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Micron noir

Michel DOUARD



La MANUFACTURE DE LIVRES
Dépôt légal : octobre 2015
Première édition
Roman
ISBN : 978-2-35887-108-2
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Nous sommes en 2048. Les états ont décidé de remplacer les guerres par des combats à l’allure de jeux du cirque : la Guerre Nouvelle. Ces luttes entre nations, aux enjeux parfois dérisoires sont formatés et se déroulent comme des rencontres sportives. Hypermédiatisés, ils ont donné naissance à une caste de soldats, nouveaux héros richissimes qui mettent leur vie en jeu à chaque nouveau combat. Afin de dépasser leur peur, de développer leur agressivité et de décupler leurs forces, ces soldats consomment une drogue de synthèse surpuissante : le micron noir.
     Le héros est un soldat de la Fédération (l’ancienne Europe) : il vit chez son père, Louis, vétéran de la troisième guerre mondiale de 2031-2032 qui lui reproche son choix de vie, qui lui a fait perdre sa femme, Jeanne, morte peu de temps après l’avoir quitté. Il n’a qu’un ami, Gros Luc, qu’il connaît depuis son enfance, le plus populaire des soldats de la Guerre Nouvelle. Gros Luc est un colosse à cervelle de moineau, accro aux drogues et qui n’a pas son pareil pour se mettre dans les situations les plus fâcheuses, d’où son ami l’aide régulièrement à se sortir.
     Gros Luc se trouve justement impliqué dans un trafic de microns entre la Famille, un des gangs les plus féroces d’Europe du Nord, et des soldats de son bataillon. En prime, il vient de tuer un soldat russe qui lui a manqué de respect et dont il faut faire disparaître le corps. Jello, patron d’un des établissements de nuit les plus célèbres, a joué les intermédiaires entre Gros Luc et la Famille, pressée de vendre la drogue avant de quitter définitivement le continent devenu trop encadré par la police. Jello est successivement « interrogé » par le chef de la Famille, le beau et cruel Erik Kessel, qui n’a pas reçu le paiement des microns et par Nathan Elmar, un officier intégriste chrétien, commanditaire de la drogue, qui n’a pas reçu sa marchandise. Jello, sous la menace, « charge » Gros Luc, qui ne se serait pas acquitté de la transaction. Les deux « soldats » vont se retrouver traqués par les deux parties.
Critiques

     2048 : la guerre est devenue un spectacle, un vrai, télévisé et mis en scène. Avec ses prétextes (un différend quelconque entre deux états) et ses vedettes. Dont Gros Luc, ami du narrateur. Un paquet de muscles sans trop de cervelle, dirigé par le micron noir, la drogue qu’il avale à longueur de temps. Sur le terrain de combat, une vraie bête. Dans la vie, un boulet phénoménal au pied de son ami. Malgré la gloire et l’argent, il saute d’une combine foireuse à une autre. La dernière en date : servir d’intermédiaire dans un trafic de micron noir. Le doigt dans un engrenage explosif. La Famille et une sorte de secte militaire sont à ses trousses. C’est parti pour une course-poursuite à multiples inconnues. Seule certitude : Gros Luc doit mourir.

     Question classification, Micron noir n’est définitivement pas de la SF. Le choix de l’année et les premières pages ne sont qu’un prétexte. L’étude d’un monde dirigé par la télévision et ses spectacles sans morale n’intéresse par Michel Douard. Il nous brosse en quelques phrases le portrait d’une société déliquescente, simple toile de fond pour la descente aux enfers de ses héros. Et le roman plonge rapidement ses pas dans celui des polars à la papa, mais sous amphétamine. Un croisement entre les intrigues à la Audiard (pas dans sa meilleure période) et certains films américains de série B. On y retrouve, et c’est ce qui fait le sel du bouquin, une galerie de personnages hauts en couleur. À commencer par le copain porte-poisse, emmerdeur version allégée de Jacques Brel dans le film de Molinaro ; ou le méchant aux réactions imprévisibles déjà croisé cent fois, avec ses mimiques et ses exagérations (il va lui exploser la cervelle ou juste faire « bang » et éclater de rire ?) ; mais aussi l’ami du père qui vit dans une cabane immonde loin de toute civilisation et sans même une télévision digne de ce nom. Et la liste ne s’arrête pas là.

     Des stéréotypes, donc, à tire-larigot, dans une histoire peu originale. Micron noir n’est pas une lecture ennuyeuse, loin de là. Arriver au bout n’a rien d’un pensum, mais il n’y a décidément pas de quoi casser trois pattes à un canard (même sauvage).

Raphaël GAUDIN
Première parution : 1/4/2016 dans Bifrost 82
Mise en ligne le : 14/8/2022

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