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Dragon déchu

Peter F. HAMILTON

Titre original : Fallen Dragon, 2001
Première parution : Londres : Macmillan UK, 2001
Traduction de Nenad SAVIC

BRAGELONNE (Paris, France), coll. Stars
Dépôt légal : avril 2015
Réédition
Roman, 672 pages, catégorie / prix : 16,90 €
ISBN : 978-2-35294-843-8
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Enfant, Lawrence Newton rêvait de devenir pilote de vaisseau. Malheureusement,au XXIVe siècle, l’âge du vol spatial touche à sa fin... et Lawrence se retrouve, vingt ans plus tard, sous les ordres des megacorps, les dernières à détenir des vaisseaux spatiaux.
     Désormais sergent, il est envoyé avec son bataillon sur un autre monde pour ce que ses employeurs appellent cyniquement un « retour sur
     investissement ». Comprenez, un acte de piraterie pur et simple... Lors d’une patrouille à la surface, Lawrence apprend l’existence du
     temple du dragon déchu, un lieu saint où une secte vénère des créatures mythiques. Une information qui a de quoi éveiller la curiosité du sergent, car on dit que ces prêtres gardent des richesses qui vont audelà de toute imagination... Mais estce vraiment une bonne idée pour Lawrence de monter en douce sa propre expédition... ?

     Né en 1960 en Angleterre, Peter F. Hamilton a débuté sa carrière d’écrivain en 1987. Il s’est très vite imposé comme l’un des piliers du renouveau de la SF britannique. Mais là où ses amis auteurs exploraient de nouveaux courants, Hamilton a préféré faire revivre l’émerveillement des grandes aventures spatiales chères aux grands auteurs de l’âge d’or : Asimov, Clarke et Heinlein. Dans ce domaine, ses cycles L’Aube de la nuit et L’Étoile de Pandore font référence. Il est le maître incontesté du space opera moderne !
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition BRAGELONNE, (2003)

     Hamilton : patronyme anglo-saxon qui prédestine tout écrivain qui le porte à écrire des récits de SF, notamment de space opera.

     Comme Edmond, son illustre homonyme, Peter F. raconte dans Dragon Déchu les méfaits de pirates spatiaux. À la différence près qu'ici, les pirates, ce sont les Terriens. Au XXIVe siècle, la conquête spatiale s'est heurtée à une dure réalité : elle coûte définitivement trop cher ! Aussi, seules les grandes compagnies capitalistes comme Ziantu-Braun (Z-B) peuvent encore se permettre ce luxe. Ayant participé financièrement à la terrafor-mation de mondes lointains, elles organisent ce qu'elles nomment pudiquement des « retours sur investissement ». C'est-à-dire qu'elles envoient une armada de militaires supérieurement armés pour piller méthodiquement les planètes ! La logique capitaliste poussée à son maximum de rapacité, aidée d'un système de représailles particulièrement vicieux. Les intérêts commerciaux priment sur tout.

     Lawrence Newton est sergent dans l'armée de Z-B. Enfant, il ne rêvait que d'une chose : piloter un vaisseau spatial pour explorer la galaxie. Malheureusement, sa vie ne s'est pas vraiment déroulée comme il le souhaitait. Son père s'est comporté en vrai salaud, brisant son adolescence et sa vie à jamais.

     Sur Thallspring, l'armée de Z-B se heurte à une résistance inattendue. Pas comme celle qu'elle a rencontré sur Santa Chico, où des humains génétiquement modifiés maîtrisant la morphogenèse l'ont contrainte pour la première fois à battre en retraite, mais une résistance sournoise, car indécelable. En effet, les activistes disposent d'un logiciel invulnérable, Apogée, qui trompe à son gré les puissants logiciels militaires. Sauf Simon Roderick et ses clones, incarnation humaine d'une LA. qui n'est autre que la personnalité dirigeante du conglomérat Ziantu-Braun. Apogée, dont curieusement le sergent Lawrence Newton dispose d'une copie... qui lui permet de mener ses propres projets, sans en référer à sa hiérarchie.

     L'habileté de Peter Hamilton est remarquable à plusieurs niveaux. Dans sa capacité à entretenir le suspense, tout d'abord. Les événements passés ne sont dévoilés qu'au fur et à mesure de la progression de l'action. Ainsi, les motivations des principaux personnages n'apparaissent que progressivement et des situations de prime abord obscures s'éclaircissent. Par ailleurs, les descriptions technologiques de l'écrivain anglais sont d'un réalisme troublant. L'homme est amélioré grâce aux progrès de l'ingénierie génétique. À cet égard, les combinaisons dermiques des soldats du futur, armures quasiment vivantes et qui se branchent sur le système circulatoire de leur porteur, sont véritablement hallucinantes ! Elles décuplent la force physique, protègent contre les balles, évitent l'empoisonnement, soignent les blessures, rendent invisibles, détectent les dangers, etc. Le soldat est pour ainsi dire enfermé dans une intelligence artificielle qui le rend presque invulnérable.

     De même, la description méticuleuse des vaisseaux interstellaires et des principes qui régissent les voyages spatiaux (portails et « trous de ver ») participe à cette « suspension de l'incrédulité » qui entraîne le lecteur dans les rouages d'un imaginaire florissant.

     Hamilton sait aussi dresser un décor qui a de l'épaisseur. La terraformation de la planète Amethi, sur laquelle Lawrence a grandi, est présentée en détail. Les combats militaires, sur Santa Chico notamment, décrivent non seulement la puissance d'armes fracassantes, mais aussi les réactions de peur ou de courage des combattants, leurs stratégies, leurs espoirs, leurs rêves. L'humain n'est jamais oublié, même au pire de la bataille.

     À noter — et c'est peut-être une faiblesse de l'ouvrage — que les soldats semblent devenir de plus en plus vulnérables au fil du récit. De même, lorsque Lawrence révèle son plan à son peloton, ces soldats à la discipline si rigoureusement respectée jusqu'alors se mettent curieusement hors-la-loi sans état d'âme.

     Sans révéler le mot de la fin, Peter F., comme Edmond autrefois, mais avec infiniment plus de conviction et de crédibilité, entraîne son lecteur dans un profond vertige cosmique. Lorsque l'on découvre la vraie nature du dragon déchu et que les anciennes légendes reprennent vie, Lawrence Newton, enfin, pourra être heureux.

Jean-François THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/9/2003
dans Galaxies 30
Mise en ligne le : 28/11/2008

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