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Chronique du soupir

Mathieu GABORIT



Illustration de Didier GRAFFET

FRANCE LOISIRS (Paris, France), coll. Fantasy
Dépôt légal : août 2012
336 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 978-2-298-05730-0   
Genre : Fantasy


Autres éditions
Sous le titre Soupir   MNÉMOS, 2017
Sous le titre Chronique du soupir
   Le PRÉ AUX CLERCS, 2011

    Quatrième de couverture    
     Lilas, une naine flamboyante, a choisi de prendre sa retraite de chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l’endroit même où Frêne, son époux, s’est « ancré » pour l’éternité. Entourée de quelques amis et de son amant Errence, un elfe, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
     Alors qu’elle s’interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l’auberge. Il serre dans ses bras une jeune fille de seize ans, Brune, qui est à l’agonie.
     Après quelques heures d’hésitation, et bien que pressentant l’immense danger qui émane de façon indiscible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.

     Dans un monde dominé par les fées, nains, elfes et sirènes affrontent leur destin. Arriveront-ils à conquérir leur liberté ? C'est tout l'enjeu de leur quête.

     Mathieu Gaborit est né en 1972. Sa première trilogie, Les Chroniques des Crépusculaires, dont le premier tome Souffre-Jour a été publié en 1995 chez Mnemos, a connu un succès immédiat. Il a écrit une dizaine de romans dont Agone (1996), Confessions d'un automate mangeur d'opium (1999) coécrit avec Fabrice Colin, Les Chroniques des Féals (3 tomes de 2000 à 2002). Il se consacre également à la conception de jeux de rôle et de jeux vidéo.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition Le PRÉ AUX CLERCS, Fantasy (2012)


     Dans les bas-fonds, Cerne achète un enfant au souffle pur. Après l'avoir nourri, il l'emmène dans les égouts pour traquer une renégate. La présence de celle-ci affole les autres fées, qui tentent de fuir l'intérieur des poitrines. Cerne est surpris par l'attaque, alors que la renégate fait exploser dans son crâne : « Aide-moi », puis : « Je vous en supplie. »
     Lilas se réveille, dans la chambre de son auberge, le cœur serré. Elle a reçu un avertissement. Elle se réfugie vers son mari, ancré dans le jardin depuis dix ans, alors qu'Errence, son amant, tente de la rassurer.
     Arrive Saule, son fils. Il a enlevé Brune, la fille de la Haute-Fée, celle qui détient le pouvoir sur Médiane. Lilas, ex-capitaine des gardes de la Haute-Fée, va reprendre du service pour sauvegarder son univers et protéger son fils. Elle s'engage alors dans une course-poursuite qui l'amènera à remettre en cause ce qui a fondé sa vie, ses croyances...

     Mathieu Gaborit a la réputation d'un auteur exigeant dans les domaines de la fantasy et de la SF. Il donne vie à des univers très personnels où il n'est pas toujours facile d'entrer et de naviguer.
     Pour Chronique du Soupir, il imagine un monde partagé entre les Fées, les Nains, les Elfes et les Sirènes, races communément rencontrées dans les récits de fantasy. Mais, il donne à celui-ci une autre structure physiologique, privilégiant le souffle au sang. Les organes essentiels sont différents et le cœur, par exemple, est remplacé par une fée, prisonnière d'une cage. Elle est en liaison avec un réseau de Lignes-Vie entretenu par les fées depuis : « ...la Rupture, ce moment où les fées se sont substituées aux cœurs des hommes pour les sauver et réinventer l'architecture de la magie. »
     Il construit, avec ces éléments de fantastique, un monde cohérent où chaque race cohabite sous la férule implacable des fées. L'auteur glisse dans cet univers en équilibre, un grain de sable. Celui-ci entraine une succession de réactions en cascades, d'abord la défense de la famille, puis la prise de conscience d'une tyrannie et l'envie de s'en défaire. Le récit prend alors une dimension d'heroïc-fantasy avec combats, échauffourées, usage de la puissance féérique, batailles avec des armes traditionnelles et magiques...

     Mathieu Gaborit fait vivre son histoire avec une théorie de personnages conçus pour tenir le rôle qu'il leur a dévolu. On peut regretter que le caractère de ceux-ci reste assez superficiel.
     L'auteur veut concilier trois grands thèmes, mettant, sans doute, une large part de lui-même dans cette intrigue. Il crée un univers magique innovant, il tient à intégrer des sentiments, insistant sur l'amour entre les êtres, parfois de façon appuyée, et une révolution, une guerre, pour libérer un peuple de la dictature. Il a du mal, toutefois, à approfondir chaque sujet et à en faire une liaison harmonieuse.

     Chronique du soupir se lit, malgré ces réserves, avec plaisir car l'auteur a des idées qui valent le détour et qu'il sait les mettre en valeur.
 

