le Net depuis quelque temps : auteur qui s’autoédite sur la Toile ; rencontre un immense succès populaire ; est repéré par un éditeur US qui fait dudit succès initial une réussite mondiale colossale. Bref, Actes Sud a mis le paquet pour obtenir Silo (ils n’étaient pas les seuls sur le coup, naturellement), puis pour le faire connaître (grosse campagne de pub, venue de l’auteur en France, services de presse abondants, etc.). Et force est de reconnaître que l’éditeur arlésien ne s’est pas trompé : il a trouvé le bon produit, une infusion de science-fiction peu corsée à même de ne pas trop agresser le palais délicat d’un lectorat peu habitué au domaine.

            Dans un futur indéterminé, après une catastrophe tout aussi indéterminée ayant rendu le monde extérieur impropre à la vie (ou prétendu tel), un petit bout d’humanité se calfeutre dans un immense silo souterrain de cent quarante-quatre étages. On découvre comment il s’organise, une partie de son histoire, les mensonges d’une hiérarchie qui manipule la population, le tout à travers les yeux de quelques personnages clés du Silo.

            Si Silo n’est pas un bon livre de SF, c’est indéniablement un bon produit, un page-turner typiquement américain aux cliffhangers parfaitement huilés, à la caractérisation des personnages poussée à l’extrême. Trop, sans doute, car il en devient parfois bavard dans l’introspection excessive de ses héros. Il pèche aussi par une construction non assumée jusqu’au bout. Rappelons qu’il s’agit là, initialement, d’un recueil de nouvelles. Or, si les trois premiers textes nous présentent le point de vue de trois personnages différents, Howey change son fusil d’épaules en cours de route à partir du quatrième récit en cassant son principe. Dommage, car il y avait là, dans cette construction en prisme, une réelle ambition – autre que celle de raconter une histoire rondement menée. Enfin, pour l’amateur de SF un tantinet capé, Silo ne sort jamais d’un schéma ouvertement grand public qui en fait avant tout un « livre de SF pour les nuls », manière de roman post-apo’ dystopique light assez agaçant.

            Bref, Silo est un succès public, et ça ne surprendra personne. On l’a dit, Actes Sud ne s’est pas trompé et a mis les petits plats dans les grands. Aussi le candide pourra toujours se dire qu’un tel ouvrage pourrait amener de nouveaux lecteurs à la SF. Mwouais… En attendant, plutôt que lire le tome 2 et 3 (eh oui, il s’agit d’une trilogie !), on relira La Vérité avant-dernière de Philip Dick et Les Cavernes d’acier d’Isaac Asimov, en attendant le prochain titre de la collection « Exofiction », Leviathan Wakes de James Corey, un gros space opera qui envoie du bois, et nettement moins « infusion de SF » que le présent Silo.

ORG
Première parution : 1/1/2014
Bifrost 73
Mise en ligne le : 21/4/2019




 
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