Serge PERRAUD
Première parution : 15/1/2012
nooSFere


 

Edition Le PRÉ AUX CLERCS, Fantasy (2012)


     Cela faisait déjà un certain temps que l'on n'avait pas eu l'occasion de découvrir un roman signé Mathieu Gaborit.

     Et par la force des choses, les « retards » accumulés par ce Chronique du soupir, plusieurs fois repoussé, ont généré curiosité et attente. Le retour de Mathieu Gaborit s'avère-t-il convaincant ? Tout dépend ce que l'on cherche. L'auteur explore notamment des thèmes souvent peu exploités sous cet angle en fantasy, pour ne pas dire très rarement : la nature même de l'amour, la place des liens familiaux, le poids de l'attente, les contraintes du libre-arbitre... Il faut dire qu'il semblait évident à la lecture de la lettre ouverte de Mathieu Gaborit sur le site de son éditeur que ce roman allait toucher à l'intime. L'auteur l'affirme : il a mis beaucoup de lui et de son parcours dans cette histoire. La sincérité de sa démarche n'est donc pas à mettre en cause.

     Mais le fait est que le roman en tant que tel peine à convaincre. En superposant à ses personnages un canevas de fantasy épique classique mais travaillé (le concept des lignes-vies, le souffle, le « bestiaire », etc...), Gaborit parasite pour ainsi dire sa trame et tisse une histoire finalement un peu terne qui ne devrait pas forcément combler l'appétit des amateurs de high fantasy pure et dure malgré certaines scories du genre, comme s'il avait fallu en passer par là.

     Quant aux autres, peut-être plus aventureux, ou plus curieux, rien ne dit que le roman fera mouche pour autant. Car il faudra passer outre des considérations abordées par l'auteur le plus souvent avec une naïveté ou une candeur toute adolescente. D'où des réactions souvent étonnantes de la part de personnages au destin au mieux contrarié et soumis à d'amères épreuves. Des personnages, qui, à l'image des thèmes majeurs abordés, changent du tout-venant de la fantasy épique, à commencer par la figure de Lilas, la naine matriarche, ou bien encore son fils Saule.

     Mais difficile pourtant de s'attacher à eux, car, au-delà même du traitement des thèmes abordés à travers ces personnages, il reste trop souvent une barrière entre les protagonistes de cette histoire et le lecteur, simple spectateur assistant à une représentation encore hésitante. Un flou qui se retrouve finalement à l'échelle de ce roman à la gestation visiblement compliquée : on a parfois l'impression de lire encore un brouillon, comme s'il manquait un peu plus de recul. Sans doute à cause de cette sensation de déséquilibre entre accent mis sur les personnages et leurs relations, leur intimité, et cadre plus épique (que nécessaire ?). Une sensation qui se retrouve donc partout : dans l'intrigue finalement dépourvue de tension, dans ces personnages falots qui semblent animés d'une étincelle par trop artificielle à force d'atermoiements ou d'entêtement abscons, et même dans un système de magie plutôt confus, alors que beaucoup de choses tournent pourtant autour de ses principes fondateurs.

     Restent une atmosphère singulière et la plume même de Mathieu Gaborit, toujours capable d'ourler de jolies phrases et de toucher au cœur, mais aussi de tomber de temps à autre dans un maniérisme emprunté.

     Trop long à trouver son propre souffle, Chronique du Soupir a également bien du mal à tenir la distance. La pagination saute d'ailleurs aux yeux, qu'on le veuille ou non. Police de grande taille, succession de pages blanches entre deux chapitres... Et malgré tout ça, il est bien difficile d'arriver à 300 pages. On se demande dès lors si cette histoire n'aurait pas été plus consistante sur la forme d'une nouvelle, ramassée, raffinée. Car si de magnifiques romans, fulgurants, peuvent très bien ne pas atteindre les 200 pages et vous marquer au fer rouge, ce n'est pas le cas ici.

     Mathieu Gaborit explique ne plus être en phase avec l'heroic fantasy, ou du moins, une certaine idée de celle-ci. Il décrit son roman comme un testament (une évidence à la lecture des deux derniers chapitres, où l'on peut dresser un parallèle entre l'intrigue et la démarche de l'auteur) et explique avoir voulu renoncer à certains passages obligés du genre. Il est cependant regrettable qu'il n'ait pas poussé plus loin son expérimentation, cette envie de briser les codes, quitte à perdre des lecteurs, quitte à ce que ce testament se change en lettre de désamour.

     Sa nature atypique aurait sans doute pu alors nous convaincre pleinement. Mais peut-être fallait-il en passer par là pour découvrir un Gaborit nouveau ? En attendant la prochaine étape, la curiosité n'a pas disparu...

Emmanuel CHASTELLIÈRE
Première parution : 1/1/2012
dans Bifrost 65
Mise en ligne le : 1/3/2013




 
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